L'Union européenne offre au contraire une "souveraineté partagée", qui est "préférable à aucune autre", et une souveraineté "complémentaire à celle exercée par des Etats-nations individuels dans d'autres domaines", a plaidé Mario Draghi, qui s'exprimait en Italie, à Bologne, où l'Université de la ville venait de lui remettre un titre honorifique.

"C'est une souveraineté que les Européens apprécient", a-t-il insisté, à quelques semaines d'élections pour renouveler le Parlement européen.

Selon le banquier central, peu d'économies européennes sont suffisamment importantes pour "résister aux retombées d'autres grandes économies", comme les Etats-Unis ou la Chine, ou pour "puiser assez d'énergie dans les négociations commerciales" internationales. Or, coopérer au niveau de l'UE "augmente leur potentiel à le faire".

Ce message intervient alors que l'UE doit négocier un délicat traité avec les Etats-Unis pour éviter une escalade de barrières commerciales entre ces deux géants économiques. Et à l'adresse des pays qui seraient tentés de sortir de l'euro, M. Draghi prévient qu'ils seraient "davantage exposés aux retombées de la politique monétaire en provenance de l'étranger, notamment de la BCE elle-même, ce qui pourrait limiter leur autonomie en matière de politique intérieure".