Quoique encore timides sur le marché grec, les Belges ciblent en priorité la Crète. " Elle séduit un acquéreur sur deux pour son climat chaud et ensoleillé toute l'année, son infrastructure et les nombreux vols directs qui la desservent ", pointe Victor Camhis. Les Cyclades (Mykonos, Santorin, Paros, Kea...) arrivent aussi en pole position, de même que les îles de Corfou, Kos, Leucade, Rhodes, etc. " Les Belges achètent aussi dans le Péloponnèse, dont ils apprécient la facilité d'accès, les montagnes et... les petits prix ", ajoute-t-il.

Profitables locations

La maison est le maître-achat, traditionnelle ou contemporaine, perchée à flanc de montagne ou arrimée en bord de mer. " Les prix démarrent à 150 000 euros pour une maisonnette de deux à trois chambres, sans piscine mais proche d'un village ", décrit le patron de My Greek Villa. " Plus haut de gamme, avec quatre à cinq chambres, piscine et vue sur mer, on flirte avec le million d'euros. "

Un sacré budget, qui se justifie par le potentiel locatif de ces belles villas. " En 2018, la Grèce a attiré 30 millions de touristes ", acquiesce Victor Camhis, qui avance des tarifs élevés en haute saison, notamment dans les îles les plus touristiques : Mykonos, Santorin et Paros. " A Mykonos, on achète à 6 500 euros/m2 et on loue à plus de 11 500 euros la semaine. Santorin tourne autour de 6 000 euros/m2 et 8 000 euros la semaine, Paros plafonne à 4 000 euros/m2 et 5 250 euros la semaine . "

La demande est telle que l'opportunité est encouragée par la loi grecque, qui autorise les particuliers à louer leur bien entre 60 et 90 jours par an selon les îles et leur densité de population. " Tout est très structuré : numéro de registre, encodage des détails en ligne et taxation à la fin de l'année ", souligne le courtier, qui avance un taux progressif de 15 % à 45 % sur les revenus générés.

L'ABC de l'achat

Mieux vaut s'entourer lorsqu'on achète un bien en Grèce. D'un notaire et d'un avocat (dont les services sont requis dès que le prix de vente dépasse 12 000 euros en milieu rural et 30 000 euros en milieu urbain), mais aussi d'un géomètre-expert ou d'un ingénieur en construction (la délimitation officielle de la propriété est parfois aléatoire, de même que la solidité des fondations...) et d'un comptable (pour remplir les obligations fiscales).

Un numéro d'identification fiscal (AFM) est un passage obligé pour mener une opération immobilière. La signature d'un compromis de vente n'est pas obligatoire mais, si compromis il y a, il est liant et exempt de délai de rétractation. Le versement d'une première partie de somme est, lui, de rigueur, tandis que l'acte authentique, préparé de concert par le notaire et l'avocat, officialise la vente.

Quid de la fiscalité ? Elle est inégale. Un droit de mutation de 3,09 % grève l'immobilier existant et un taux de TVA de... 24 % est prélevé sur le neuf ! A cela s'ajoutent les honoraires du notaire, les frais d'authentification (1,4 %) et les droits d'enregistrement du transfert de propriété (0,7 %). Agent immobilier, avocat, géomètre et comptable réclameront aussi leur dû. De quoi atteindre, tous droits et frais confondus, un impôt de 9 à 12 % pour l'existant.