La photo fera date : couchés sur le sol, plusieurs membres d'équipage de la compagnie à bas prix Ryanair, bloqués à l'aéroport de Malaga par la tempête qui sévit alors en Espagne, prennent un peu de repos. Depuis lors, tous les six ont été licenciés, accusés par la direction d'avoir organisé cette mise en scène et diffusé une " fausse photo " qui aura nuit à la réputation de l'avionneur irlandais. Peut-être. Avec ou sans ce cliché, son image aura de toute manière été solidement écorchée en 2018.
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La photo fera date : couchés sur le sol, plusieurs membres d'équipage de la compagnie à bas prix Ryanair, bloqués à l'aéroport de Malaga par la tempête qui sévit alors en Espagne, prennent un peu de repos. Depuis lors, tous les six ont été licenciés, accusés par la direction d'avoir organisé cette mise en scène et diffusé une " fausse photo " qui aura nuit à la réputation de l'avionneur irlandais. Peut-être. Avec ou sans ce cliché, son image aura de toute manière été solidement écorchée en 2018. Pour la première fois de son histoire vieille de 34 ans, la compagnie a été secouée par des grèves à répétition, orchestrées d'abord localement puis, depuis cet été, dans plusieurs pays d'Europe en même temps, pilotes et personnel de cabine mêlés. Résultat : plus d'un millier de vols annulés et des dizaines de milliers de clients touchés, souvent avertis en dernière minute, donc bloqués dans des aéroports pendant des heures. Et courroucés. L'enjeu de ces grèves : l'amélioration des conditions de travail du personnel, c'est-à-dire essentiellement des augmentations de salaire et des contrats de travail conformes au droit social de leur pays de résidence, et non plus au droit irlandais, bien moins favorable. Acculée, la direction de Ryanair a fini par concéder l'abandon du contrat de référence au droit irlandais, des augmentations de salaire et, pays après pays, la reconnaissance des syndicats. Elle sait que ses pilotes peuvent désormais trouver facilement du travail ailleurs, à de meilleures conditions, dès lors que le secteur du transport aérien est en forte croissance. Le manque de pilotes disponibles avait déjà semé la pagaille dans ses rangs à la fin de 2017, la contraignant, là encore, à annuler nombre de vols. Michael O'Leary, le patron de la compagnie, n'en continue pas moins à soutenir son modèle économique de coûts comprimés : ses dépenses de personnel ne représentent pas plus de 10 % de son chiffre d'affaires, soit bien moins que chez ses concurrents. Sa dernière idée en date : faire payer les bagages en cabine. L'an dernier, son bénéfice s'était élevé à 1,45 milliard d'euros. Il a pourtant de la marge... Brussels Airlines n'a pas non plus connu que des bons jours, cette année. Les choses avaient commencé fort avec le débarquement de son patron, Bernard Gustin, décidé en février par la propriétaire de la compagnie, la Lufthansa. C'est d'ailleurs une Allemande, Christina Foerster, qui a, depuis lors, pris le relais. Trois mois plus tard, la compagnie belge était touchée durant deux jours par un mouvement de grève, la contraignant à annuler plus de 550 vols. Dont coût : près de dix millions d'euros. Direction et syndicats se sont ensuite entendus pour améliorer les conditions de travail du personnel, principalement en diminuant la pression qui pesait sur ses épaules. Des jours de congé supplémentaires seront accordés, les rythmes de missions de vol seront revus à la baisse et une douzaine de pilotes supplémentaires seront engagés, entre autres décisions. Brussels Airlines compte actuellement quelque 4 000 salariés. La compagnie, née en 2002 sur les cendres de la Sabena mais intégralement rachetée par Lufthansa en 2017, se fait également du souci, comme toutes les autres compagnies, pour la hausse du prix du kérosène. Celui-ci a augmenté de près de 40 % en un an, affectant ses coûts de fonctionnement. L'an dernier, l'achat du carburant représentait 25 % de ces coûts, pour 27 % désormais. Cela n'empêche pas l'augmentation du nombre de passagers transportés par la compagnie basée à Bruxelles. En juillet, celle-ci a pour la première fois transporté plus d'un million de passagers.