En voulant couper court au débat, Edouard Philippe a peut-être relancé une mobilisation qui perdait de son souffle. Trois jours après que le Premier ministre ait annoncé recourir à l'article 49.3 de la constitution pour faire passer sa loi sur la réforme des retraites, l'intersyndicale composée des principaux syndicats des travailleurs français a appelé à "organiser des manifestations devant les préfectures et sous-préfectures le mardi 3 mars, y compris par le recours à la grève". Et les opposants ont répondu présent.

Tout au long de la journée, ils ont été plusieurs milliers devant les édifices préfectoraux des principales villes de France, brandissant pancartes et scandant slogans vindicatifs comme le désormais célèbre "Macron, contre tes points on sort nos poings". Si la grande majorité des rassemblements se sont déroulés dans le calme, de léger heurts entraînant le tir de grenades lacrymogènes ont eu lieu à Paris après que des manifestants aient tenté de forcer un barrage de police. A Lille, le rassemblement de plusieurs centaines de personnes s'est transformé en manifestation sauvage dans l'après-midi à l'appel de la CGT locale.

"Mettre fin aux manoeuvres d'obstruction"

En utilisant le 49.3 au prétexte de "contrer la volonté manifeste de l'opposition de bloquer l'examen de la loi" - 41 888 amendements au projet ont en effet été déposés, la plupart par des députés de la France Insoumise et du PCF - Edouard Philippe a prix le risque d'une nouvelle crispation sociale qui isolerait encore un peu plus son gouvernement. Les opposants au texte ne se sont d'ailleurs pas privés de dénoncer "son cynisme", soulignant que le 49.3, censé éviter l'examen de milliers d'amendements inutiles, a été utilisé précisément au moment où allait être débattu le système de retraites par point, qui constitue le coeur du projet de loi.

Lire aussi:En France, branle-bas de combat contre le 49.3

Deux motions de défiances débattues à l'Assemblée

Face à Edouard Philippe, l'opposition législative organise sa riposte. A l'issue de la séance de questions au gouvernement mardi après-midi, le Premier ministre fera face à deux motions de censure déposées : l'une par la droite, l'autre par la gauche. Vouées à l'échec, elles seront surtout pour les députés l'occasion de "faire de belles diatribes à la tribune", comme l'écrit François Ruffin ( France Insoumise) "le Premier ministre donnera la réplique et la majorité applaudira en cadence, puis se lèvera pour une standing ovation avant de voter le rejet des motions."

Philémon Stinès

En voulant couper court au débat, Edouard Philippe a peut-être relancé une mobilisation qui perdait de son souffle. Trois jours après que le Premier ministre ait annoncé recourir à l'article 49.3 de la constitution pour faire passer sa loi sur la réforme des retraites, l'intersyndicale composée des principaux syndicats des travailleurs français a appelé à "organiser des manifestations devant les préfectures et sous-préfectures le mardi 3 mars, y compris par le recours à la grève". Et les opposants ont répondu présent. Tout au long de la journée, ils ont été plusieurs milliers devant les édifices préfectoraux des principales villes de France, brandissant pancartes et scandant slogans vindicatifs comme le désormais célèbre "Macron, contre tes points on sort nos poings". Si la grande majorité des rassemblements se sont déroulés dans le calme, de léger heurts entraînant le tir de grenades lacrymogènes ont eu lieu à Paris après que des manifestants aient tenté de forcer un barrage de police. A Lille, le rassemblement de plusieurs centaines de personnes s'est transformé en manifestation sauvage dans l'après-midi à l'appel de la CGT locale. En utilisant le 49.3 au prétexte de "contrer la volonté manifeste de l'opposition de bloquer l'examen de la loi" - 41 888 amendements au projet ont en effet été déposés, la plupart par des députés de la France Insoumise et du PCF - Edouard Philippe a prix le risque d'une nouvelle crispation sociale qui isolerait encore un peu plus son gouvernement. Les opposants au texte ne se sont d'ailleurs pas privés de dénoncer "son cynisme", soulignant que le 49.3, censé éviter l'examen de milliers d'amendements inutiles, a été utilisé précisément au moment où allait être débattu le système de retraites par point, qui constitue le coeur du projet de loi.Lire aussi:En France, branle-bas de combat contre le 49.3 Face à Edouard Philippe, l'opposition législative organise sa riposte. A l'issue de la séance de questions au gouvernement mardi après-midi, le Premier ministre fera face à deux motions de censure déposées : l'une par la droite, l'autre par la gauche. Vouées à l'échec, elles seront surtout pour les députés l'occasion de "faire de belles diatribes à la tribune", comme l'écrit François Ruffin ( France Insoumise) "le Premier ministre donnera la réplique et la majorité applaudira en cadence, puis se lèvera pour une standing ovation avant de voter le rejet des motions."Philémon Stinès