Evoquée à intervalles réguliers, l'hypothèse de la candidature d'une personnalité hors système pour la présidentielle française de 2022 ne fait pas de doute pour la journaliste politique Laetitia Krupa qui publie La Tentation du clown (1).
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Evoquée à intervalles réguliers, l'hypothèse de la candidature d'une personnalité hors système pour la présidentielle française de 2022 ne fait pas de doute pour la journaliste politique Laetitia Krupa qui publie La Tentation du clown (1). Cette conviction est fondée sur le diagnostic du spécialiste de l'opinion publique Bruno Cautrès qui avance deux raisons: "l'ampleur du sentiment de négativité vis-à-vis de la politique" et les enquêtes qui, depuis dix ans, montrent que "des thématiques émergent comme celle d'un homme fort qui n'a pas à se préoccuper du Parlement et des élections et qui pourrait être une bonne solution pour la France". En revanche, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, infirme cette prédiction parce que, selon lui, "la crise sanitaire marque le retour du politique dans la vie des gens" et donc "éloigne le risque du clown". S'appuyant sur les précédents des expériences de Coluche en France, de Beppe Grillo en Italie ou de Volodymyr Zelensky, le président de l'Ukraine, Laetitia Krupa analyse tous les scénarios évoqués ces derniers mois pour, in fine, privilégier plutôt celui d'une candidature d'Eric Zemmour ou du général Pierre de Villiers, moins clowns et plus "hommes forts". Ce récit gagne encore en intérêt quand il aborde la manière avec laquelle Emmanuel Macron et ses conseillers, sur le modèle de François Mitterrand avec Coluche, ont "épousé pour étouffer" les velléités de prétendants putatifs (l'humoriste Jean-Marie Bigard, l'infectiologue Didier Raoult...). Jusqu'à parfois susciter eux-mêmes les rumeurs d'ambition présidentielle. Ils s'en sont gardés avec les figures des gilets jaunes. C'eût été trop dangereux.