Ils en ont assez des blocages des "gilets jaunes" et de leurs manifestations qui se transforment chaque samedi en violence. Sous la pluie, ils se sont rassemblés dimanche après-midi à la Place de la Nation, "c'est la faute de Macron, cette pluie ", plaisante un homme, essayant de rester au sec sous son drapeau européen.
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Ils en ont assez des blocages des "gilets jaunes" et de leurs manifestations qui se transforment chaque samedi en violence. Sous la pluie, ils se sont rassemblés dimanche après-midi à la Place de la Nation, "c'est la faute de Macron, cette pluie ", plaisante un homme, essayant de rester au sec sous son drapeau européen."Je pensais que le calme reviendrait lorsque Macron a fait une série d'annonces le 10 décembre pour répondre aux exigences des "gilets jaunes". Mais apparemment, c'était naïf de ma part ", a déclaré Laurent Soulié au quotidien français Le Monde la semaine dernière. L'ingénieur toulousain, initiateur de la manifestation de ce dimanche, a été surpris par la violence avec laquelle les " gilets jaunes " ont continué à manifester à travers le pays. "Au cours d'interviews, je les ai entendus proclamer que le président n'avait rien fait et qu'il ne les avait pas écoutés. Mettre 10 milliards d'euros sur la table ce n'est quand même pas rien !" Laurent Soulié a alors lancé la page Facebook "Stop, maintenant ça suffit".Rapidement, il entre en contact avec un autre groupe Facebook intitulé " Foulards rouges : riposte face aux gilets jaunes". Depuis fin novembre, les "foulards rouges", tentent de contrebalancer les "gilets jaunes". Ils demandent que l'ordre public soit rétabli et que la liberté de chacun soit garantie. Ils s'unissent à condition que la manifestation ne devienne pas une "marche pour Macron" - Laurent Soulié est un macroniste convaincu - mais bien une "marche pour la République."Je ne comprends pas. Nous recevons tellement d'aide en France. Si vous êtes malade, vous êtes soigné, la plupart du temps gratuitement. Il y a la prime au travail, une prime de vacances pour ceux qui n'y ont pas droit, des chèques énergie, etc. ", explique Audrey (39 ans), foulard rouge noué autour du cou et au bras. Ce matin, elle a pris le train très tôt de Pau, dans le sud du pays, pour participer à cette marche. "Je ne comprends pas non plus que les 'gilets jaunes' puissent venir à Paris chaque semaine pour manifester. Pour moi, un billet de train comme celui-ci, cela représente déjà un gros montant."En tant qu'indépendante, Audrey estime que les impôts en France ne sont pas un mauvais point, "mais je ne veux pas encore payer plus d'impôts parce que certaines personnes essaient de tout casser et occasionnent d'énormes dégâts à l'économie française. Les dommages causés aux seuls radars s'élèvent à un demi-milliard d'euros". Amar (52) opine de la tête: "Tu sais, au début, j'étais derrière les "gilets jaunes". Mais j'ai vite commencé à douter des motivations et des exigences qu'ils avaient. Vous ne pouvez pas vous attendre à recevoir plus d'argent comme ça, n'est-ce pas ? Certainement pas en utilisant la violence. Pour moi, il n'y a qu'une seule réponse : "travail, travail, travail, travail".Yannick, un fonctionnaire retraité de 65 ans, est venu avant tout pour faire entendre sa voix contre les extrêmes. "Ils frappent forts aux portes de l'extrémisme. Les partis politiques qui utilisent les "gilets jaunes" à leur propre avantage sont, bien sûr, très heureux du chaos qui règne sur les ronds-points et lors des manifestations. Ils veulent exploiter ce désordre pour créer l'ordre. Leur propre ordre, bien sûr. Que les mairies et les ministères soient attaqués et qu'il y ait une menace d'invasion de l'Élysée n'est pas un problème pour les Le Pen et les Mélenchon d'aujourd'hui." Le Breton craint que le populisme ne continue à se développer tant que les "gilets jaunes" continueront à manifester.La différence avec les manifestations des "gilets jaunes" est flagrante en présence des CRS, la police anti-émeute française. Alors qu'hier, ils étaient sifflés et attaqués par les "gilets jaunes", aujourd'hui, ils reçoivent des applaudissements retentissants de la part des "foulards rouges". Ici et là, la Marseillaise retentit et les drapeaux français et européens flottent dans le vent froid. "Notre pays est magnifique. C'est pourquoi je suis ici aujourd'hui ", dit Lenny (22 ans). Le jeune étudiant en marketing est venu de sa banlieue parisienne avec son skateboard, par patriotisme. "Les seuls pays où les questions sociales sont si bien réglementées sont les pays scandinaves. Avec la grande différence que ces pays ont de l'argent et que nous en avons beaucoup moins." Le jeune homme ajoute : "Que nous soyons un peu moins nombreux que les 'gilets jaunes' n'a même pas d'importance. Nous faisons aussi entendre notre voix. C'est cela, la démocratie. Et nous ne devrions pas avoir peur d'être ici aujourd'hui. La France est le pays des libertés, c'est ce que je veux défendre ici. Moi, mon opinion et la leur."Selon de nombreuses personnes présentes, la crainte qu'évoque Lenny a freiné le taux de participation. Sur les groupes Facebook, où les "gilets jaunes" et les "foulards rouges" sont très actifs, de nombreuses menaces ont en effet été proférées ces derniers jours. Plusieurs initiateurs du mouvement ont même reçu des menaces de mort. Pourtant, le taux de participation n'est pas si mauvais selon Lenny, pour qui il est plus important de faire passer un message que d'être capable de rassembler un grand nombre de participants. Le message est également important pour Yannick : " Nous représentons également le Peuple. Ni les 'gilets jaunes' ni les partis extrémistes n'en ont le monopole. Le Peuple a choisi Macron en 2017. Même s'il n'avait pas la majorité des Français derrière lui, il a été élu démocratiquement. Exiger qu'un président français démissionne en 2019 parce que vous n'êtes pas d'accord avec lui est hallucinant. Il peut essayer pendant cinq ans et on aura notre mot à dire. Reste à voir si le taux de participation aux prochaines élections sera plus élevé. "La Marche Républicaine se termine Place de la Bastille. Une centaine de "gilets jaunes" attendent les manifestants. La place est coupée en deux par des travaux difficiles à traverser. D'un côté, il y a les " foulards rouges ", de l'autre, un certain nombre de " gilets jaunes ". On entend seulement quelques "collaborateurs !, fascistes !" fuser dans les airs, sans plus. (Traduction : Ca.L)