Achats, négociations sur les livraisons, exportation... la stratégie de l'Union européenne concernant les vaccins est-elle tenable ? Pour Jean-Claude Juncker, prédécesseur d'Ursula von der Leyen, le déroulement des choses n'est pas à l'avantage de l'UE.
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Achats, négociations sur les livraisons, exportation... la stratégie de l'Union européenne concernant les vaccins est-elle tenable ? Pour Jean-Claude Juncker, prédécesseur d'Ursula von der Leyen, le déroulement des choses n'est pas à l'avantage de l'UE. L'ancien président de la Commission européenne compare, défavorablement, l'approche de l'UE en matière de vaccination avec celle de la Grande-Bretagne, où le déploiement a été plus rapide. Il a également déclaré qu'il n'était "pas un fan" du mécanisme d'autorisation d'exportation, en vertu duquel les Etats ont été habilités à interdire les expéditions. "Cela pourrait nuire considérablement à la réputation de l'Union européenne, qui était le champion du libre-échange dans le monde", confie-t-il au programme "HARDtalk" de la BBC. "Je ne pense donc pas que ce soit la bonne façon de procéder.""Je pense que nous devons prendre du recul par rapport à une guerre des vaccins. Je pense qu'il y a de la place pour le dialogue, pour les discussions, pour développer des arguments des deux côtés de la Manche. Personne en Grande-Bretagne, personne en Europe ne comprend pourquoi nous assistons à une stupide guerre des vaccins... Nous ne sommes pas en guerre, et nous ne sommes pas des ennemis. Nous sommes des alliés." Il préfèrerait que la Commission privilégie le dialogue plutôt que les menaces.Il estime en outre que la Commission et les États membres avaient commis une erreur majeure dans leur approche du déploiement des vaccins. "Je souhaiterais que les États membres et la Commission accélèrent les efforts pour fournir des vaccins à chacun dans l'Union européenne", a-t-il déclaré. "La Grande-Bretagne est en avance pour des raisons différentes, parce qu'elle a pris la décision d'adopter une approche d'urgence, alors que l'Union européenne, la Commission et les États membres, étaient plus soucieux du budget... Nous avons été trop prudents."Le président français, Emmanuel Macron, avait également reconnu que l'UE avait été trop timide dans l'achat et la distribution des vaccins. "Tout le monde, tous les experts ont dit : Jamais dans l'histoire de l'humanité un vaccin n'a été développé en moins d'un an. Nous n'avons pas visé les étoiles. Cela devrait être une leçon pour nous tous. Nous avons eu tort de manquer d'ambition, de manquer de la folie, je dirais, de dire : C'est possible, faisons-le.".À la question de savoir si Ursula Von der Leyen devait démissionner, Il a répondu qu'il ne pensait pas que cela soit approprié. "Ce ne sont pas des échecs de la Commission. Ce sont des échecs des États membres dans leur ensemble et je ne pense donc pas que se débarrasser de Mme Von der Leyen serait utile", a-t-il déclaré. "Au contraire, cela prolongerait les retards dont nous sommes responsables."Il est trop facile de faire porter toute la responsabilité sur les épaules de la Commission et de Mme Von der Leyen. Tous les États membres sont responsables, compte tenu de l'approche bureaucratique adoptée par certains d'entre eux."