Conviée par le président du Parlement européen, l'Italien David Sassoli, à s'expliquer devant les chefs des groupes politiques de cette institution, Mme von der Leyen est sortie la première de cette rencontre à huis clos, se contentant d'indiquer qu'elle avait été "très constructive".

"On a discuté de la dénomination de certains portefeuilles. Elle a promis d'y réfléchir et de faire des ajustements", a dit le président du groupe Renew Europe (libéraux), le Roumain Dacian Ciolos. Les explications de la conservatrice allemande ne l'ont "pas convaincu", a-t-il dit à la presse.

"Elle n'a pas proposé de changements, mais elle a dit qu'elle était ouverte à la discussion", a indiqué pour sa part la cheffe du groupe des Verts, Ska Keller.

Ces deux groupes avaient réclamé, avec les sociaux-démocrates, l'abandon de ce titre, accusé par certains d'emprunter "la rhétorique de l'extrême droite".

"J'ai le sentiment qu'elle ne souhaite pas du tout prendre à bras le corps la question migratoire", a au contraire estimé l'élu RN, Nicolas Bay, co-président du groupe "Identité et Démocratie".

Cette question de l'intitulé du poste est particulièrement sensible, dans la perspective des auditions (prévues du 30 septembre au 8 octobre) des nouveaux commissaires de l'équipe von der Leyen par le Parlement, qui doit adouber par un vote la nouvelle Commission.

Selon le chef de file des eurodéputés PPE (même formation que Mme von der Leyen), Manfred Weber, sa compatriote s'est dit "prête" à examiner la question "après les auditions des commissaires".

Or, pour la cheffe de file des sociaux-démocrates, Iraxte Garcia, il est "important d'avoir des clarifications" de sa part "avant les auditions".

Ursula von der Leyen doit succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission le 1er novembre.

Le Grec Margaritis Schinas (PPE, droite) a été nommé vice-président chargé de "protéger notre mode de vie européen", portefeuille comprenant notamment le dossier des migrations, dans la nouvelle équipe annoncée le 10 septembre par Ursula von der Leyen.