Un premier incident a éclaté en tout début de matinée, alors que quelques centaines de manifestants commençaient à converger vers l'arc de Triomphe, sommet de l'une des avenues les plus touristiques au monde. Des policiers ont dispersé la foule à l'aide de gaz lacrymogènes car des manifestants ont tenté de forcer un point de contrôle, a-t-on expliqué de source policière.

Si le gouvernement a accepté la piétonisation des Champs-Élysées, commerçants et forces de l'ordre ont pris leurs précautions, échaudés par les échauffourées ayant marqué la précédente manifestation du 24 novembre.

Des panneaux de bois ont été apposés sur certaines vitrines et l'accès des piétons était soumis à un quadrillage serré, avec contrôles d'identité et fouilles des sacs. Deux personnes ont été interpellées pour port d'arme prohibé, selon une source policière.

"Notre responsabilité est de faire en sorte que tout se passe au mieux", a affirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castane venu sur place pour "saluer" les forces de l'ordre.

Quelque 5.000 hommes ont été mobilisés dans la capitale, où sont par ailleurs prévus une manifestation à l'appel du syndicat CGT et un rassemblement contre la hausse des frais pour les étudiants étrangers.

M. Castaner a souhaité que la colère du mouvement "s'organise". "Dans une contestation à un moment il faut accepter le dialogue", a-t-il ajouté, alors que le gouvernement peine à apporter une réponse aux revendications protéiformes de ce mouvement né des réseaux sociaux, hors de tout cadre politique ou syndical.

Vendredi, une réunion de concertation avec le Premier ministre Édouard Philippe a tourné au fiasco: seuls deux "gilets jaunes" y ont participé et l'un d'eux a rapidement quitté les lieux faute d'avoir obtenu que la rencontre soit diffusée en direct.

Quant aux annonces faites cette semaine par Emmanuel Macron - un dispositif pour limiter l'impact des taxes sur le carburant ainsi qu'une "grande concertation" - elles ont plus irrité que convaincu.

"Du vent", du "blabla", ont réagi plusieurs contestataires, dont certains restent campés sur les routes ou les ronds-points. "Il nous faut du concret, pas de l'enfumage", a résumé Yoann Allard, un ouvrier agricole de 30 ans.

- La colère ne faiblit pas -

Galvanisé par le soutien des deux tiers des Français et le succès d'une pétition "pour une baisse des prix du carburant à la pompe", qui a dépassé le million de signatures, le mouvement poursuit son chemin, quinze jours après son lancement.

Les autorités guettent avec attention l'ampleur de cette nouvelle mobilisation. La première journée nationale, le 17 novembre, avait réuni 282.000 personnes, et la deuxième 106.000, dont 8.000 à Paris.

Signe d'une colère qui ne faiblit pas, des rassemblements de ces citoyens pour qui les fins de mois sont souvent difficiles sont aussi annoncés dans plusieurs autres villes du pays, comme par exemple sur l'emblématique Vieux port de Marseille, et dans les territoires français d'outre-mer.

Sur l'île de la Réunion, la ministre des Outre-mer (12 territoires éloignés de la France métropolitaine, ndlr) a dû être exfiltrée par son service d'ordre lors d'une rencontre devenue trop houleuse.

Au sein de la majorité présidentielle, l'inquiétude monte devant le rejet exprimé, au point que l'idée d'un moratoire sur la hausse des taxes commence à faire débat.

Du côté de l'opposition, à droite comme à gauche, les positions naviguent entre soutien et souci de ne pas être accusé de récupération.

Le dirigeant de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a prévu de manifester dans sa circonscription, à Marseille, dans une marche réunissant des "syndicats, des révoltés du logement, des +gilets jaunes+ et des lycéens".

Le patron des Républicains (droite), Laurent Wauquiez, ira "à la rencontre" des manifestants. La cheffe de file de l'extrême droite Marine Le Pen a réclamé une dissolution de l'Assemblée nationale.

Ce mouvement de colère bien français commence à déborder les frontières de l'Hexagone: deux véhicules de police ont été incendiés vendredi soir à Bruxelles, à la fin d'une manifestation d'environ 300 "gilets jaunes", la première du genre organisée dans la capitale belge.

"Gilets jaunes": premiers incidents en haut des Champs-Élysées

De premiers et brefs incidents ont éclaté samedi à Paris sur le haut des Champs-Élysées où des "gilets jaunes" sont rassemblés pour leur troisième journée d'action nationale, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Aux alentours de 9H00, des manifestants ont tenté de forcer un point de contrôle sur la place de l'Étoile provoquant une riposte de forces de l'ordre qui ont fait usage de lacrymogènes.

Depuis 6H00, l'artère parisienne est interdite à la circulation et soumise à un quadrillage policier serré afin d'éviter tout débordement. Deux personnes ont été interpellées pour port d'arme prohibé, selon une source policière.

Après avoir été dispersés de la place de l'Arc de Triomphe, qui était alors encore ouverte à la circulation, les manifestants, pour certains encagoulés et masqués, se sont rabattus sur les avenues adjacentes, a constaté une journaliste de l'AFP.

Sur l'une d'elles, avenue Mac-Mahon, des poubelles ont été renversées et incendiées, déclenchant un petit feu de déchets au milieu de la chaussée.

Un premier incident a éclaté en tout début de matinée, alors que quelques centaines de manifestants commençaient à converger vers l'arc de Triomphe, sommet de l'une des avenues les plus touristiques au monde. Des policiers ont dispersé la foule à l'aide de gaz lacrymogènes car des manifestants ont tenté de forcer un point de contrôle, a-t-on expliqué de source policière.Si le gouvernement a accepté la piétonisation des Champs-Élysées, commerçants et forces de l'ordre ont pris leurs précautions, échaudés par les échauffourées ayant marqué la précédente manifestation du 24 novembre.Des panneaux de bois ont été apposés sur certaines vitrines et l'accès des piétons était soumis à un quadrillage serré, avec contrôles d'identité et fouilles des sacs. Deux personnes ont été interpellées pour port d'arme prohibé, selon une source policière."Notre responsabilité est de faire en sorte que tout se passe au mieux", a affirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castane venu sur place pour "saluer" les forces de l'ordre.Quelque 5.000 hommes ont été mobilisés dans la capitale, où sont par ailleurs prévus une manifestation à l'appel du syndicat CGT et un rassemblement contre la hausse des frais pour les étudiants étrangers. M. Castaner a souhaité que la colère du mouvement "s'organise". "Dans une contestation à un moment il faut accepter le dialogue", a-t-il ajouté, alors que le gouvernement peine à apporter une réponse aux revendications protéiformes de ce mouvement né des réseaux sociaux, hors de tout cadre politique ou syndical. Vendredi, une réunion de concertation avec le Premier ministre Édouard Philippe a tourné au fiasco: seuls deux "gilets jaunes" y ont participé et l'un d'eux a rapidement quitté les lieux faute d'avoir obtenu que la rencontre soit diffusée en direct.Quant aux annonces faites cette semaine par Emmanuel Macron - un dispositif pour limiter l'impact des taxes sur le carburant ainsi qu'une "grande concertation" - elles ont plus irrité que convaincu."Du vent", du "blabla", ont réagi plusieurs contestataires, dont certains restent campés sur les routes ou les ronds-points. "Il nous faut du concret, pas de l'enfumage", a résumé Yoann Allard, un ouvrier agricole de 30 ans.- La colère ne faiblit pas -Galvanisé par le soutien des deux tiers des Français et le succès d'une pétition "pour une baisse des prix du carburant à la pompe", qui a dépassé le million de signatures, le mouvement poursuit son chemin, quinze jours après son lancement.Les autorités guettent avec attention l'ampleur de cette nouvelle mobilisation. La première journée nationale, le 17 novembre, avait réuni 282.000 personnes, et la deuxième 106.000, dont 8.000 à Paris.Signe d'une colère qui ne faiblit pas, des rassemblements de ces citoyens pour qui les fins de mois sont souvent difficiles sont aussi annoncés dans plusieurs autres villes du pays, comme par exemple sur l'emblématique Vieux port de Marseille, et dans les territoires français d'outre-mer. Sur l'île de la Réunion, la ministre des Outre-mer (12 territoires éloignés de la France métropolitaine, ndlr) a dû être exfiltrée par son service d'ordre lors d'une rencontre devenue trop houleuse. Au sein de la majorité présidentielle, l'inquiétude monte devant le rejet exprimé, au point que l'idée d'un moratoire sur la hausse des taxes commence à faire débat.Du côté de l'opposition, à droite comme à gauche, les positions naviguent entre soutien et souci de ne pas être accusé de récupération.Le dirigeant de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a prévu de manifester dans sa circonscription, à Marseille, dans une marche réunissant des "syndicats, des révoltés du logement, des +gilets jaunes+ et des lycéens".Le patron des Républicains (droite), Laurent Wauquiez, ira "à la rencontre" des manifestants. La cheffe de file de l'extrême droite Marine Le Pen a réclamé une dissolution de l'Assemblée nationale. Ce mouvement de colère bien français commence à déborder les frontières de l'Hexagone: deux véhicules de police ont été incendiés vendredi soir à Bruxelles, à la fin d'une manifestation d'environ 300 "gilets jaunes", la première du genre organisée dans la capitale belge.