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Le plan britannique de Brexit bénéfique à l’économie selon la Banque d’Angleterre

Le Vif

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a estimé devant le gouvernement britannique que l’accord de sortie que souhaite obtenir Londres dans les négociations du Brexit stimulerait l’économie britannique, mais s’est montré pessimiste en cas d’absence accord, rapportait vendredi la presse.

Jeudi en fin de journée, Mark Carney a présenté au Conseil des ministres plusieurs hypothèses de ce qu’il pourrait advenir à l’économie britannique, en fonction de l’issue des négociations en cours sur un éventuel accord commercial entre Londres et Bruxelles.

Le gouvernement de Theresa May veut conserver des liens commerciaux étroits avec le continent après le Brexit en créant une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles.

S’il était accepté par l’UE, ce plan offrirait un rebond économique de 16 milliards de livres (18 milliards d’euros) à l’économie britannique, qui compenserait aux trois-quarts les pertes de croissance provoquées par le référendum du Brexit en juin 2016, selon l’exposé de Mark Carney, rapporté par le Financial Times.

A l’inverse, en cas d’absence d’accord, les prix de l’immobilier chuteraient de 25 à 35% en trois ans, le taux de chômage passerait de 4% aujourd’hui à plus de 10% et le transport aérien et ferroviaire entre le Royaume-Uni et l’UE serait bloqué.

Un ministre présent à la réunion a déclaré au quotidien The Guardian que ce scénario noir n’était qu’une hypothèse de travail pour Mark Carney. « Il n’a pas dit que tout cela allait se produire, mais tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut tenir compte du scénario du pire », a dit au journal ce ministre, dont le nom n’a pas été cité.

Jointe par l’AFP, la Banque d’Angleterre n’a pas souhaité faire de commentaires au sujet de propos rapportés sur une réunion à huis clos.

Ce scénario sombre tel que présenté dans la presse ressemble toutefois à celui échafaudé par la Banque d’Angleterre l’an passé pour réaliser ses « tests de résistance », un exercice théorique visant à déterminer si les grandes banques du pays seraient capables de résister à un retournement cataclysmique de la conjoncture.

« La Banque d’Angleterre est bien préparée à tout ce qui pourrait arriver à l’économie, y compris à la variété des résultats possibles du Brexit », a d’ailleurs tenu à rassurer vendredi M. Carney lors d’un discours à Dublin.

« Nous avons utilisé nos tests de résistance pour nous assurer du fait que les banques britanniques pourront continuer de répondre aux besoins des foyers et des entreprises, même en cas de Brexit désordonné – une hypothèse peu vraisemblable néanmoins », a ajouté le gouverneur, laissant penser que les chiffres présentés au Conseil des ministres ne constituaient bel et bien pas une prévision mais plutôt une hypothèse théorique.

« Après tout, notre travail est de préparer l’économie au pire, pas d’espérer le meilleur », a aussi glissé M. Carney, dont le mandat, qui devait s’achever en juin 2019 soit trois mois après le Brexit, a été prolongé pour sept mois supplémentaires afin d’assurer une continuité à la tête de l’économie britannique pendant les turbulences du départ de l’UE.

Face à des négociations avec Bruxelles qui patinent sur les conditions du Brexit, le gouvernement conservateur de Theresa May a accéléré ces dernières semaines les préparatifs d’une éventuelle sortie sans accord avec l’UE à la fin mars 2019. Il a publié jeudi une deuxième série de notes techniques analysant les risques associés.

Réagissant à la publication de ces notes, la patronne des patrons britanniques, Carolyn Fairbairn, a prévenu vendredi qu’un Brexit sans accord constituerait un « coup de massue ». « De nombreuses petites entreprises ne peuvent pas s’y préparer, ce qui doublerait l’impact potentiel si nous devions chuter de cette falaise », s’est inquiétée sur la BBC Mme Fairbairn, directrice générale de l’organisation patronale CBI.

D’après elle, le gouvernement « doit concentrer toute son énergie à conclure un accord de sortie, obtenir une période de transition » entre le Brexit formel prévu dans six mois et le moment où le Royaume-Uni obéira aux nouvelles règles issues du départ, à la fin 2020.

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