Moins ambitieuse que celle prônée initialement par le président français Emmanuel Macron, elle est le fruit d'un compromis obtenu aux forceps il y a dix jours entre les 27 ministres des Finances de l'UE -- hors Royaume-Uni pour cause de Brexit.

Voici un tour d'horizon des principaux points, qui tentent de préserver l'équilibre entre la vision des pays du sud, qui souhaitent davantage de solidarité et ceux du nord, adeptes de la rigueur budgétaire.

Budget de la zone euro

L'idée phare d'Emmanuel Macron d'un budget propre aux 19 pays qui ont adopté la monnaie unique, d'un montant de centaine de milliards d'euros, a été considérablement revue à la baisse.

Les 27 vont travailler ces prochains mois sur un "instrument budgétaire" d'un montant bien moindre, incorporé au budget de l'UE, dont l'objectif principal serait d'encourager des réformes pour accroître la compétitivité.

Mais ils n'ont pas réussi à s'entendre pour donner à ce budget une fonction de stabilisation, voulue par Paris mais à laquelle les Pays-Bas s'opposent.

Les discussions sur ce rôle stabilisateur, qui permettrait d'aider un pays spécifiquement touché par un choc économique, vont se poursuivre, mais au niveau technique.

"Fonds monétaire européen"

Le renforcement des prérogatives du Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012 en pleine crise de la dette, est une proposition plus consensuelle.

Abondée par les 19 membres de la zone euro en fonction de leur poids économique, cette institution européenne lève des fonds sur les marchés et accorde des crédits aux pays en difficulté.

Elle se voit désormais dotée de pouvoirs accrus pour évaluer la situation économique des pays de la zone euro, en étroite coopération avec la Commission européenne.

Alors que le MES intervenait jusqu'ici uniquement pour sauver des Etats membres avec un grave problème de solvabilité (comme la Grèce), il pourra désormais soutenir les pays qui "ont une bonne évolution économique" mais un problème de liquidités et peinent à obtenir des crédits sur les marchés financiers.

Si ces pays remplissent certains critères (tels que les règles européennes budgétaires), le MES leur accordera des prêts sans qu'ils soient conditionnés à des réformes.

Ultime recours des banques

Échaudée par la crise de l'euro, où l'argent des contribuables a été utilisé pour renflouer des institutions financières en difficulté, l'UE s'est dotée depuis 2016 d'un dispositif de réserves en cas de faillite d'un établissement bancaire, le "Fonds de résolution unique", alimenté par les banques elles-mêmes.

Ce Fonds devrait atteindre en 2024 environ 55 milliards d'euros. Mais en cas de crise majeure, cette somme pourrait ne pas suffire. D'où l'idée d'un ultime recours, ou "filet de sécurité", fourni par le MES au Fonds de résolution unique.

Le MES devient par conséquent une sorte de prêteur en dernier ressort, octroyant une ligne de crédit de 60 milliards d'euros maximum au Fonds de résolution unique, si ce dernier venait à être épuisé.

Le MES devra ensuite être remboursé de cette somme (qu'il aura levée sur les marchés) par le Fonds de résolution unique, via la contribution des banques de la zone euro.

Le filet de sécurité doit entrer en vigueur "au plus tard en 2024".

Protection européenne des épargnants

Lancée en 2012 après la crise financière, l'Union bancaire n'est pas encore totalement achevée.

Depuis des années, l'Allemagne traîne les pieds pour créer un système européen de garantie des dépôts (EDIS en anglais), craignant de voir ses épargnants payer pour les banques de pays du sud, comme les italiennes. Berlin veut que soit d'abord réduit le niveau des créances douteuses chez les mauvais élèves avant de procéder à une mutualisation.

L'objectif du système EDIS est d'éviter toute panique des déposants qui se précipiteraient au guichet de leur banque si cette dernière rencontrait des difficultés.

Les ministres des Finances de l'UE se pencheront de nouveau en juin 2019 sur la question.

Moins ambitieuse que celle prônée initialement par le président français Emmanuel Macron, elle est le fruit d'un compromis obtenu aux forceps il y a dix jours entre les 27 ministres des Finances de l'UE -- hors Royaume-Uni pour cause de Brexit.Voici un tour d'horizon des principaux points, qui tentent de préserver l'équilibre entre la vision des pays du sud, qui souhaitent davantage de solidarité et ceux du nord, adeptes de la rigueur budgétaire.L'idée phare d'Emmanuel Macron d'un budget propre aux 19 pays qui ont adopté la monnaie unique, d'un montant de centaine de milliards d'euros, a été considérablement revue à la baisse. Les 27 vont travailler ces prochains mois sur un "instrument budgétaire" d'un montant bien moindre, incorporé au budget de l'UE, dont l'objectif principal serait d'encourager des réformes pour accroître la compétitivité.Mais ils n'ont pas réussi à s'entendre pour donner à ce budget une fonction de stabilisation, voulue par Paris mais à laquelle les Pays-Bas s'opposent.Les discussions sur ce rôle stabilisateur, qui permettrait d'aider un pays spécifiquement touché par un choc économique, vont se poursuivre, mais au niveau technique.Le renforcement des prérogatives du Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012 en pleine crise de la dette, est une proposition plus consensuelle.Abondée par les 19 membres de la zone euro en fonction de leur poids économique, cette institution européenne lève des fonds sur les marchés et accorde des crédits aux pays en difficulté.Elle se voit désormais dotée de pouvoirs accrus pour évaluer la situation économique des pays de la zone euro, en étroite coopération avec la Commission européenne. Alors que le MES intervenait jusqu'ici uniquement pour sauver des Etats membres avec un grave problème de solvabilité (comme la Grèce), il pourra désormais soutenir les pays qui "ont une bonne évolution économique" mais un problème de liquidités et peinent à obtenir des crédits sur les marchés financiers.Si ces pays remplissent certains critères (tels que les règles européennes budgétaires), le MES leur accordera des prêts sans qu'ils soient conditionnés à des réformes.Échaudée par la crise de l'euro, où l'argent des contribuables a été utilisé pour renflouer des institutions financières en difficulté, l'UE s'est dotée depuis 2016 d'un dispositif de réserves en cas de faillite d'un établissement bancaire, le "Fonds de résolution unique", alimenté par les banques elles-mêmes.Ce Fonds devrait atteindre en 2024 environ 55 milliards d'euros. Mais en cas de crise majeure, cette somme pourrait ne pas suffire. D'où l'idée d'un ultime recours, ou "filet de sécurité", fourni par le MES au Fonds de résolution unique. Le MES devient par conséquent une sorte de prêteur en dernier ressort, octroyant une ligne de crédit de 60 milliards d'euros maximum au Fonds de résolution unique, si ce dernier venait à être épuisé.Le MES devra ensuite être remboursé de cette somme (qu'il aura levée sur les marchés) par le Fonds de résolution unique, via la contribution des banques de la zone euro.Le filet de sécurité doit entrer en vigueur "au plus tard en 2024".Lancée en 2012 après la crise financière, l'Union bancaire n'est pas encore totalement achevée.Depuis des années, l'Allemagne traîne les pieds pour créer un système européen de garantie des dépôts (EDIS en anglais), craignant de voir ses épargnants payer pour les banques de pays du sud, comme les italiennes. Berlin veut que soit d'abord réduit le niveau des créances douteuses chez les mauvais élèves avant de procéder à une mutualisation.L'objectif du système EDIS est d'éviter toute panique des déposants qui se précipiteraient au guichet de leur banque si cette dernière rencontrait des difficultés.Les ministres des Finances de l'UE se pencheront de nouveau en juin 2019 sur la question.