Avec des affiches aux slogans comme "la liberté est dans le hijab", "accepter le hijab c'est apporter la joie" ou "avec le voile je peux être moi-même", le conseil de l'Europe a dévoilé cette semaine une nouvelle campagne pour "lutter contre le discours de haine envers les musulmans". Dès sa parution, la campagne intitulée "The headscarf is part of me, it is part of my identity" (le foulard islamique fait partie de moi, il fait partie de mon identité ) a rapidement provoqué un tollé aussi bien du côté des féministes que de ceux plus à droite sur l'échiquier politique. Plus qu'un message de tolérance, beaucoup y ont surtout vu de la propagande islamiste et trouvent une telle campagne surprenante de la part d'une organisation qui s'est donné pour mission de promouvoir les droits humains et d'être "le gardien de la sécurité démocratique fondée sur les droits de l'homme, la démocratie et l'état de droit".
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Avec des affiches aux slogans comme "la liberté est dans le hijab", "accepter le hijab c'est apporter la joie" ou "avec le voile je peux être moi-même", le conseil de l'Europe a dévoilé cette semaine une nouvelle campagne pour "lutter contre le discours de haine envers les musulmans". Dès sa parution, la campagne intitulée "The headscarf is part of me, it is part of my identity" (le foulard islamique fait partie de moi, il fait partie de mon identité ) a rapidement provoqué un tollé aussi bien du côté des féministes que de ceux plus à droite sur l'échiquier politique. Plus qu'un message de tolérance, beaucoup y ont surtout vu de la propagande islamiste et trouvent une telle campagne surprenante de la part d'une organisation qui s'est donné pour mission de promouvoir les droits humains et d'être "le gardien de la sécurité démocratique fondée sur les droits de l'homme, la démocratie et l'état de droit". Ainsi, pour le groupe les VigilantEs, une organisation féministe et laïque, le Conseil de l'Europe "outrepasse dangereusement ses droits. Il va beaucoup plus loin qu'inciter à respecter des personnes et leurs choix religieux, il valide des règles qui sont celles d'un islam fondamentaliste. (...) Dans le cadre de ses missions de respect des droits humains, le Conseil de l'Europe ne se doit-il pas de veiller à l'achèvement de l'égalité femmes-hommes ? Alors pour quelles raisons se fait-il le porte-parole d'un islam radical, archaïque et sexiste ? Ne sait-t-il pas le poids des traditions religieuses familiales qui pèsent sur les jeunes femmes ?" Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro et responsable du FigaroVox, s'en étonne aussi sur France Inter : "le voile est considéré comme un symbole de soumission de la femme puisqu'il est souvent non pas un choix personnel, mais bien une contrainte imposée par la pression communautaire et religieuse. S'il est concevable, pour des raisons juridiques, que l'on tolère le voile dans l'espace public, en faire la promotion relève par contre de la grave dérive". "On peut y voir le noyautage de l'Union européenne par des ONG islamiques sous couvert de lutte contre l'islamophobie", renchérit encore le journaliste sur France Inter.Un point sur lequel le rejoint Théo Francken. Lui aussi est choqué par la campagne et l'a fait savoir sur Instagram. "Selon le Conseil de l'Europe et son président Rik Daems de l'Open VLD, le voile islamique est un signe de liberté. Je suggère à Rik et compagnie de demander aux millions de jeunes filles au Niger, Burkina, Somalie et Afghanistan ce qu'elles en pensent. De la propagande islamique aux frais du contribuable." Viviane Teitelbaum, présidente de l'Observatoire féministe des violences faites aux femmes et Députée MR, a signé la pétition pour le retrait de cette campagne. Pour elle, ce genre de campagne ce n'est pas de la naïveté, mais plutôt l'oeuvre de lobbying. "Ils devaient bien se douter que cela provoquerait des réactions. Comme le disait l'essayiste Caroline Fourest cette semaine, ces campagnes sont organisées par le département inclusion et lutte contre les discriminations du Conseil de l'Europe qui travaille en partenariat avec des associations proches des Frères Musulmans, des associations sont créées spécifiquement pour faire du lobbying auprès des instances européennes pour obtenir ce genre de campagnes." Pour Viviane Teitelbaum, il est regrettable que ce genre de sujets qui naissent d'une saine réaction démocratique soit systématiquement repris par l'extrême droite. "L'islam politique et l'extrême droite se nourrissent l'un l'autre. Pourtant, ce n'est pas parce que certains sujets sont pris dans une tenaille identitaire que l'on ne doit pas le dénoncer. Ce n'est pas parce que l'extrême droite instrumentalise certains combats que cela doit faire abandonner les démocrates. On ne doit pas craindre d'être taxé de, sinon on a tout à fait perdu. On doit rester vigilants."Diffusée depuis jeudi 28 octobre, la campagne lancée par le Programme pour l'inclusion et la lutte contre les discriminations du Conseil de l'Europe et cofinancée par l'Union européenne (UE) était jusqu'ici passée inaperçue, mais depuis mardi elle fait beaucoup de bruit en France ou le voile islamique est une question sensible depuis plus de trente ans et ou la campagne présidentielle est en ligne de mire. La campagne a ainsi notamment déclenché la colère de l'extrême droite française, le pamphlétaire et probable candidat à la présidentielle Éric Zemmour et Marine Le Pen, mais aussi à gauche avec l'ancienne ministre socialiste des Droits des femmes, Laurence Rossignol. Devant le tollé généralisé, la campagne a été retirée. "Ces tweets ont été retirés et nous allons réfléchir à une meilleure présentation de ce projet", a confirmé dans un communiqué le Conseil de l'Europe. Ils "faisaient partie d'un projet conjoint" du Conseil et de l'Union européenne "dont l'objectif était de sensibiliser à la nécessité de respecter la diversité et l'inclusion et de combattre tout type de discours de haine", a justifié le Conseil d'Europe. Les tweets "reflétaient les déclarations faites de manière individuelle par des participants dans l'un des ateliers du projet et ne représentent pas la position du Conseil de l'Europe ni de sa secrétaire générale", Marija Pejcinovic Buric, a encore assuré l'instance.