Ils étaient tous dans la rue mardi, ils seront tous autour d'Edouard Philippe mercredi après-midi: les leaders syndicaux et patronaux ont rendez-vous, chacun leur tour, avec le Premier ministre, pour des entretiens qui se succèderont au pas de charge.

Le plus attendu de tous, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT - premier syndicat français - arrivera en fin d'après-midi, pour redire face à M. Philippe son opposition à "l'âge d'équilibre" que le gouvernement veut fixer à 64 ans, avec un "bonus-malus" censé inciter chacun à travailler plus longtemps. "Pour la CFDT c'est clair : nous (n'en) voulons pas", a rappelé M. Berger.

Les syndicats français auront également un nouveau "M. Retraites" en face d'eux: nommé mardi soir, Laurent Pietraszewski, député macroniste, remplace le haut-commissaire aux retraites démissionnaire Jean-Paul Delevoye, décrédibilisé par des soupçons de conflit d'intérêts.

A Paris mardi, le cortège a rassemblé 76.000 personnes selon les autorités, qui ont compté 615.000 manifestants dans tout le pays pour cette troisième mobilisation nationale, en net rebond par rapport à la manifestation du 10 décembre (339.000), mais en deçà de la première journée de conflit du 5 décembre (806.000).

Le syndicat CGT, en tête de la contestation contre la réforme, a revendiqué 1,8 million de participants, soit davantage que le 5 décembre (1,5 million) et deux fois plus que le 10 (885.000). La poursuite du mouvement a été décidée mardi soir en intersyndicale, par des "actions locales" à partir du 19 et sans trêve de Noël, mais sans non plus de nouvelle journée d'action nationale à ce stade.

Compromis

Si le Premier ministre a répété mardi sa "détermination totale" à mener à bien la réforme promise par le président Emmanuel Macron et à créer le "système universel" de retraite par points censé remplacer les 42 régimes existants, plusieurs membres du gouvernement ont donné des signes d'ouverture. "Evidemment nous sommes ouverts à bâtir un compromis", a dit la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

M. Philippe a déjà prévu de revoir les partenaires sociaux "ensemble lors d'une multilatérale" jeudi à 16H00.

Un raout propice à d'ultimes compromis avant l'envoi au Conseil d'Etat d'une première mouture du projet de loi dont la présentation en Conseil des ministres est programmée le 22 janvier.

Le temps presse donc, d'autant plus que la grève se poursuit dans les transports en commun, entraînant de fortes perturbations du trafic des trains et du métro parisien.

La compagnie ferroviaire nationale SNCF affirme qu'elle pourra transporter ce weekend tous les passagers ayant déjà réservé un billet TGV. Mais pour l'instant, tous les syndicats de cheminots, y compris la CFDT à la SNCF, refusent la "trêve" de Noël souhaitée par l'exécutif et par Laurent Berger, seul soutien de poids au principe d'un "système universel".

Le renoncement à "l'âge d'équilibre" serait un geste fort envers cet allié potentiel "qui commence à être doublé par une partie de sa base", observe une députée de la majorité présidentielle, convaincue que "si la CGT reste la seule à bloquer, ça va, on passe".

D'autres obstacles se dressent encore sur le chemin de la réforme: si la menace est à relativiser venant des avocats, experts-comptables et autres infirmières libérales, elle pourrait en revanche s'avérer plus gênante du côté des hôtesses, stewards et pilotes de ligne, en plein weekend de retour de vacances.

Ils étaient tous dans la rue mardi, ils seront tous autour d'Edouard Philippe mercredi après-midi: les leaders syndicaux et patronaux ont rendez-vous, chacun leur tour, avec le Premier ministre, pour des entretiens qui se succèderont au pas de charge.Le plus attendu de tous, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT - premier syndicat français - arrivera en fin d'après-midi, pour redire face à M. Philippe son opposition à "l'âge d'équilibre" que le gouvernement veut fixer à 64 ans, avec un "bonus-malus" censé inciter chacun à travailler plus longtemps. "Pour la CFDT c'est clair : nous (n'en) voulons pas", a rappelé M. Berger.Les syndicats français auront également un nouveau "M. Retraites" en face d'eux: nommé mardi soir, Laurent Pietraszewski, député macroniste, remplace le haut-commissaire aux retraites démissionnaire Jean-Paul Delevoye, décrédibilisé par des soupçons de conflit d'intérêts.A Paris mardi, le cortège a rassemblé 76.000 personnes selon les autorités, qui ont compté 615.000 manifestants dans tout le pays pour cette troisième mobilisation nationale, en net rebond par rapport à la manifestation du 10 décembre (339.000), mais en deçà de la première journée de conflit du 5 décembre (806.000).Le syndicat CGT, en tête de la contestation contre la réforme, a revendiqué 1,8 million de participants, soit davantage que le 5 décembre (1,5 million) et deux fois plus que le 10 (885.000). La poursuite du mouvement a été décidée mardi soir en intersyndicale, par des "actions locales" à partir du 19 et sans trêve de Noël, mais sans non plus de nouvelle journée d'action nationale à ce stade.Compromis Si le Premier ministre a répété mardi sa "détermination totale" à mener à bien la réforme promise par le président Emmanuel Macron et à créer le "système universel" de retraite par points censé remplacer les 42 régimes existants, plusieurs membres du gouvernement ont donné des signes d'ouverture. "Evidemment nous sommes ouverts à bâtir un compromis", a dit la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.M. Philippe a déjà prévu de revoir les partenaires sociaux "ensemble lors d'une multilatérale" jeudi à 16H00.Un raout propice à d'ultimes compromis avant l'envoi au Conseil d'Etat d'une première mouture du projet de loi dont la présentation en Conseil des ministres est programmée le 22 janvier.Le temps presse donc, d'autant plus que la grève se poursuit dans les transports en commun, entraînant de fortes perturbations du trafic des trains et du métro parisien.La compagnie ferroviaire nationale SNCF affirme qu'elle pourra transporter ce weekend tous les passagers ayant déjà réservé un billet TGV. Mais pour l'instant, tous les syndicats de cheminots, y compris la CFDT à la SNCF, refusent la "trêve" de Noël souhaitée par l'exécutif et par Laurent Berger, seul soutien de poids au principe d'un "système universel".Le renoncement à "l'âge d'équilibre" serait un geste fort envers cet allié potentiel "qui commence à être doublé par une partie de sa base", observe une députée de la majorité présidentielle, convaincue que "si la CGT reste la seule à bloquer, ça va, on passe".D'autres obstacles se dressent encore sur le chemin de la réforme: si la menace est à relativiser venant des avocats, experts-comptables et autres infirmières libérales, elle pourrait en revanche s'avérer plus gênante du côté des hôtesses, stewards et pilotes de ligne, en plein weekend de retour de vacances.