L'historienne Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l'université de Rouen, et le sociologue Ugo Palheta, maître de conférences à l'université de Lille, évoquent sérieusement l'hypothèse de l'instauration d'un régime fascite en France dans Face à la menace fasciste (1). Mais ce n'est pas dans la popularité d'une Marine Le Pen ou d'un Eric Zemmour qu'ils en voient les prémices, m...

L'historienne Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l'université de Rouen, et le sociologue Ugo Palheta, maître de conférences à l'université de Lille, évoquent sérieusement l'hypothèse de l'instauration d'un régime fascite en France dans Face à la menace fasciste (1). Mais ce n'est pas dans la popularité d'une Marine Le Pen ou d'un Eric Zemmour qu'ils en voient les prémices, mais bien à travers "le basculement dans l'autoritarisme politique décliné sous des formes multiples" que consacrerait le mandat d'Emmanuel Macron. La "gestion verticale, répressive, paternaliste et secrète de la crise sanitaire" aurait encore conforté cette propension, déjà exprimée par le recours accru aux technologies de surveillance, par la répression et la criminalisation des contestations (cf. les gilets jaunes) et par l'affaiblissement des contre-pouvoirs. "Tout fascisme est précédé d'une phase plus ou moins longue de fascisation", avancent les auteurs. La France serait entrée dans cette phase. Et le "président des ultrariches" en serait le promoteur. Si les auteurs dressent un bilan excessivement manichéen de la présidence d'Emmanuel Macron, surtout après le virage "social" que la crise sanitaire lui a imposé, ils n'ont sans doute pas tort de considérer que "cette manière qu'a l'Etat de favoriser systématiquement le capital, par tous les moyens et par des coups de force, s'accommode mal, de fait, de la démocratie". Faut-il pour autant remettre en question le principe des élections, comme ils le suggèrent, sans proposer une alternative offrant les mêmes garanties démocratiques? Pas sûr...