Signe de la nervosité ambiante, la présidente du mouvement démocrate-chrétien (CDU) de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée "AKK", a annoncé dimanche soir vouloir interdire en interne toute velléité de coopération avec le parti de droite ultra Alternative pour l'Allemagne (AfD). A ses yeux il ne peut en être question alors qu'un de ses élus locaux pro-migrants vient d'être assassiné et que la police suspecte un militant néonazi.

"Je vais demander à la direction du parti l'autorisation (...) d'examiner tous les moyens visant à empêcher vraiment tout rapprochement ou coopération avec l'AfD", a-t-elle dit sur la chaîne de télévision ARD.

Car le débat sur une possible alliance à l'image de l'Autriche voisine, impensable il y a encore quelques années, est désormais ouvert. Il est alimenté par trois élections régionales clés prévues à partir de septembre dans l'Est du pays, où l'AfD pourrait, selon les sondages, arriver en tête et compliquer fortement la formation de coalitions locales de gouvernement.

- "Pas exclure" -

"Nous ne devrions pas exclure la possibilité d'une coalition" avec l'AfD: les propos d'un responsable CDU dans l'un des Etats de l'ex-RDA, la Saxe-Anhalt, ont fait cette semaine l'effet d'une petite bombe.

"Ce n'est pas possible maintenant, mais nous ne savons pas ce que sera la situation dans deux ou cinq ans", a ajouté Ulrich Thomas dans le journal Mitteldeutsche Zeitung. Un autre dirigeant de la CDU en Saxe-Anhalt, Lars-Jörn Zimmer, a lui souligné que les électeurs de sa formation et ceux de l'AfD avaient les mêmes objectifs et contribuaient à une "majorité conservatrice" en Allemagne.

Peu avant, c'est l'ancien chef du Renseignement intérieur, Hans-Georg Maassen, membre de l'aile la plus à droite de la CDU, qui n'a pas exclu une alliance au niveau national.

"On ne sait jamais", a-t-il dit.

Cet appel du pied a été repris le vice-président de l'AfD, Georg Pazderski, qui s'est félicité dimanche que "le front uni (contre son mouvement) commence à s'effriter".

"En particulier, la base de la CDU, qui a été massivement déçue par ses propres dirigeants, ne peut pas s'entendre dire que le parti devrait être plus proche de la gauche que de l'AfD", a-t-il déclaré au journal Die Welt.

- CDU sous pression -

Le mouvement de la chancelière est sous pression: après une victoire décevante aux législatives de 2017, le parti continue de s'effriter dans les sondages.

Une enquête pour la chaîne RTL publiée ce week-end ne le place qu'en deuxième position à 24% d'intentions de vote derrière les Verts qui culminent à 27% et devant l'extrême droite à 13%.

Et la rentrée s'annonce très turbulente avec les élections régionales à partir de septembre dans le Brandebourg, en Thuringe et en Saxe, tous des bastions de l'AfD dans l'ex-RDA. Ce parti pourrait même y devenir la première force politique.

Mais le parti écologiste allemand, en forte progression dans les sondages et possible allié des conservateurs dans un futur gouvernement, a lancé une mise en garde.

Une coopération avec l'extrême droite "serait une brèche dans le barrage démocratique et cela augmenterait soudainement la distance qui nous sépare" de la CDU, a prévenu vendredi l'un de ses dirigeants, Michael Kellner.

Ce débat naissant, qui devrait aller crescendo dans les mois à venir, constitue une difficulté supplémentaire à gérer pour le parti de Mme Merkel.

"AKK", dauphine supposée de la chancelière, est déjà de plus en plus contestée en interne suite à un lourd revers électoral aux élections européennes.

Elle est aussi critiquée pour avoir mal géré une polémique avec des Youtubeurs sur le climat et donné l'image d'un parti déconnecté des préoccupations des jeunes électeurs.

Signe de la nervosité ambiante, la présidente du mouvement démocrate-chrétien (CDU) de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée "AKK", a annoncé dimanche soir vouloir interdire en interne toute velléité de coopération avec le parti de droite ultra Alternative pour l'Allemagne (AfD). A ses yeux il ne peut en être question alors qu'un de ses élus locaux pro-migrants vient d'être assassiné et que la police suspecte un militant néonazi."Je vais demander à la direction du parti l'autorisation (...) d'examiner tous les moyens visant à empêcher vraiment tout rapprochement ou coopération avec l'AfD", a-t-elle dit sur la chaîne de télévision ARD.Car le débat sur une possible alliance à l'image de l'Autriche voisine, impensable il y a encore quelques années, est désormais ouvert. Il est alimenté par trois élections régionales clés prévues à partir de septembre dans l'Est du pays, où l'AfD pourrait, selon les sondages, arriver en tête et compliquer fortement la formation de coalitions locales de gouvernement.- "Pas exclure" -"Nous ne devrions pas exclure la possibilité d'une coalition" avec l'AfD: les propos d'un responsable CDU dans l'un des Etats de l'ex-RDA, la Saxe-Anhalt, ont fait cette semaine l'effet d'une petite bombe. "Ce n'est pas possible maintenant, mais nous ne savons pas ce que sera la situation dans deux ou cinq ans", a ajouté Ulrich Thomas dans le journal Mitteldeutsche Zeitung. Un autre dirigeant de la CDU en Saxe-Anhalt, Lars-Jörn Zimmer, a lui souligné que les électeurs de sa formation et ceux de l'AfD avaient les mêmes objectifs et contribuaient à une "majorité conservatrice" en Allemagne. Peu avant, c'est l'ancien chef du Renseignement intérieur, Hans-Georg Maassen, membre de l'aile la plus à droite de la CDU, qui n'a pas exclu une alliance au niveau national."On ne sait jamais", a-t-il dit.Cet appel du pied a été repris le vice-président de l'AfD, Georg Pazderski, qui s'est félicité dimanche que "le front uni (contre son mouvement) commence à s'effriter"."En particulier, la base de la CDU, qui a été massivement déçue par ses propres dirigeants, ne peut pas s'entendre dire que le parti devrait être plus proche de la gauche que de l'AfD", a-t-il déclaré au journal Die Welt.- CDU sous pression -Le mouvement de la chancelière est sous pression: après une victoire décevante aux législatives de 2017, le parti continue de s'effriter dans les sondages. Une enquête pour la chaîne RTL publiée ce week-end ne le place qu'en deuxième position à 24% d'intentions de vote derrière les Verts qui culminent à 27% et devant l'extrême droite à 13%.Et la rentrée s'annonce très turbulente avec les élections régionales à partir de septembre dans le Brandebourg, en Thuringe et en Saxe, tous des bastions de l'AfD dans l'ex-RDA. Ce parti pourrait même y devenir la première force politique.Mais le parti écologiste allemand, en forte progression dans les sondages et possible allié des conservateurs dans un futur gouvernement, a lancé une mise en garde.Une coopération avec l'extrême droite "serait une brèche dans le barrage démocratique et cela augmenterait soudainement la distance qui nous sépare" de la CDU, a prévenu vendredi l'un de ses dirigeants, Michael Kellner.Ce débat naissant, qui devrait aller crescendo dans les mois à venir, constitue une difficulté supplémentaire à gérer pour le parti de Mme Merkel. "AKK", dauphine supposée de la chancelière, est déjà de plus en plus contestée en interne suite à un lourd revers électoral aux élections européennes.Elle est aussi critiquée pour avoir mal géré une polémique avec des Youtubeurs sur le climat et donné l'image d'un parti déconnecté des préoccupations des jeunes électeurs.