Lors d'une conférence de presse jeudi à Ankara avec le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a dit espérer que Selahattin Demirtas, un des principaux rivaux de M. Erdogan, serait "bientôt" libéré.

Mme Mogherini "a un peu dépassé les bornes. Je le lui ai dit pendant notre entretien", a déclaré M. Cavusoglu lors d'un entretien à la chaîne CNN-Türk.

Détenu depuis novembre 2016, Selahattin Demirtas, un charismatique orateur âgé de 45 ans, est une des figures de proue du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurdes).

Mardi, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a sommé la Turquie de mettre fin à la détention provisoire de M. Demirtas, mais le président turc a balayé cette décision en estimant qu'elle n'était pas contraignante pour Ankara.

L'opposant kurde, qui a été condamné en septembre dernier à 4 ans et 8 mois de prison pour "propagande terroriste", est poursuivi dans de nombreux dossiers et encourt jusqu'à 142 ans de prison dans le cadre de son principal procès.

"Cette accélération extraordinaire n'est pas une coïncidence"

Dans un texte rédigé depuis la prison de haute sécurité d'Edirne (nord-ouest) et publié vendredi par le HDP, M. Demirtas accuse le gouvernement turc d'avoir accéléré la procédure en appel concernant sa condamnation pour "propagande terroriste".

Selon M. Demirtas, son dossier d'appel a été envoyé à un juge après l'arrêt de la CEDH alors que la procédure aurait dû prendre encore plusieurs mois. Cette "accélération extraordinaire (...) n'est pas une coïncidence", écrit-il.

Le but des autorités, selon M. Demirtas, est de "finir le travail" en obtenant le plus vite possible la confirmation en appel de sa condamnation à quatre ans et huit mois de prison pour "propagande terroriste".

Ce faisant, elles pourraient en théorie maintenir M. Demirtas en prison pour qu'il y purge cette peine, tout en levant techniquement la mesure de détention provisoire qui le vise dans le cadre de son autre procès et qui elle seule est visée par l'arrêt de la CEDH.

L'incarcération de M. Demirtas est régulièrement critiquée par les organisations de défense des droits de l'homme qui accusent M. Erdogan de chercher à étouffer toute voix d'opposition, en particulier depuis la tentative de coup d'Etat du 15 au 16 juillet 2016.

Après le coup de force, les autorités turques ont lancé des purges d'une ampleur sans précédent qui, au-delà des putschistes et de leurs partisans présumés, ont également visé les milieux prokurdes et la presse critique.

Lors d'une conférence de presse jeudi à Ankara avec le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a dit espérer que Selahattin Demirtas, un des principaux rivaux de M. Erdogan, serait "bientôt" libéré. Mme Mogherini "a un peu dépassé les bornes. Je le lui ai dit pendant notre entretien", a déclaré M. Cavusoglu lors d'un entretien à la chaîne CNN-Türk. Détenu depuis novembre 2016, Selahattin Demirtas, un charismatique orateur âgé de 45 ans, est une des figures de proue du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurdes). Mardi, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a sommé la Turquie de mettre fin à la détention provisoire de M. Demirtas, mais le président turc a balayé cette décision en estimant qu'elle n'était pas contraignante pour Ankara. L'opposant kurde, qui a été condamné en septembre dernier à 4 ans et 8 mois de prison pour "propagande terroriste", est poursuivi dans de nombreux dossiers et encourt jusqu'à 142 ans de prison dans le cadre de son principal procès.Dans un texte rédigé depuis la prison de haute sécurité d'Edirne (nord-ouest) et publié vendredi par le HDP, M. Demirtas accuse le gouvernement turc d'avoir accéléré la procédure en appel concernant sa condamnation pour "propagande terroriste". Selon M. Demirtas, son dossier d'appel a été envoyé à un juge après l'arrêt de la CEDH alors que la procédure aurait dû prendre encore plusieurs mois. Cette "accélération extraordinaire (...) n'est pas une coïncidence", écrit-il. Le but des autorités, selon M. Demirtas, est de "finir le travail" en obtenant le plus vite possible la confirmation en appel de sa condamnation à quatre ans et huit mois de prison pour "propagande terroriste". Ce faisant, elles pourraient en théorie maintenir M. Demirtas en prison pour qu'il y purge cette peine, tout en levant techniquement la mesure de détention provisoire qui le vise dans le cadre de son autre procès et qui elle seule est visée par l'arrêt de la CEDH. L'incarcération de M. Demirtas est régulièrement critiquée par les organisations de défense des droits de l'homme qui accusent M. Erdogan de chercher à étouffer toute voix d'opposition, en particulier depuis la tentative de coup d'Etat du 15 au 16 juillet 2016. Après le coup de force, les autorités turques ont lancé des purges d'une ampleur sans précédent qui, au-delà des putschistes et de leurs partisans présumés, ont également visé les milieux prokurdes et la presse critique.