Son but : une utopie proposée en réponse aux menaces liées à l'anthropocène. Ses alliées : les araignées. Au Palais de Tokyo elles sont un demi-millier à illustrer ses démonstrations. Dans un espace plongé dans le noir, voilà de grandes architectures construites à partir de rencontres fortuites entre différentes espèces d'arachnides que rien ne réunit naturellement et qui, au fil des jours, tissent des voiles inattendus dans l'espace aérien.

Ces géométries nouvelles et en progression constante révèlent deux réalités. D'abord, la possibilité de créer des formes nouvelles d'habitats à partir des interactions entre des agents hétérogènes et l'air. L'allégorie politique est à peine voilée à l'heure des mixages culturels nouveaux liés aux effets migratoires. Ensuite, la mise en évidence, par la traduction en sonorités des mouvements (liés au travail des araignées) du côté vivant de l'air dans lequel nous habitons et qui, dans d'autres séquences de l'exposition, mettent en relation les différents acteurs incluant le souffle et les déplacements des visiteurs, la poussière cosmique et la charge de particules de CO2 par exemple.

Il en découle une vision d'un écosystème méconnu dans lequel humains et non humains, l'infiniment petit et l'infiniment grand interagissent les uns avec les autres mais aussi des énergies nouvelles que l'artiste propose d'utiliser dans le futur : "Quand le souffle devient de l'air, les histoires invisibles qui composent la nature dont nous faisons partie nous invite à réinventer poétiquement nos manières d'habiter le monde - et d'être humains."

Avec Olafur Eliason, Tomas Saraceno est un de ces artistes visionnaires dont les spectaculaires démonstrations font peut-être plus pour les changements de paradigmes que bien des discours.

Palais de Tokyo. "On Air". Jusqu'au 6 janvier - 13, av du Président Wilson (16e) - Paris. www.palaisdetokyo.com

Son but : une utopie proposée en réponse aux menaces liées à l'anthropocène. Ses alliées : les araignées. Au Palais de Tokyo elles sont un demi-millier à illustrer ses démonstrations. Dans un espace plongé dans le noir, voilà de grandes architectures construites à partir de rencontres fortuites entre différentes espèces d'arachnides que rien ne réunit naturellement et qui, au fil des jours, tissent des voiles inattendus dans l'espace aérien. Ces géométries nouvelles et en progression constante révèlent deux réalités. D'abord, la possibilité de créer des formes nouvelles d'habitats à partir des interactions entre des agents hétérogènes et l'air. L'allégorie politique est à peine voilée à l'heure des mixages culturels nouveaux liés aux effets migratoires. Ensuite, la mise en évidence, par la traduction en sonorités des mouvements (liés au travail des araignées) du côté vivant de l'air dans lequel nous habitons et qui, dans d'autres séquences de l'exposition, mettent en relation les différents acteurs incluant le souffle et les déplacements des visiteurs, la poussière cosmique et la charge de particules de CO2 par exemple. Il en découle une vision d'un écosystème méconnu dans lequel humains et non humains, l'infiniment petit et l'infiniment grand interagissent les uns avec les autres mais aussi des énergies nouvelles que l'artiste propose d'utiliser dans le futur : "Quand le souffle devient de l'air, les histoires invisibles qui composent la nature dont nous faisons partie nous invite à réinventer poétiquement nos manières d'habiter le monde - et d'être humains." Avec Olafur Eliason, Tomas Saraceno est un de ces artistes visionnaires dont les spectaculaires démonstrations font peut-être plus pour les changements de paradigmes que bien des discours.