"L'île des Faisans est le plus petit condominium au monde et surtout le seul confié à la marine", explique, côté français, Boris Solin, ancien commandant de la marine à Bayonne (2012-2013) et, à ce titre, ancien vice-roi de l'île des Faisans. Un titre prestigieux porté en son temps par Pierre Loti, écrivain et officier de marine français (1850-1923).

"Depuis le traité de Bayonne de 1856, l'île est dirigée par deux vice-rois, le commandant de la marine nationale de Bordeaux (la base navale de l'Adour, plus proche, a fermé en 2015) et son homologue espagnol à Saint-Sébastien. Elle est sous autorité espagnole du 1 février au 31 juillet et sous autorité française du 1er août au 31 janvier", détaille M. Solin.

A Saint-Sébastien, c'est Luis Rodriguez Garat, commandant de la marine, qui a peaufiné la cérémonie de passation des pouvoirs du 31 juillet, "simple, à 7H30, en présence d'une dizaine de personnes", résume-t-il, regrettant que "la superficie de l'île rende difficile toute commémoration".

L'île est fermée au public. Elle accueille parfois des visiteurs pour les journées du patrimoine ou lors de signatures de traités locaux. "C'est dommage", regrette Boris Solin. "En 2012, nous avions réussi à réunir une cinquantaine de personnes pour la passation des pouvoirs. Je voulais une cérémonie avec du panache".

"Cette île est le symbole de la paix . +Faisans+ ne désigne pas le volatiles, mais +faiseurs de paix+. C'est ici que fut signé le traité des Pyrénées en 1656", mettant fin à la guerre entre les couronnes de France et d'Espagne, "et l'année suivante le contrat de mariage de l'Infante Marie-Thérèse avec Louis XIV".

- Valse d'infantes -

"Il faut imaginer ce que furent les tractations du traité de paix qui ont duré trois mois. Face au cardinal Mazarin, premier ministre de Louis XIV, Don Luis de Haro, premier ministre de Philippe IV d'Espagne. Ce fut une sorte de G7 ou plutôt de G2", raconte en souriant M. Solin.

"Un pavillon coupé en deux avait été érigé sur l'île avec un côté français, un côté espagnol, comme un concours entre royaumes", détaille-t-il. "On avait sorti les tentures d'Aubusson, les tapis en fil d'or. C'était +je t'en mets plein la vue, car c'est moi le plus fort !+".

"Ce fut un moment à grande portée historique attendu par toute l'Europe après des siècles de rivalités entre les deux royaumes", souligne l'historien Pedro Sanchez.

"L'île a été aussi le théâtre de bien des épisodes historiques", note-t-il. En 1526, François Ier, prisonnier de Charles Quint, y est libéré sur une barque en échange de ses deux fils.

En 1615, c'est l'échange des princesses, l'Infante Anne d'Autriche, fille de Philippe III d'Espagne promise à Louis XIII et Elizabeth, fille du roi de France Henri IV promise à Philippe IV d'Espagne.

En 1722, nouvel échange de princesses, Marie-Anne Victoire, infante d'Espagne, promise à Louis XV, roi de France, et Louise-Elizabeth d'Orléans, fille du Régent, promise au futur roi d'Espagne, Louis Ier.

L'infante a 3 ans et Louis XV en a 11 ! Mais qu'importe, les alliances sont plus importantes. Et quand elles se retourneront, Marie-Anne sera renvoyée chez elle à sept ans. Tant pis, elle épousera le roi du Portugal.

"L'île des Faisans est le plus petit condominium au monde et surtout le seul confié à la marine", explique, côté français, Boris Solin, ancien commandant de la marine à Bayonne (2012-2013) et, à ce titre, ancien vice-roi de l'île des Faisans. Un titre prestigieux porté en son temps par Pierre Loti, écrivain et officier de marine français (1850-1923)."Depuis le traité de Bayonne de 1856, l'île est dirigée par deux vice-rois, le commandant de la marine nationale de Bordeaux (la base navale de l'Adour, plus proche, a fermé en 2015) et son homologue espagnol à Saint-Sébastien. Elle est sous autorité espagnole du 1 février au 31 juillet et sous autorité française du 1er août au 31 janvier", détaille M. Solin.A Saint-Sébastien, c'est Luis Rodriguez Garat, commandant de la marine, qui a peaufiné la cérémonie de passation des pouvoirs du 31 juillet, "simple, à 7H30, en présence d'une dizaine de personnes", résume-t-il, regrettant que "la superficie de l'île rende difficile toute commémoration".L'île est fermée au public. Elle accueille parfois des visiteurs pour les journées du patrimoine ou lors de signatures de traités locaux. "C'est dommage", regrette Boris Solin. "En 2012, nous avions réussi à réunir une cinquantaine de personnes pour la passation des pouvoirs. Je voulais une cérémonie avec du panache"."Cette île est le symbole de la paix . +Faisans+ ne désigne pas le volatiles, mais +faiseurs de paix+. C'est ici que fut signé le traité des Pyrénées en 1656", mettant fin à la guerre entre les couronnes de France et d'Espagne, "et l'année suivante le contrat de mariage de l'Infante Marie-Thérèse avec Louis XIV"."Il faut imaginer ce que furent les tractations du traité de paix qui ont duré trois mois. Face au cardinal Mazarin, premier ministre de Louis XIV, Don Luis de Haro, premier ministre de Philippe IV d'Espagne. Ce fut une sorte de G7 ou plutôt de G2", raconte en souriant M. Solin."Un pavillon coupé en deux avait été érigé sur l'île avec un côté français, un côté espagnol, comme un concours entre royaumes", détaille-t-il. "On avait sorti les tentures d'Aubusson, les tapis en fil d'or. C'était +je t'en mets plein la vue, car c'est moi le plus fort !+"."Ce fut un moment à grande portée historique attendu par toute l'Europe après des siècles de rivalités entre les deux royaumes", souligne l'historien Pedro Sanchez."L'île a été aussi le théâtre de bien des épisodes historiques", note-t-il. En 1526, François Ier, prisonnier de Charles Quint, y est libéré sur une barque en échange de ses deux fils.En 1615, c'est l'échange des princesses, l'Infante Anne d'Autriche, fille de Philippe III d'Espagne promise à Louis XIII et Elizabeth, fille du roi de France Henri IV promise à Philippe IV d'Espagne.En 1722, nouvel échange de princesses, Marie-Anne Victoire, infante d'Espagne, promise à Louis XV, roi de France, et Louise-Elizabeth d'Orléans, fille du Régent, promise au futur roi d'Espagne, Louis Ier.L'infante a 3 ans et Louis XV en a 11 ! Mais qu'importe, les alliances sont plus importantes. Et quand elles se retourneront, Marie-Anne sera renvoyée chez elle à sept ans. Tant pis, elle épousera le roi du Portugal.