Ce "registre judiciaire antiterroriste" européen, entré en vigueur le 1er septembre, "centralise les informations judiciaires essentielles pour établir des liens dans les procédures visant les suspects d'infractions terroristes", a indiqué Eurojust.

"Alors que les terroristes opèrent de plus en plus au sein de réseaux transfrontaliers, l'UE doit faire la même chose", a expliqué le président d'Eurojust, Ladislav Hamran, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

L'UE avait posé les bases en 2005 d'un tel partage d'informations judiciaires, mais il n'avait alors pas fonctionné. Les choses ont changé à la suite des attentats du 13 novembre 2015 en France (130 morts), revendiqués par le groupe Etat islamique, a expliqué Frédéric Baab, ancien membre d'Eurojust pour la France et initiateur de ce registre.

L'enquête sur ces attentats avait mis au jour une cellule jihadiste ayant des ramifications à travers l'Europe, essentiellement en Belgique. Elle avait aussi frappé à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles le 22 mars 2016, y faisant 32 morts.

La France, l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas ont ensuite pris l'initiative de mettre en place un registre au sein d'Eurojust.

"L'expérience que nous avons acquise dans le cadre de l'affaire liée aux attentats terroristes du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis a montré la nécessité d'avoir un aperçu complet de toutes les procédures judiciaires en cours dans les Etats membres", a souligné M. Baab.

Les données contenues dans le registre sont régulièrement actualisées grâce à un système simplifié, même si elles sont limitées au minimum requis pour plusieurs pays européens, selon M. Hamran.

Le commissaire européen en charge de la Sécurité, Julian King, a estimé que ce registre pouvait être un "outil important" pour poursuivre en justice les combattants jihadistes européens arrêtés en Irak ou en Syrie.

Eurojust a précisé que le registre concernait "tous les types d'actes terroristes", "y compris de groupes d'extrême droite et d'extrême gauche en Europe", et qu'il était "centré sur les procédures judiciaires en cours et les condamnations prononcées dans les Etats membres".

"Il ne fera pas double emploi avec le travail d'analyse criminelle effectué par Europol", l'agence européenne de coopération entre les polices criminelles, a encore assuré Eurojust.