Le gouverneur de Lombardie, Attilio Fontana a d'ailleurs regretté un relâchement: "Malheureusement, aujourd'hui, (...), j'ai vu plus de gens et de voitures, comme si la relative et discrète bonne nouvelle de ces derniers jours, avait fait que nos concitoyens ne se sentent plus obligés de respecter les règles", a-t-il dit lors de son point de presse quotidien.

Son responsable de la santé, Giulio Gallera, a de son côté prévenu que ces efforts devront être maintenus "pendant de nombreux mois": "même quand nous aurons réussi à arrêter (le virus), le risque de reprise de la contagion sera très élevé".

Allègement 'très progressif'

En Calabre, le président de la région Jole Santelli a décidé de fermer une commune, Fabrizia, à la suite du nombre de cas enregistrés depuis plusieurs jours.

Les strictes limitations aux libertés des 60 millions d'Italiens sont en vigueur jusque vendredi. Mais les responsables ont prévenu qu'elles seraient prorogées.

Dans un entretien au quotidien espagnol El Pais, le Premier ministre Giuseppe Conte, a jugé "raisonnable de penser que nous sommes proches du pic" de contagion. Mais tout allègement des mesures "quand le comité scientifique dira que la courbe commence à descendre", devra être "très progressif", a-t-il prévenu.

La décision de limiter l'activité productive "est une mesure très dure économiquement", a-t-il reconnu. "C'est la dernière que nous ayons prise et elle ne peut pas trop se prolonger", a-t-il dit.

Citant la fédération nationale des ordres des médecins, l'agence italienne Agi a indiqué que 61 médecins avaient perdu la vie depuis l'arrivée de la pandémie en Italie.

Un confinement prolongé "au moins jusqu'à Pâques"

Le confinement imposé aux 60 millions d'Italiens depuis près de trois semaines, sera "prolongé au moins jusqu'à Pâques", a annoncé lundi soir le ministre italien de la Santé Roberto Speranza.

"Lors de la réunion du Comité scientifique et technique de ce matin, il a été estimé que toutes les mesures de confinement devraient être prolongées au moins jusqu'à Pâques. Le gouvernement va aller dans cette direction", a déclaré le ministre de la santé Roberto Speranza. Les fêtes de Pâques s'achèvent le lundi 13 avril, férié en Italie.

Un appel à l'Union européenne

Pilier et membre fondateur de l'Union européenne, l'Italie l'exhorte à se montrer à la hauteur des défis posés par la pandémie de Covid-19, sous peine de courir un risque mortel.

"Sans solidarité, les liens et les raisons d'être ensemble tombent à l'eau", prévient le président du Parlement européen, l'Italien David Sassoli qui, dans une interview au quotidien Corriere della Sera, veut rester optimiste: "il est également vrai (...) que l'Europe se forge à travers les crises qu'elle affronte".

"L'Europe peut devenir plus forte", a-t-il estimé, à condition "que nos pays comprennent qu'ils ne peuvent s'en sortir en s'engageant dans le chacun pour soi".

Un fossé sépare des pays du sud de l'Europe, comme l'Espagne et l'Italie, soutenus par la France, de ceux du nord, menés par les Pays-Bas et l'Allemagne.

Les premiers, les plus touchés jusqu'à présent par la pandémie et dotés de finances publiques fragiles, souhaitent un soutien financier massif de l'UE pour surmonter les conséquences sanitaires, économiques et sociales de la crise. Ils plaident pour une mutualisation des dettes des pays de la zone euro, qui pourraient prendre la forme de "corona bonds", ce que les pays du nord refusent.

"Je pense que certains pays n'ont pas perçu la mesure de la catastrophe qui nous guette et ne se rendent pas compte de la gravité de la situation pour leurs propres économies", a poursuivi M. Sassoli.

"Danger mortel"

Son cri d'alarme fait écho à celui de l'ex-président de la Commission européenne, le Français Jacques Delors: "Le climat qui semble régner entre les chefs d'Etat et de gouvernement et le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l'Union européenne."

"Le projet européen risque de sombrer. Il est clair que si les divergences économiques entre pays européens augmentent et si la crise accroît les différences entre divers pays européens, au lieu de (les) diminuer (...), il sera très difficile de maintenir en l'état le projet européen", a renchéri lundi le commissaire européen à l'Economie, l'Italien Paolo Gentiloni.

L'ancien chef du gouvernement italien souligne par ailleurs qu'une solution doit être trouvée "inévitablement à travers un dialogue avec l'Allemagne sans laquelle on ne trouvera pas un compromis".

"Malheureusement, dans la dynamique des rapports entre les Etats européens, c'est la clé de lecture des crises précédentes qui a pris le dessus. Le fait est que cette discussion, qui est absolument légitime, n'est pas adaptée à la situation que nous vivons", a ajouté M. Gentiloni.

Son raisonnement est repris par le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte dans une interview lundi au quotidien espagnol El Pais où il s'en prend aux pays qui "raisonnent avec un regard vieux, dépassé. Une approche inadéquate pour cette crise".

"Défi historique"

"Il ne s'agit pas d'une crise économique qui toucherait des pays moins vertueux que d'autres, c'est une crise sanitaire qui a explosé dans le domaine économique et social. C'est un défi historique pour toute l'Europe", dit-il.

Et pour éviter tout malentendu possible sur la mutualisation de la dette, il a martelé que "l'Italie ne demande pas le partage de sa dette publique accumulée. Cette dette restera à la charge de chaque pays", assure-t-il.

"C'est le moment d'introduire un instrument de dette commune européenne qui nous permettra de remporter cette guerre (contre le virus, ndlr) aussi vite que possible et de relancer l'économie" alors que l'Italie terminera 2020 en récession en raison de l'épidémie, a ajouté M. Conte dont le pays affiche la deuxième dette la plus élevée de l'UE après la Grèce.

Le porte-parole de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a cependant élevé lundi certaines objections à un tel instrument, qui pourraient se révéler insurmontables.

"Certains États membres ont souligné les contraintes spécifiques auxquelles ils sont confrontés lorsqu'ils discutent de l'émission d'euro-obligations, de +corona bonds+, etc.", a déclaré le porte-parole Eric Mamer.

"Ces contraintes sont là. Et nous ne pouvons pas simplement souhaiter qu'elles disparaissent", a-t-il ajouté.

Un sommet de l'UE s'est terminé sans résultat jeudi et a renvoyé à deux semaines une éventuelle prise de décision.

Le gouverneur de Lombardie, Attilio Fontana a d'ailleurs regretté un relâchement: "Malheureusement, aujourd'hui, (...), j'ai vu plus de gens et de voitures, comme si la relative et discrète bonne nouvelle de ces derniers jours, avait fait que nos concitoyens ne se sentent plus obligés de respecter les règles", a-t-il dit lors de son point de presse quotidien.Son responsable de la santé, Giulio Gallera, a de son côté prévenu que ces efforts devront être maintenus "pendant de nombreux mois": "même quand nous aurons réussi à arrêter (le virus), le risque de reprise de la contagion sera très élevé".En Calabre, le président de la région Jole Santelli a décidé de fermer une commune, Fabrizia, à la suite du nombre de cas enregistrés depuis plusieurs jours. Les strictes limitations aux libertés des 60 millions d'Italiens sont en vigueur jusque vendredi. Mais les responsables ont prévenu qu'elles seraient prorogées. Dans un entretien au quotidien espagnol El Pais, le Premier ministre Giuseppe Conte, a jugé "raisonnable de penser que nous sommes proches du pic" de contagion. Mais tout allègement des mesures "quand le comité scientifique dira que la courbe commence à descendre", devra être "très progressif", a-t-il prévenu. La décision de limiter l'activité productive "est une mesure très dure économiquement", a-t-il reconnu. "C'est la dernière que nous ayons prise et elle ne peut pas trop se prolonger", a-t-il dit. Citant la fédération nationale des ordres des médecins, l'agence italienne Agi a indiqué que 61 médecins avaient perdu la vie depuis l'arrivée de la pandémie en Italie. Le confinement imposé aux 60 millions d'Italiens depuis près de trois semaines, sera "prolongé au moins jusqu'à Pâques", a annoncé lundi soir le ministre italien de la Santé Roberto Speranza. "Lors de la réunion du Comité scientifique et technique de ce matin, il a été estimé que toutes les mesures de confinement devraient être prolongées au moins jusqu'à Pâques. Le gouvernement va aller dans cette direction", a déclaré le ministre de la santé Roberto Speranza. Les fêtes de Pâques s'achèvent le lundi 13 avril, férié en Italie.Pilier et membre fondateur de l'Union européenne, l'Italie l'exhorte à se montrer à la hauteur des défis posés par la pandémie de Covid-19, sous peine de courir un risque mortel."Sans solidarité, les liens et les raisons d'être ensemble tombent à l'eau", prévient le président du Parlement européen, l'Italien David Sassoli qui, dans une interview au quotidien Corriere della Sera, veut rester optimiste: "il est également vrai (...) que l'Europe se forge à travers les crises qu'elle affronte"."L'Europe peut devenir plus forte", a-t-il estimé, à condition "que nos pays comprennent qu'ils ne peuvent s'en sortir en s'engageant dans le chacun pour soi".Un fossé sépare des pays du sud de l'Europe, comme l'Espagne et l'Italie, soutenus par la France, de ceux du nord, menés par les Pays-Bas et l'Allemagne.Les premiers, les plus touchés jusqu'à présent par la pandémie et dotés de finances publiques fragiles, souhaitent un soutien financier massif de l'UE pour surmonter les conséquences sanitaires, économiques et sociales de la crise. Ils plaident pour une mutualisation des dettes des pays de la zone euro, qui pourraient prendre la forme de "corona bonds", ce que les pays du nord refusent."Je pense que certains pays n'ont pas perçu la mesure de la catastrophe qui nous guette et ne se rendent pas compte de la gravité de la situation pour leurs propres économies", a poursuivi M. Sassoli. Son cri d'alarme fait écho à celui de l'ex-président de la Commission européenne, le Français Jacques Delors: "Le climat qui semble régner entre les chefs d'Etat et de gouvernement et le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l'Union européenne.""Le projet européen risque de sombrer. Il est clair que si les divergences économiques entre pays européens augmentent et si la crise accroît les différences entre divers pays européens, au lieu de (les) diminuer (...), il sera très difficile de maintenir en l'état le projet européen", a renchéri lundi le commissaire européen à l'Economie, l'Italien Paolo Gentiloni.L'ancien chef du gouvernement italien souligne par ailleurs qu'une solution doit être trouvée "inévitablement à travers un dialogue avec l'Allemagne sans laquelle on ne trouvera pas un compromis"."Malheureusement, dans la dynamique des rapports entre les Etats européens, c'est la clé de lecture des crises précédentes qui a pris le dessus. Le fait est que cette discussion, qui est absolument légitime, n'est pas adaptée à la situation que nous vivons", a ajouté M. Gentiloni.Son raisonnement est repris par le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte dans une interview lundi au quotidien espagnol El Pais où il s'en prend aux pays qui "raisonnent avec un regard vieux, dépassé. Une approche inadéquate pour cette crise"."Il ne s'agit pas d'une crise économique qui toucherait des pays moins vertueux que d'autres, c'est une crise sanitaire qui a explosé dans le domaine économique et social. C'est un défi historique pour toute l'Europe", dit-il.Et pour éviter tout malentendu possible sur la mutualisation de la dette, il a martelé que "l'Italie ne demande pas le partage de sa dette publique accumulée. Cette dette restera à la charge de chaque pays", assure-t-il."C'est le moment d'introduire un instrument de dette commune européenne qui nous permettra de remporter cette guerre (contre le virus, ndlr) aussi vite que possible et de relancer l'économie" alors que l'Italie terminera 2020 en récession en raison de l'épidémie, a ajouté M. Conte dont le pays affiche la deuxième dette la plus élevée de l'UE après la Grèce.Le porte-parole de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a cependant élevé lundi certaines objections à un tel instrument, qui pourraient se révéler insurmontables. "Certains États membres ont souligné les contraintes spécifiques auxquelles ils sont confrontés lorsqu'ils discutent de l'émission d'euro-obligations, de +corona bonds+, etc.", a déclaré le porte-parole Eric Mamer."Ces contraintes sont là. Et nous ne pouvons pas simplement souhaiter qu'elles disparaissent", a-t-il ajouté.Un sommet de l'UE s'est terminé sans résultat jeudi et a renvoyé à deux semaines une éventuelle prise de décision.