La Commission européenne a présenté sa très attendue proposition de loi climat, appelée à ancrer juridiquement l'objectif d'une Union européenne climatiquement neutre en 2050. La future loi climat "apportera de la prévisibilité et de la transparence à l'industrie et aux investisseurs européens. Elle imprimera une orientation à notre stratégie de croissance verte et garantira que la transition sera progressive et équitable", a souligné la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Objectif "zéro émission"

Lorsque cette loi verra le jour après son adoption au Parlement et au Conseil (États membres), elle obligera les institutions européennes et les États membres à prendre les mesures nécessaires pour rencontrer l'objectif de "zéro émission nette" de gaz à effet de serre, qui sont le moteur du réchauffement climatique. Cette proposition législative comprend des mesures pour suivre les progrès et ajuster les actions en conséquence, conformément à l'exercice de bilan mondial de l'Accord de Paris. En septembre 2023 au plus tard, et tous les cinq ans par la suite, la Commission évaluera la cohérence des mesures nationales et de l'UE au regard de l'objectif de neutralité climatique et d'une nouvelle trajectoire pour 2030-2050.

Ursula von der Leyen, AFP
Ursula von der Leyen © AFP

L'immense majorité des Etats membres a déjà fait part de son adhésion à l'ambition 2050. Seule la Pologne, qui tire encore 80% de son électricité du charbon, avait signalé qu'il lui était impossible pour l'instant de donner son blanc-seing. La Commission n'a cependant pas fixé dès ce mercredi d'objectifs pour 2030. Elle se contente d'annoncer une nouvelle proposition avant juin 2021, une fois terminée une analyse d'impact en septembre. Cette proposition devrait indiquer comment la Commission entend renforcer l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à -50% voire à -55% par rapport à leur niveau de 1990, alors que cet objectif est actuellement à -40%.

Fustigé par Greta Thunberg

Avant même sa publication, le texte a été vertement critiqué par la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, qui était reçue en matinée par l'exécutif européen avant de débattre dans l'après-midi avec le Parlement. "Des émissions nettes nulles d'ici 2050 pour l'UE, cela équivaut à une capitulation", a-t-elle écrit dans une lettre ouverte avec 33 autres jeunes activistes pour le climat. "Cela signifie abandonner. Nous n'avons pas seulement besoin d'objectifs pour 2030 ou 2050. Nous en avons surtout besoin pour 2020 et tous les mois et années à venir", selon les rédacteurs de cette lettre parue sur le site environnemental CarbonBrief.

"Des émissions nettes nulles d'ici 2050 pour l'UE, cela équivaut à une capitulation" - Greta Thunberg

La militante écologiste a également critiqué l'Union européenne, qui "prétend" être un "leader" sur le changement climatique, l'accusant de poursuivre une politique favorable aux énergies fossiles, lors d'une intervention à Bruxelles devant les eurodéputés."Vous êtes ici à essayer de créer des lois et des politiques (...) en prétendant que vous pouvez être un leader en matière de climat, tout en continuant à construire et à subventionner de nouvelles infrastructures pour les combustibles fossiles", a-t-elle affirmé debout face aux eurodéputées. "Il faut mettre un terme à cette situation", a tranché l'adolescente, sourcils froncés, en pull gris bleu.

Elle a qualifié la loi "climat" de la Commission de "capitulation", jugeant qu'elle envoyait le signal "qu'une action réelle et suffisante était en cours, alors qu'en fait, ce n'est pas le cas". "Nous sommes toujours dans une crise qui n'a jamais été traitée comme une crise", a-t-elle dit. Or, a-t-elle lancé aux députés, "vous avez l'obligation" d'agir.

Pas suffisant

Dans une autre lettre ouverte, douze Etats membres - dont la France, l'Italie et l'Espagne, les pays scandinaves, ou encore l'Autriche, les Pays-Bas et le Luxembourg - ont réclamé un calendrier plus resserré, avec une proposition chiffrée "aussi tôt que possible et avant juin 2020". Les Verts européens plaident quant à eux pour -65% d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. "En l'état, cette loi programme l'échec du Pacte vert", selon le co-président du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, Philippe Lamberts. Le Belge déplore qu'en proposant d'attendre septembre pour réévaluer ses objectifs 2030 de réduction des émissions, la Commission "compromet les chances d'entraîner des pays clés à rehausser leurs propres objectifs" lors de la conférence des Nations unies sur le climat en novembre prochain, à Glasgow (COP26).

"Nous avons mis pas mal de pression sur nos services pour agir rapidement. Mais pour aller en profondeur, ils ne peuvent rien présenter avant fin de l'été ou mi-septembre. Je respecte ce besoin de temps", a défendu le vice-président de la Commission Frans Timmermans, en charge du Pacte vert. Des Etats membres n'ont même pas encore présenté leur plan national Energie-Climat, a-t-il rappelé. Quant aux critiques de Greta Thunberg, le dirigeant les explique par une différence de méthode choisie par la Commission par rapport au "budget carbone" défendu par la jeune Suédoise, à savoir une quantité maximale de CO2 que l'on peut encore émettre. "Nous sommes plus optimistes qu'elle envers les technologies émergentes pour parvenir aux objectifs. C'est finalement la différence principale entre nous. Mais sans elle, et la manière dont elle a réussi à mobiliser des générations de jeunes dans le monde, nous ne serions pas en train de discuter de la loi climat aujourd'hui", a commenté M. Timmermans.

La Commission européenne a présenté sa très attendue proposition de loi climat, appelée à ancrer juridiquement l'objectif d'une Union européenne climatiquement neutre en 2050. La future loi climat "apportera de la prévisibilité et de la transparence à l'industrie et aux investisseurs européens. Elle imprimera une orientation à notre stratégie de croissance verte et garantira que la transition sera progressive et équitable", a souligné la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Lorsque cette loi verra le jour après son adoption au Parlement et au Conseil (États membres), elle obligera les institutions européennes et les États membres à prendre les mesures nécessaires pour rencontrer l'objectif de "zéro émission nette" de gaz à effet de serre, qui sont le moteur du réchauffement climatique. Cette proposition législative comprend des mesures pour suivre les progrès et ajuster les actions en conséquence, conformément à l'exercice de bilan mondial de l'Accord de Paris. En septembre 2023 au plus tard, et tous les cinq ans par la suite, la Commission évaluera la cohérence des mesures nationales et de l'UE au regard de l'objectif de neutralité climatique et d'une nouvelle trajectoire pour 2030-2050. L'immense majorité des Etats membres a déjà fait part de son adhésion à l'ambition 2050. Seule la Pologne, qui tire encore 80% de son électricité du charbon, avait signalé qu'il lui était impossible pour l'instant de donner son blanc-seing. La Commission n'a cependant pas fixé dès ce mercredi d'objectifs pour 2030. Elle se contente d'annoncer une nouvelle proposition avant juin 2021, une fois terminée une analyse d'impact en septembre. Cette proposition devrait indiquer comment la Commission entend renforcer l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à -50% voire à -55% par rapport à leur niveau de 1990, alors que cet objectif est actuellement à -40%. Avant même sa publication, le texte a été vertement critiqué par la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, qui était reçue en matinée par l'exécutif européen avant de débattre dans l'après-midi avec le Parlement. "Des émissions nettes nulles d'ici 2050 pour l'UE, cela équivaut à une capitulation", a-t-elle écrit dans une lettre ouverte avec 33 autres jeunes activistes pour le climat. "Cela signifie abandonner. Nous n'avons pas seulement besoin d'objectifs pour 2030 ou 2050. Nous en avons surtout besoin pour 2020 et tous les mois et années à venir", selon les rédacteurs de cette lettre parue sur le site environnemental CarbonBrief.La militante écologiste a également critiqué l'Union européenne, qui "prétend" être un "leader" sur le changement climatique, l'accusant de poursuivre une politique favorable aux énergies fossiles, lors d'une intervention à Bruxelles devant les eurodéputés."Vous êtes ici à essayer de créer des lois et des politiques (...) en prétendant que vous pouvez être un leader en matière de climat, tout en continuant à construire et à subventionner de nouvelles infrastructures pour les combustibles fossiles", a-t-elle affirmé debout face aux eurodéputées. "Il faut mettre un terme à cette situation", a tranché l'adolescente, sourcils froncés, en pull gris bleu.Elle a qualifié la loi "climat" de la Commission de "capitulation", jugeant qu'elle envoyait le signal "qu'une action réelle et suffisante était en cours, alors qu'en fait, ce n'est pas le cas". "Nous sommes toujours dans une crise qui n'a jamais été traitée comme une crise", a-t-elle dit. Or, a-t-elle lancé aux députés, "vous avez l'obligation" d'agir. Dans une autre lettre ouverte, douze Etats membres - dont la France, l'Italie et l'Espagne, les pays scandinaves, ou encore l'Autriche, les Pays-Bas et le Luxembourg - ont réclamé un calendrier plus resserré, avec une proposition chiffrée "aussi tôt que possible et avant juin 2020". Les Verts européens plaident quant à eux pour -65% d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. "En l'état, cette loi programme l'échec du Pacte vert", selon le co-président du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, Philippe Lamberts. Le Belge déplore qu'en proposant d'attendre septembre pour réévaluer ses objectifs 2030 de réduction des émissions, la Commission "compromet les chances d'entraîner des pays clés à rehausser leurs propres objectifs" lors de la conférence des Nations unies sur le climat en novembre prochain, à Glasgow (COP26). "Nous avons mis pas mal de pression sur nos services pour agir rapidement. Mais pour aller en profondeur, ils ne peuvent rien présenter avant fin de l'été ou mi-septembre. Je respecte ce besoin de temps", a défendu le vice-président de la Commission Frans Timmermans, en charge du Pacte vert. Des Etats membres n'ont même pas encore présenté leur plan national Energie-Climat, a-t-il rappelé. Quant aux critiques de Greta Thunberg, le dirigeant les explique par une différence de méthode choisie par la Commission par rapport au "budget carbone" défendu par la jeune Suédoise, à savoir une quantité maximale de CO2 que l'on peut encore émettre. "Nous sommes plus optimistes qu'elle envers les technologies émergentes pour parvenir aux objectifs. C'est finalement la différence principale entre nous. Mais sans elle, et la manière dont elle a réussi à mobiliser des générations de jeunes dans le monde, nous ne serions pas en train de discuter de la loi climat aujourd'hui", a commenté M. Timmermans.