Un des assaillants, armé d'un fusil d'assaut et d'une ceinture d'explositfs factice, a été tué par la police. Il s'agit d'"un sympathisant" du groupe djihadiste Etat islamique, selon les indices recueillis dans son logement, a précisé le gouvernement. "C'est une personne radicalisée qui se sentait proche de l'EI", a déclaré Karl Nehammer lors d'une conférence de presse. Le domicile du suspect a été perquisitionné.

"Nous ne pouvons pas exclure qu'il y ait d'autres auteurs", a averti le ministre de l'intérieur.

Hélicoptères et cordons de police, la ville a été bouclée pour retrouver d'éventuels autres suspects. Les enquêteurs tentent de déterminer s'il est possible qu'il n'y en ait eu qu'un seul, alors que les tirs ont eu lieu en différents endroits. La ville de Vienne s'est rapidement muée en zone retranchée, tandis que le chancelier Kurz condamnait "une attaque terroriste répugnante".

"Au moins un suspect se trouve en fuite", avait auparavant déclaré le ministre autrichien de l'Intérieur, Karl Nehammer.

Le bilan des victimes des fusillades a par ailleurs été revu à la hausse: deux hommes et deux femme sont décédés, selon les derniers éléments fournis par la police. L'attaque a donc fait au moins quatre morts. Un assaillant a été tué par la police. La quatrième victime, une femme âgée entre 40 et 50 ans, est décédée à l'hôpital, précise DPA.

La première victime est un passant et la deuxième une femme décédée des suites de ses blessures, selon des déclarations à ORF du maire de Vienne, Michael Ludwig, qui a aussi fait état de 15 personnes hospitalisées, dont sept dans un état grave.

Les tirs ont éclaté en début de soirée, à quelques heures de l'entrée en vigueur d'un reconfinement de l'Autriche pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

Le drame s'est déroulé en plein coeur de la capitale autrichienne, près d'une importante synagogue et de l'Opéra. "A ce stade, il n'est pas possible de dire si la synagogue" était la cible des tireurs, a déclaré Oskar Deutsch, le président de la communauté israélite de Vienne (IKG).

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"Au moins 50 coups de feu"

En tout, "six lieux différents" ont été visés par les tirs, selon la police.

Des témoins ont raconté avoir vu un homme tirer "comme un fou" avec une arme automatique. "On aurait dit des pétards, puis on a réalisé qu'il s'agissait de coups de feu", a expliqué l'un d'eux sur la chaîne de télévision publique ORF.

Un témoin interrogé à la télévision a dit avoir vu "une personne courir avec une arme automatique", un autre faisant état d'"au moins 50 coups de feu".

La stupeur s'est aussitôt installée dans les restaurants et les bars du quartier, où les clients ont été priés de rester à l'intérieur, lumières éteintes, pendant que les sirènes des ambulances hurlaient à l'extérieur.

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"Restez à la maison!"

Le ministre de l'Intérieur a appelé les habitants à être prudents et à rester chez eux. "Restez à la maison! Si vous êtes dehors, réfugiez-vous quelque part! Restez loin des lieux publics, n'utilisez pas les transports!", a lancé la police sur son compte Twitter.

Des policiers et des soldats ont été mobilisés pour protéger les bâtiments importants de la capitale, et les enfants ont été dispensés d'école mardi.

"Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens", a affirmé le chancelier Kurz.

Climat tendu en Europe

Cet attentat, dans une ville où la criminalité est habituellement très faible, intervient dans un climat très tendu en Europe.

En France, trois personnes ont été tuées jeudi dans une attaque au couteau à la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de Nice (sud-est) par un jeune Tunisien récemment arrivé en Europe.

Quelques jours auparavant, la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans un cours sur la liberté d'expression, avait choqué en France et au-delà.

L'Autriche avait été jusqu'ici été relativement épargnée par la vague d'attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années.

En mars 2018, un jeune homme, symphatisant islamiste selon la police, avait attaqué au couteau un membre des forces de l'ordre devant l'ambassade d'Iran à Vienne avant d'être abattu.

En juin 2017, un homme né en Tunisie avait tué un couple âgé à Linz. Il avait déclaré avoir voulu faire un exemple car il se sentait discriminé en tant qu'étranger et musulman.

Avec l'AFP et Belga

Les réactions

L'attentat a suscité de nombreuses condamnations à travers le monde.

Autriche

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a condamné lundi soir "une attaque terroriste répugnante". "Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens", a-t-il écrit sur Twitter, disant ses pensées pour "les victimes, les blessés et leurs proches".

Union européenne

"L'Europe condamne avec force cet acte lâche qui viole la vie et nos valeurs humaines. Mes pensées vont aux victimes et aux habitants de Vienne après l'horrible attaque de ce soir. Nous sommes aux côtés de l'Autriche", a tweeté le président du Conseil européen, Charles Michel, qui représente les 27.

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, s'est dite "choquée et attristée" sur le même réseau social. "Mes pensées vont aux familles des victimes et au peuple autrichien. L'Europe est totalement solidaire de l'Autriche. Nous sommes plus forts que la haine et la terreur".

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, s'est dit "choqué et ému" par ces "attaques", jugeant sur Twitter qu'il s'agissait d'"un acte de lâcheté, de violence et de haine". "Mes pensées vont aux victimes et à leurs familles ainsi qu'aux citoyens de Vienne. Nous sommes à vos côtés", a-t-il ajouté.

"Partout sur notre continent, nous sommes unis contre la violence et la haine", a pour sa part tweeté le président du Parlement européen, l'Italien David Sassoli.

Etats-Unis

"Ces attaques du mal contre des innocents doivent s'arrêter", a déclaré le président américain Donald Trump. "Les Etats-Unis se tiennent aux côté de l'Autriche, de la France, et de l'Europe toute entière dans le combat contre les terroristes, dont les terroristes islamiques radicaux", a-t-il dit.

Allemagne

"Nous ne devons pas céder à la haine qui cherche à diviser nos sociétés", a déclaré le ministère allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. "Même si l'ampleur des actes terroristes n'est pas encore déterminée, nos pensées sont avec les blessés et les victimes en ces heures difficiles", a tweeté le ministère allemand, évoquant des "nouvelles épouvantables et bouleversantes" en provenance de Vienne.

Belgique

Choqué et attristé par l'attaque terroriste horrifiante à Vienne ce soir. (...) Nous ne céderons pas à la terreur", a tweeté le Premier ministre Alexander De Croo.

France

"Nous, Français, partageons le choc et la peine du peuple autrichien frappé ce soir par un attentat au coeur de sa capitale, Vienne. Après la France, c'est un pays ami qui est attaqué. C'est notre Europe. Nos ennemis doivent savoir à qui ils ont affaire. Nous ne céderons rien", a tweeté le président français Emmanuel Macron, en français puis en allemand.

Italie

Le Premier ministre italien a "fermement condamné" lundi les fusillades: "Il n'y a pas de place pour la haine et la violence dans notre maison européenne commune", a indiqué Giuseppe Conte sur Twitter en italien et en allemand.

Espagne

Tweet du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez: "Attentif aux informations qui arrivent de Vienne dans une nuit de douleur face à une nouvelle attaque insensée. La haine ne fera pas plier nos sociétés. L'Europe restera ferme contre le terrorisme. Notre affection pour les familles des victimes et notre solidarité avec le peuple autrichien".

Royaume-Uni

Tweet de Boris Johnson, le Premier ministre britannique: "Je suis profondément choqué par les terribles attentats de Vienne ce soir. Les pensées du Royaume-Uni vont au peuple autrichien - nous sommes unis avec vous contre le terrorisme".

Grèce

Tweet du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis: "Choqué par les horribles attaques de #Vienne. J'ai transmis à @sebastiankurz notre pleine solidarité. Nos pensées vont aux habitants de Vienne et aux autorités chargées de faire face à la situation. Nos coeurs avec les victimes et leurs proches. L'Europe se tient unie face à la terreur".

République tchèque

Le Premier ministre Andrej Babis a exprimé sur Twitter sa "solidarité" avec les Autrichiens. "Je suis horrifié" par l'attaque de Vienne "et je veux exprimer ma solidarité à tout le peuple autrichien et à mon ami Sebastian Kurz", a-t-il déclaré.

Australie

Le Premier ministre australien Scott Morrisson s'est déclaré "profondément choqué par les épouvantables attaques terroristes" de Vienne. Il indique qu'il a contacté le Premier ministre Sebastian Kurz "pour lui transmettre nos pensées, nos condoléances et notre soutien au peuple autrichien".

Canada

Tweet du Premier ministre canadien Justin Trudeau: "La fusillade d'aujourd'hui (dimanche) à Vienne est horrible et bouleversante. Nous condamnons fermement cet acte de terrorisme. Nos pensées vont au peuple autrichien et à toutes les personnes touchées par cet acte déplorable".

Un des assaillants, armé d'un fusil d'assaut et d'une ceinture d'explositfs factice, a été tué par la police. Il s'agit d'"un sympathisant" du groupe djihadiste Etat islamique, selon les indices recueillis dans son logement, a précisé le gouvernement. "C'est une personne radicalisée qui se sentait proche de l'EI", a déclaré Karl Nehammer lors d'une conférence de presse. Le domicile du suspect a été perquisitionné. "Nous ne pouvons pas exclure qu'il y ait d'autres auteurs", a averti le ministre de l'intérieur. Hélicoptères et cordons de police, la ville a été bouclée pour retrouver d'éventuels autres suspects. Les enquêteurs tentent de déterminer s'il est possible qu'il n'y en ait eu qu'un seul, alors que les tirs ont eu lieu en différents endroits. La ville de Vienne s'est rapidement muée en zone retranchée, tandis que le chancelier Kurz condamnait "une attaque terroriste répugnante"."Au moins un suspect se trouve en fuite", avait auparavant déclaré le ministre autrichien de l'Intérieur, Karl Nehammer. Le bilan des victimes des fusillades a par ailleurs été revu à la hausse: deux hommes et deux femme sont décédés, selon les derniers éléments fournis par la police. L'attaque a donc fait au moins quatre morts. Un assaillant a été tué par la police. La quatrième victime, une femme âgée entre 40 et 50 ans, est décédée à l'hôpital, précise DPA. La première victime est un passant et la deuxième une femme décédée des suites de ses blessures, selon des déclarations à ORF du maire de Vienne, Michael Ludwig, qui a aussi fait état de 15 personnes hospitalisées, dont sept dans un état grave.Les tirs ont éclaté en début de soirée, à quelques heures de l'entrée en vigueur d'un reconfinement de l'Autriche pour lutter contre la pandémie de coronavirus.Le drame s'est déroulé en plein coeur de la capitale autrichienne, près d'une importante synagogue et de l'Opéra. "A ce stade, il n'est pas possible de dire si la synagogue" était la cible des tireurs, a déclaré Oskar Deutsch, le président de la communauté israélite de Vienne (IKG).En tout, "six lieux différents" ont été visés par les tirs, selon la police.Des témoins ont raconté avoir vu un homme tirer "comme un fou" avec une arme automatique. "On aurait dit des pétards, puis on a réalisé qu'il s'agissait de coups de feu", a expliqué l'un d'eux sur la chaîne de télévision publique ORF.Un témoin interrogé à la télévision a dit avoir vu "une personne courir avec une arme automatique", un autre faisant état d'"au moins 50 coups de feu".La stupeur s'est aussitôt installée dans les restaurants et les bars du quartier, où les clients ont été priés de rester à l'intérieur, lumières éteintes, pendant que les sirènes des ambulances hurlaient à l'extérieur. Le ministre de l'Intérieur a appelé les habitants à être prudents et à rester chez eux. "Restez à la maison! Si vous êtes dehors, réfugiez-vous quelque part! Restez loin des lieux publics, n'utilisez pas les transports!", a lancé la police sur son compte Twitter.Des policiers et des soldats ont été mobilisés pour protéger les bâtiments importants de la capitale, et les enfants ont été dispensés d'école mardi."Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens", a affirmé le chancelier Kurz.Cet attentat, dans une ville où la criminalité est habituellement très faible, intervient dans un climat très tendu en Europe. En France, trois personnes ont été tuées jeudi dans une attaque au couteau à la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de Nice (sud-est) par un jeune Tunisien récemment arrivé en Europe.Quelques jours auparavant, la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans un cours sur la liberté d'expression, avait choqué en France et au-delà.L'Autriche avait été jusqu'ici été relativement épargnée par la vague d'attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années.En mars 2018, un jeune homme, symphatisant islamiste selon la police, avait attaqué au couteau un membre des forces de l'ordre devant l'ambassade d'Iran à Vienne avant d'être abattu.En juin 2017, un homme né en Tunisie avait tué un couple âgé à Linz. Il avait déclaré avoir voulu faire un exemple car il se sentait discriminé en tant qu'étranger et musulman.Avec l'AFP et Belga