Près des deux tiers (66,3% selon une estimation à 17H00 GMT) des quelque 48 millions d'électeurs ne se sont pas exprimés, à peine moins que la semaine dernière qui avait marqué un record pour des élections depuis le début de la Ve République, en 1958.

Les bureaux de vote ont fermé à 18H00 GMT.

"Je viens voter, mais ça ne sert à rien", résumait à Strasbourg (est) Hugues Hubert, 66 ans, un retraité du secteur du transport, maillot de foot sur les épaules, et dont aucun des trois enfants ne se déplacera. "Voter pour la présidentielle, d'accord, mais pour les départementales, on ne sait rien. Que vont faire les candidats ? Aucune idée".

Au-delà de cet enseignement sur la démocratie française, ce second tour a confirmé l'échec des partis de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron et le sursaut des partis traditionnels installés de longue date dans le paysage politique local, permettant aux barons de la droite et de la gauche d'affirmer que le suspens est relancé pour la présidentielle de 2022.

Tous les présidents de régions sortants ont d'ailleurs été réélus.

L'extrême droite (Rassemblement national, RN) de Marine Le Pen ne remporte pas la seule région pour laquelle il avait une chance, celle de Provence-Alpes Côte d'Azur (Paca, sud-est), qui reste à la droite traditionnelle (Les Républicains, LR).

"Ce soir, nous ne prendrons pas de région", a admis Marine Le Pen, évoquant une "crise profonde de la démocratie locale". "La mobilisation est la clé des victoires à venir", a-t-elle prévenu avec la présidentielle en ligne de mire.

"Déception" du parti de Macron

Du côté de la majorité présidentielle (La République en marche, LREM), la journée est également maussade avec, comme prévu, aucune région gagnée.

C'est une "déception pour la majorité présidentielle", a admis Stanislas Guerini, le délégué général de LREM.

Ces deux partis manquent d'ancrage territorial par rapport à la droite ou la gauche modérée, alliée à l'extrême gauche et aux écologistes.

Ces partis "traditionnels" avaient un peu disparu du paysage médiatique ces dernières années, après l'élection surprise du centriste Emmanuel Macron à la présidence en 2017, ayant grignoté tant l'électorat de droite que de gauche.

Plusieurs ténors de la droite vont désormais prendre le vent de leur victoire aux régionales pour affirmer que les cartes de présidentielle peuvent être rebattues alors que les sondeurs prédisent une finale Macron/Le Pen.

"Maintenant, tout le monde a compris que la présidentielle est désormais un match à trois. Le match à deux a du plomb dans l'aile", a estimé Xavier Bertrand, ancien ministre LR vainqueur dans la région des Hauts-de-France (Nord) et déjà candidat pour 2022.

La gagnante de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, et celui de la région Auvergne-Rhône Alpes (centre), Laurent Wauquiez, vont aussi se positionner.

En face, les sortants de gauche l'emportent aussi dans plusieurs régions avec des alliances entre écologistes, socialistes et Insoumis (extrême gauche). Mais aucun des élus de dimanche n'est sur les rangs pour concourir à la présidentielle et les chefs des partis ne sont pas d'accord pour une candidature unique.

Ce retour en force du clivage gauche/droite doit toutefois être analysé avec prudence et rien ne dit que le duel Macron/Le Pen pour la présidentielle sera remis en cause.

"Les partis traditionnels bénéficient du grand maillage territorial qu'ils ont maintenu. Le clivage gauche/droite persiste au niveau des institutions locales mais n'a pas de traduction pour l'instant au niveau national", estimait avant le scrutin Jérôme Sainte-Marie, le président de l'institut de sondage PollingVox.

fz/lp/lb

© Agence France-Presse

Près des deux tiers (66,3% selon une estimation à 17H00 GMT) des quelque 48 millions d'électeurs ne se sont pas exprimés, à peine moins que la semaine dernière qui avait marqué un record pour des élections depuis le début de la Ve République, en 1958. Les bureaux de vote ont fermé à 18H00 GMT."Je viens voter, mais ça ne sert à rien", résumait à Strasbourg (est) Hugues Hubert, 66 ans, un retraité du secteur du transport, maillot de foot sur les épaules, et dont aucun des trois enfants ne se déplacera. "Voter pour la présidentielle, d'accord, mais pour les départementales, on ne sait rien. Que vont faire les candidats ? Aucune idée".Au-delà de cet enseignement sur la démocratie française, ce second tour a confirmé l'échec des partis de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron et le sursaut des partis traditionnels installés de longue date dans le paysage politique local, permettant aux barons de la droite et de la gauche d'affirmer que le suspens est relancé pour la présidentielle de 2022.Tous les présidents de régions sortants ont d'ailleurs été réélus. L'extrême droite (Rassemblement national, RN) de Marine Le Pen ne remporte pas la seule région pour laquelle il avait une chance, celle de Provence-Alpes Côte d'Azur (Paca, sud-est), qui reste à la droite traditionnelle (Les Républicains, LR)."Ce soir, nous ne prendrons pas de région", a admis Marine Le Pen, évoquant une "crise profonde de la démocratie locale". "La mobilisation est la clé des victoires à venir", a-t-elle prévenu avec la présidentielle en ligne de mire."Déception" du parti de Macron Du côté de la majorité présidentielle (La République en marche, LREM), la journée est également maussade avec, comme prévu, aucune région gagnée.C'est une "déception pour la majorité présidentielle", a admis Stanislas Guerini, le délégué général de LREM.Ces deux partis manquent d'ancrage territorial par rapport à la droite ou la gauche modérée, alliée à l'extrême gauche et aux écologistes.Ces partis "traditionnels" avaient un peu disparu du paysage médiatique ces dernières années, après l'élection surprise du centriste Emmanuel Macron à la présidence en 2017, ayant grignoté tant l'électorat de droite que de gauche. Plusieurs ténors de la droite vont désormais prendre le vent de leur victoire aux régionales pour affirmer que les cartes de présidentielle peuvent être rebattues alors que les sondeurs prédisent une finale Macron/Le Pen."Maintenant, tout le monde a compris que la présidentielle est désormais un match à trois. Le match à deux a du plomb dans l'aile", a estimé Xavier Bertrand, ancien ministre LR vainqueur dans la région des Hauts-de-France (Nord) et déjà candidat pour 2022. La gagnante de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, et celui de la région Auvergne-Rhône Alpes (centre), Laurent Wauquiez, vont aussi se positionner. En face, les sortants de gauche l'emportent aussi dans plusieurs régions avec des alliances entre écologistes, socialistes et Insoumis (extrême gauche). Mais aucun des élus de dimanche n'est sur les rangs pour concourir à la présidentielle et les chefs des partis ne sont pas d'accord pour une candidature unique.Ce retour en force du clivage gauche/droite doit toutefois être analysé avec prudence et rien ne dit que le duel Macron/Le Pen pour la présidentielle sera remis en cause."Les partis traditionnels bénéficient du grand maillage territorial qu'ils ont maintenu. Le clivage gauche/droite persiste au niveau des institutions locales mais n'a pas de traduction pour l'instant au niveau national", estimait avant le scrutin Jérôme Sainte-Marie, le président de l'institut de sondage PollingVox.fz/lp/lb© Agence France-Presse