Autre défi pour le bloc: maintenir son unité sur ses frontières extérieures. Elles sont pour l'instant fermées jusqu'au 15 juin, mais certains veulent une réouverture rapide après cette date.

Le 15 juin sera le "D-Day" du tourisme, espère le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio. A cette date plusieurs pays comptent rouvrir leurs portes, dont la France, l'Allemagne ou l'Autriche.

C'est aussi la date choisie par la Grèce pour accueillir ses premiers vols touristiques, mais seulement en provenance d'une liste de pays, qui exclut pour l'instant notamment la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne, pays particulièrement touchés par la pandémie.

L'Espagne, autre destination touristique, ne lève quant à elle la quarantaine imposée aux voyageurs étrangers qu'au 1er juillet.

Le Danemark a aussi fait ses choix en privilégiant dans un premier temps Allemands, Norvégiens et Islandais.

L'épidémie ayant frappé de manière très inégale en Europe, la Commission européenne a préconisé que la levée des restrictions aux frontières se fasse d'abord entre les pays ou régions aux situations épidémiologique similaires.

Mais "il est important que cette définition soit collective, consensuelle, par tous les Etats membres et non que chacun décide des critères à appliquer", a souligné la ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya. Sinon, "nous allons fragmenter cet espace de liberté qu'est Schengen", a-t-elle averti jeudi sur la radio publique RNE.

"Désastreux"

Alors que trois pays baltes (Lituanie, Estonie et Lettonie) ont réinstauré entre eux une zone commune de libre circulation, ce risque d'un morcellement est également pointé par l'experte Marie De Somer, du European Policy Centre.

"Un espace Schengen divisé en différentes petites zones de libre circulation serait désastreux, les conséquences à long terme seraient très mauvaises, car on n'aurait plus de zone unique", estime l'experte, qui souligne aussi l'importance de maintenir une coordination sur les frontières extérieures.

Car si des pays décident unilatéralement de s'ouvrir aux voyageurs venus du monde entier, cela ne pourrait-il pas amener "certains pays européens à refermer en réponse les frontières intérieures?", s'interroge-t-elle.

Décidée en mars, cette fois de façon concertée entre les Etats et la Commission, la fermeture des frontières externes est en vigueur jusqu'au 15 juin.

Réouverture, assouplissement, reconduction, mesures de quarantaine? Une réflexion est menée au niveau européen, mais cette décision reste une compétence des Etats.

La Grèce a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait accueillir à partir du 15 juin des touristes venant de pays extérieurs à l'UE.

La France, qui prône une décision collective, a évoqué la possibilité d'une réouverture au 1er juillet et "d'une liste" de pays soumis à des restrictions. Ce qui ne manquera pas de soulever de nouvelles questions.

Au sein de l'espace européen, si les restrictions à la liberté de circulation ne sont pas nouvelles -certaines avaient été introduites notamment à la suite des attentats de Paris, ou de la vague migratoire de 2015-2016-, jamais jusqu'à la crise du coronavirus elles n'avaient été aussi généralisées.

Elles se sont faites parfois sans préavis entre pays voisins et ont provoqué des embouteillages, des problèmes pour les travailleurs transfrontaliers ou saisonniers, suscitant des crispations entre Etats membres.

"La tentation" des Etats de fermer les frontières "sera toujours là", note Eric Maurice, de la Fondation Robert Schuman, qui émet l'idée "d'instaurer des mécanismes de concertation et peut-être prévoir des procédures en cas d'abus". "Tout le monde voit que cela a un coût économique et cela pose la question du respect des libertés publiques", souligne l'expert.

Pour Sylvain Kahn, professeur à Science Po à Paris, la fin de Schengen n'est pas pour demain: les Européens "ont accepté la fermeture des frontières parce qu'ils pensent que c'est cohérent avec le confinement, mais ils attendent le retour à l'état antérieur".

Autre défi pour le bloc: maintenir son unité sur ses frontières extérieures. Elles sont pour l'instant fermées jusqu'au 15 juin, mais certains veulent une réouverture rapide après cette date.Le 15 juin sera le "D-Day" du tourisme, espère le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio. A cette date plusieurs pays comptent rouvrir leurs portes, dont la France, l'Allemagne ou l'Autriche.C'est aussi la date choisie par la Grèce pour accueillir ses premiers vols touristiques, mais seulement en provenance d'une liste de pays, qui exclut pour l'instant notamment la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne, pays particulièrement touchés par la pandémie. L'Espagne, autre destination touristique, ne lève quant à elle la quarantaine imposée aux voyageurs étrangers qu'au 1er juillet. Le Danemark a aussi fait ses choix en privilégiant dans un premier temps Allemands, Norvégiens et Islandais.L'épidémie ayant frappé de manière très inégale en Europe, la Commission européenne a préconisé que la levée des restrictions aux frontières se fasse d'abord entre les pays ou régions aux situations épidémiologique similaires.Mais "il est important que cette définition soit collective, consensuelle, par tous les Etats membres et non que chacun décide des critères à appliquer", a souligné la ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya. Sinon, "nous allons fragmenter cet espace de liberté qu'est Schengen", a-t-elle averti jeudi sur la radio publique RNE.Alors que trois pays baltes (Lituanie, Estonie et Lettonie) ont réinstauré entre eux une zone commune de libre circulation, ce risque d'un morcellement est également pointé par l'experte Marie De Somer, du European Policy Centre."Un espace Schengen divisé en différentes petites zones de libre circulation serait désastreux, les conséquences à long terme seraient très mauvaises, car on n'aurait plus de zone unique", estime l'experte, qui souligne aussi l'importance de maintenir une coordination sur les frontières extérieures. Car si des pays décident unilatéralement de s'ouvrir aux voyageurs venus du monde entier, cela ne pourrait-il pas amener "certains pays européens à refermer en réponse les frontières intérieures?", s'interroge-t-elle.Décidée en mars, cette fois de façon concertée entre les Etats et la Commission, la fermeture des frontières externes est en vigueur jusqu'au 15 juin. Réouverture, assouplissement, reconduction, mesures de quarantaine? Une réflexion est menée au niveau européen, mais cette décision reste une compétence des Etats.La Grèce a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait accueillir à partir du 15 juin des touristes venant de pays extérieurs à l'UE. La France, qui prône une décision collective, a évoqué la possibilité d'une réouverture au 1er juillet et "d'une liste" de pays soumis à des restrictions. Ce qui ne manquera pas de soulever de nouvelles questions.Au sein de l'espace européen, si les restrictions à la liberté de circulation ne sont pas nouvelles -certaines avaient été introduites notamment à la suite des attentats de Paris, ou de la vague migratoire de 2015-2016-, jamais jusqu'à la crise du coronavirus elles n'avaient été aussi généralisées. Elles se sont faites parfois sans préavis entre pays voisins et ont provoqué des embouteillages, des problèmes pour les travailleurs transfrontaliers ou saisonniers, suscitant des crispations entre Etats membres."La tentation" des Etats de fermer les frontières "sera toujours là", note Eric Maurice, de la Fondation Robert Schuman, qui émet l'idée "d'instaurer des mécanismes de concertation et peut-être prévoir des procédures en cas d'abus". "Tout le monde voit que cela a un coût économique et cela pose la question du respect des libertés publiques", souligne l'expert.Pour Sylvain Kahn, professeur à Science Po à Paris, la fin de Schengen n'est pas pour demain: les Européens "ont accepté la fermeture des frontières parce qu'ils pensent que c'est cohérent avec le confinement, mais ils attendent le retour à l'état antérieur".