Dans ce pays de 19,5 millions d'habitants, c'est le mouvement "La Roumanie veut des autoroutes" qui a fait l'actualité vendredi.

Plusieurs milliers de personnes au total, selon les compte-rendus des médias, se sont rassemblés à Bucarest et dans les principales villes pour répondre à l'appel d'un jeune entrepreneur du nord de la Roumanie exaspéré par le manque d'infrastructures autoroutières dans cet ancien pays communiste.

Stefan Mandachi, 33 ans, dirigeant d'une chaîne de fast-food, avait invité ses compatriotes à cesser leurs activités durant quinze minutes pour envoyer un message de protestation aux pouvoirs publics.

Au moment où ses supporteurs répondaient à son appel, dans la rue ou sur les réseaux sociaux, M. Mandachi a symboliquement inauguré, vendredi après-midi, "un mètre d'autoroute" construit sur ses propres deniers. Cette bande d'asphalte au milieu de la campagne lui a coûté 4.500 euros, a-t-il expliqué.

Une centaines de personnes s'étaient déplacées pour la cérémonie organisée près de la ville de Suceava, dans la région roumaine de Moldavie, la plus pauvre du pays, dépourvue selon lui de toute autoroute.

Avec moins de 800 kilomètres d'autoroutes, la Roumanie affiche l'un des réseaux les moins denses de l'UE, ce qui constitue, selon les milieux économiques, une entrave au développement du pays.

Le mouvement de l'entrepreneur Stefan Mandachi a suscité la sympathie du chef de l'Etat Klaus Iohannis, qui s'est dit vendredi "du côté" des protestataires. Le chef de la majorité sociale-démocrate Liviu Dragnea a au contraire dénoncé "un cirque".

Le gouvernement de gauche roumain a affronté ces deux dernières années des épisodes réguliers de contestation issus de la société civile qui lui reproche de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption, endémique dans le pays.