Entre le début des vacances d'été, les inquiétudes toujours présentes sur la situation sanitaire et une campagne interminable - trois mois et demi ont séparé les deux tours, coronavirus oblige - l'abstention a atteint des niveaux record, proche de 60%.

Très vite après les premiers résultats, le président Emmanuel Macron s'est dit "préoccupé par le faible taux de participation". La République en Marche (LREM), le parti présidentiel, n'est en position de force dans aucune grande ville. Mais le Premier ministre Edouard Philippe, qui n'avait pas endossé l'étiquette LREM, a facilement remporté l'élection dans la ville portuaire du Havre avec 59% des voix.

Edouard Philippe réélu maire du Havre, Belga Images
Edouard Philippe réélu maire du Havre © Belga Images

Bien placés dans plusieurs grandes villes de France, comme Lyon et Marseille dont les résultats sont attendus plus tard dimanche soir, les écologistes ont confirmé leur bonne percée du premier tour, selon les premières estimations dimanche.

La maire PS Anne Hidalgo a remporté Paris, en obtenant entre 49,3 et 50,2% des voix au second tour, selon deux instituts de sondage. Elle a devancé la candidate LR Rachida Dati (entre 32 et 32,7%) et celle de LREM Agnès Buzyn (entre 13,7 et 16% des voix), selon Harris Interactive et Ipsos-Sopra Steria.

A Lille, Stéphane Baly menace ainsi la maire socialiste historique de cette ville du nord, Martine Aubry. Poitiers (centre) et Besançon (est), deux villes moyennes basculent aussi en vert.

L'extrême droite de son côté a remporté l'élection à Perpignan, ville catalane de plus de 100.000 habitants, avec la victoire de Louis Aliot, l'ex-compagnon de Marine le Pen.

Quel impact pour Macron ?

Reste maintenant à savoir quel sera l'impact de ce scrutin sur l'orientation des deux dernières années du quinquennat d'Emmanuel Macron. Devra t-il donner des gages aux écologistes? Maintiendra t-il à son poste son Premier ministre sorti renforcé de sa victoire au Havre? Le président français, qui consulte à tout va mais ne laisse rien filtrer de ses intentions, détient seul les clés d'un éventuel remaniement. Emmanuel Macron avait laissé entendre que la crise du coronavirus allait changer profondément les choses et dit qu'il lui fallait "se réinventer".

Il devra trouver un délicat équilibre entre la volonté de l'aile gauche de son parti d'introduire une inflexion écologique sans pour autant abandonner les choix libéraux des débuts. Ces dernières semaines, plusieurs défections de députés ont fait perdre à LREM la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Probablement soucieux d'évacuer au plus vite cet encombrant scrutin, Emmanuel Macron a d'ores et déjà prévu de s'exprimer le 29 juin. Il donnera ses premières réponses aux propositions formulées par la Convention citoyenne sur le climat, une assemblée de 150 citoyens tirés au sort pour redonner des couleurs à la démocratie directe dans le pays.

Marqué par l'abstention, ce scrutin restera aussi comme celui du coronavirus.

Après un premier tour organisé au moment où l'épidémie déferlait sur la France, de nombreuses précautions ont été prises pour ce second tour. Masque obligatoire, gel hydroalcoolique et distanciation physique étaient de mise pour les opérations de vote La France, durement frappée par le nouveau coronavirus, a enregistré plus de 29.750 décès depuis le début de l'épidémie de Covid-19.

Macron promet des "réponses fortes"

Le président Emmanuel Macron entend apporter lundi des "réponses fortes" sur le terrain de l'écologie, "à la hauteur des enjeux et des attentes", au lendemain de la forte percée des Verts à des élections municipales marquées par une abstention record de presque 60%, selon la présidence.

Il recevra dans la matinée les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), 150 citoyens qui avaient été tirés au sort pour faire des propositions destinées à répondre à l'urgence climatique. Cette initiative, prise l'année dernière, visait à répondre à la contestation entendue pendant la "crise des gilets jaunes". Les manifestants réclamaient notamment davantage de démocratie directe. Six de ces citoyens présenteront les conclusions de leur travaux au chef de l'Etat.

Après la crise du coronavirus, ce dernier a affirmé sa volonté de se "réinventer". Il a notamment appelé de ses voeux le développement d'une "économie forte, écologique, souveraine et solidaire" pour sortir de la récession dans laquelle la crise née de l'épidémie de coronavirus a plongé le pays.

Et après la victoire des écologistes dans plusieurs villes majeures françaises (Lyon, Marseille, Bordeaux, mais aussi alliés à Anne Hidalgo à Paris) lors des municipales où le parti de M. Macron a subi un revers, la transition écologique est plus que jamais au coeur des débats.

Que retiendra-t-il des 149 propositions que vont lui faire les membres de la CCC?

Parmi les plus remarquées: la limitation de la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h au lieu de 130km/h actuellement, une mesure risquée sur le plan de la popularité.

Limitation drastique de la publicité, rénovation thermique globale et obligatoire des bâtiments, réduction de la place de la voiture individuelle, taxation de l'alimentation ultra-transformée, interdiction des semences OGM ou des terrasses chauffées: les citoyens ont traité nombre de sujets clivants, à l'exception notable de la taxe carbone.

L'opposition de droite a d'ores et déjà crié à l'écologie punitive.

Les ONG environnementales, elles, tout en jugeant ces propositions parfois timorées ou pas très originales, s'appuient sur elles pour maintenir la pression sur le président, qui s'était engagé à les transmettre "sans filtre" pour application.

Cette séquence lancera en tout cas lundi matin la dernière ligne droite du quinquennat d'Emmanuel Macron qui doit s'achever en avril 2022. Concernant l'écologie, la première partie du mandat a surtout été marquée par le départ fracassant en 2018 du gouvernement du ministre Nicolas Hulot, une figure de l'engagement pour l'environnement en France, qui estimait que l'écologie n'était pas une priorité du gouvernement.

Après ces municipales, un remaniement gouvernemental est à l'étude, là aussi avec beaucoup de questions, notamment sur l'opportunité ou non de changer de Premier ministre après la nette réélection d'Edouard Philippe dans la ville portuaire du Havre (ouest).

Entre le début des vacances d'été, les inquiétudes toujours présentes sur la situation sanitaire et une campagne interminable - trois mois et demi ont séparé les deux tours, coronavirus oblige - l'abstention a atteint des niveaux record, proche de 60%. Très vite après les premiers résultats, le président Emmanuel Macron s'est dit "préoccupé par le faible taux de participation". La République en Marche (LREM), le parti présidentiel, n'est en position de force dans aucune grande ville. Mais le Premier ministre Edouard Philippe, qui n'avait pas endossé l'étiquette LREM, a facilement remporté l'élection dans la ville portuaire du Havre avec 59% des voix. Bien placés dans plusieurs grandes villes de France, comme Lyon et Marseille dont les résultats sont attendus plus tard dimanche soir, les écologistes ont confirmé leur bonne percée du premier tour, selon les premières estimations dimanche.La maire PS Anne Hidalgo a remporté Paris, en obtenant entre 49,3 et 50,2% des voix au second tour, selon deux instituts de sondage. Elle a devancé la candidate LR Rachida Dati (entre 32 et 32,7%) et celle de LREM Agnès Buzyn (entre 13,7 et 16% des voix), selon Harris Interactive et Ipsos-Sopra Steria.A Lille, Stéphane Baly menace ainsi la maire socialiste historique de cette ville du nord, Martine Aubry. Poitiers (centre) et Besançon (est), deux villes moyennes basculent aussi en vert. L'extrême droite de son côté a remporté l'élection à Perpignan, ville catalane de plus de 100.000 habitants, avec la victoire de Louis Aliot, l'ex-compagnon de Marine le Pen.Quel impact pour Macron ?Reste maintenant à savoir quel sera l'impact de ce scrutin sur l'orientation des deux dernières années du quinquennat d'Emmanuel Macron. Devra t-il donner des gages aux écologistes? Maintiendra t-il à son poste son Premier ministre sorti renforcé de sa victoire au Havre? Le président français, qui consulte à tout va mais ne laisse rien filtrer de ses intentions, détient seul les clés d'un éventuel remaniement. Emmanuel Macron avait laissé entendre que la crise du coronavirus allait changer profondément les choses et dit qu'il lui fallait "se réinventer". Il devra trouver un délicat équilibre entre la volonté de l'aile gauche de son parti d'introduire une inflexion écologique sans pour autant abandonner les choix libéraux des débuts. Ces dernières semaines, plusieurs défections de députés ont fait perdre à LREM la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Probablement soucieux d'évacuer au plus vite cet encombrant scrutin, Emmanuel Macron a d'ores et déjà prévu de s'exprimer le 29 juin. Il donnera ses premières réponses aux propositions formulées par la Convention citoyenne sur le climat, une assemblée de 150 citoyens tirés au sort pour redonner des couleurs à la démocratie directe dans le pays. Marqué par l'abstention, ce scrutin restera aussi comme celui du coronavirus. Après un premier tour organisé au moment où l'épidémie déferlait sur la France, de nombreuses précautions ont été prises pour ce second tour. Masque obligatoire, gel hydroalcoolique et distanciation physique étaient de mise pour les opérations de vote La France, durement frappée par le nouveau coronavirus, a enregistré plus de 29.750 décès depuis le début de l'épidémie de Covid-19.