Avec l'ancien Premier ministre polonais à sa tête, la grande famille du PPE (Parti Populaire Européen) largement dominée par les démocrates-chrétiens de la chancelière allemande Angela Merkel cherche à s'affirmer, en particulier face au président français Emmanuel Macron, très présent sur le devant de la scène européenne.

Le PPE reste la formation la plus importante du Parlement européen mais il veut se remettre en selle après les dernières élections en mai. Celles-ci ont montré une érosion des deux grands partis traditionnels, PPE et sociaux-démocrates, au profit des Libéraux, des Verts ou de l'extrême droite et des populistes.

Donald Tusk, 62 ans, personnalité connue sur la scène européenne, est le seul candidat à la présidence du PPE. Les résultats de l'élection par 700 délégués du PPE réunis en congrès dans la capitale croate seront connus dans la soirée.

"En aucun cas, nous ne pouvons abandonner la sphère de la sécurité et de l'ordre aux populistes politiques, aux manipulateurs et aux autocrates qui font croire aux gens que la liberté n'est pas compatible avec la sécurité", a martelé M. Tusk à Zagreb.

Dans une attaque à peine voilée contre le Premier ministre hongrois Viktor Orban, il a évoqué la crise des migrants de 2015 et l'accord conclu entre l'UE et la Turquie pour réduire les flux migratoires après des "centaines d'heures de négociations".

Cependant "quelqu'un d'autre a également travaillé dur, mais seulement pour défendre sa façon de présenter les choses, érigeant une clôture et des panneaux avec de la propagande anti-immigration", a-t-il dit.

La Hongrie avait érigé en 2015 une clôture partiellement électrifiée le long de ses frontières pour barrer la route des migrants. Depuis lors, Budapest n'a cessé de durcir la législation anti-immigration, au prix d'un antagonisme croissant avec les institutions européennes.

Les rapports entre le PPE et le parti Fidesz du dirigeant hongrois ont été tendus ces derniers mois. Le PPE a suspendu en mars cette formation, dont certains réclamaient l'exclusion pure et simple, après des déclarations populistes et campagnes anti-Bruxelles.

Elargissement aux Balkans occidentaux

"Nous ne sacrifierons pas des valeurs comme les libertés civiques, l'état de droit et la décence dans la vie publique sur l'autel de l'ordre et de la sécurité", a poursuivi M. Tusk.

"Rassemblons-nous tous ensemble sur ce terrain de bataille politique très important, d'un côté les partis du populisme irresponsable et de l'autre, notre parti de la popularité responsable".

Les congressistes ont également évoqué l'élargissement du bloc aux Balkans occidentaux, un mois après le refus de l'UE, sous l'impulsion de la France, d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie.

Paris vient de proposer à ses partenaires de l'UE une réforme du processus d'adhésion.

"Nous devons maintenant discuter avec la France -- et nous le ferons de manière très intensive -- exactement quels éléments doivent être améliorés et modifiés dans le processus d'adhésion", a déclaré Mme Merkel en marge du congrès, après une rencontre avec le Premier ministre croate Andrej Plenkovic dont le pays assumera à compter de janvier la présidence tournante de l'UE.

Les perspectives d'adhésion pour les pays des Balkans occidentaux doivent cependant rester "réalistes", a-t-elle dit, souhaitant "parvenir à un accord le plus rapidement possible". "Il ne faut pas que nous nous écartions de ce que nous avions promis".

Beaucoup à Bruxelles craignent que la Chine, la Russie, la Turquie ou l'Arabie saoudite ne viennent combler le vide laissé par l'UE dans les Balkans et qu'une absence de perspective européenne ne fragilise encore plus cette région volatile.

Le chef du gouvernement croate a souhaité pour sa part que la situation soit "débloquée" lors du sommet qui réunira en mai à Zagreb UE et Balkans occidentaux.

La rebuffade européenne a notamment conduit le Premier ministre de Macédoine du Nord Zoran Zaev à convoquer des élections anticipées. M. Zaev a investi tout son capital politique dans la voie européenne, menant pour cela une mission politiquement risquée afin de changer le nom de son pays et mettre fin à un différend ancien avec la Grèce.

Avec l'ancien Premier ministre polonais à sa tête, la grande famille du PPE (Parti Populaire Européen) largement dominée par les démocrates-chrétiens de la chancelière allemande Angela Merkel cherche à s'affirmer, en particulier face au président français Emmanuel Macron, très présent sur le devant de la scène européenne.Le PPE reste la formation la plus importante du Parlement européen mais il veut se remettre en selle après les dernières élections en mai. Celles-ci ont montré une érosion des deux grands partis traditionnels, PPE et sociaux-démocrates, au profit des Libéraux, des Verts ou de l'extrême droite et des populistes.Donald Tusk, 62 ans, personnalité connue sur la scène européenne, est le seul candidat à la présidence du PPE. Les résultats de l'élection par 700 délégués du PPE réunis en congrès dans la capitale croate seront connus dans la soirée."En aucun cas, nous ne pouvons abandonner la sphère de la sécurité et de l'ordre aux populistes politiques, aux manipulateurs et aux autocrates qui font croire aux gens que la liberté n'est pas compatible avec la sécurité", a martelé M. Tusk à Zagreb. Dans une attaque à peine voilée contre le Premier ministre hongrois Viktor Orban, il a évoqué la crise des migrants de 2015 et l'accord conclu entre l'UE et la Turquie pour réduire les flux migratoires après des "centaines d'heures de négociations". Cependant "quelqu'un d'autre a également travaillé dur, mais seulement pour défendre sa façon de présenter les choses, érigeant une clôture et des panneaux avec de la propagande anti-immigration", a-t-il dit.La Hongrie avait érigé en 2015 une clôture partiellement électrifiée le long de ses frontières pour barrer la route des migrants. Depuis lors, Budapest n'a cessé de durcir la législation anti-immigration, au prix d'un antagonisme croissant avec les institutions européennes.Les rapports entre le PPE et le parti Fidesz du dirigeant hongrois ont été tendus ces derniers mois. Le PPE a suspendu en mars cette formation, dont certains réclamaient l'exclusion pure et simple, après des déclarations populistes et campagnes anti-Bruxelles.Elargissement aux Balkans occidentaux"Nous ne sacrifierons pas des valeurs comme les libertés civiques, l'état de droit et la décence dans la vie publique sur l'autel de l'ordre et de la sécurité", a poursuivi M. Tusk."Rassemblons-nous tous ensemble sur ce terrain de bataille politique très important, d'un côté les partis du populisme irresponsable et de l'autre, notre parti de la popularité responsable".Les congressistes ont également évoqué l'élargissement du bloc aux Balkans occidentaux, un mois après le refus de l'UE, sous l'impulsion de la France, d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie.Paris vient de proposer à ses partenaires de l'UE une réforme du processus d'adhésion."Nous devons maintenant discuter avec la France -- et nous le ferons de manière très intensive -- exactement quels éléments doivent être améliorés et modifiés dans le processus d'adhésion", a déclaré Mme Merkel en marge du congrès, après une rencontre avec le Premier ministre croate Andrej Plenkovic dont le pays assumera à compter de janvier la présidence tournante de l'UE.Les perspectives d'adhésion pour les pays des Balkans occidentaux doivent cependant rester "réalistes", a-t-elle dit, souhaitant "parvenir à un accord le plus rapidement possible". "Il ne faut pas que nous nous écartions de ce que nous avions promis".Beaucoup à Bruxelles craignent que la Chine, la Russie, la Turquie ou l'Arabie saoudite ne viennent combler le vide laissé par l'UE dans les Balkans et qu'une absence de perspective européenne ne fragilise encore plus cette région volatile.Le chef du gouvernement croate a souhaité pour sa part que la situation soit "débloquée" lors du sommet qui réunira en mai à Zagreb UE et Balkans occidentaux. La rebuffade européenne a notamment conduit le Premier ministre de Macédoine du Nord Zoran Zaev à convoquer des élections anticipées. M. Zaev a investi tout son capital politique dans la voie européenne, menant pour cela une mission politiquement risquée afin de changer le nom de son pays et mettre fin à un différend ancien avec la Grèce.