Près de 600 policiers accompagnaient depuis 06H00 (05H00 GMT) des clandestins qui vivaient sous des tentes de fortune près du périphérique parisien vers des bus pour les emmener dans des gymnases ou des centres d'accueil franciliens.

Awa, Ivoirienne de 32 ans, dormait dans une tente porte de la Chapelle depuis son arrivée en France il y a un an. Elle n'avait jamais été hébergée avant aujourd'hui. Dans la file d'attente sous un embranchement du périphérique pour monter dans un bus, elle explique qu'on est venu la voir à 03h00 pour lui proposer cette mise à l'abri.

Campement de migrants, Porte de la Chapelle à Paris © Getty Images

"Il pleut, il fait froid. Je ne sais pas où je vais, mais ça me fait plaisir d'y aller, parce que j'aurai un toit ce soir", dit-elle à l'AFP en emportant juste un sac à dos avec elle.

Cette évacuation d'une ampleur inédite depuis plus d'un an dans la capitale intervient dans un contexte de durcissement de la rhétorique sur la politique migratoire et au lendemain de l'"engagement" pris par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Il a assuré mercredi lors des annonces gouvernementales sur l'immigration que les campements du nord-est parisien allaient être évacués "d'ici la fin de l'année".

"Je ne peux pas laisser une situation de danger de cette nature, non seulement pour les gens qui s'installent sur ces bas côtés mais également pour les automobilistes, tout ça ne peut plus durer, et c'est le sens de la fermeté dont je vous parle", a expliqué sur place à la presse le préfet de police de Paris, Didier Lallement.

"Cette opération a été décidée dans le cadre de la mise en oeuvre du plan (gouvernemental), elle ne vient pas par hasard", il "faut changer de braquet en évacuant les campements", a-t-il ajouté.