D'après des sondages, un peu plus de la moitié des Britanniques s'opposent au Brexit, mais leurs voix se dispersent entre les différents partis d'opposition europhiles.

Les estimant sous-représentés, l'organisation pro-européenne Best for Britain ("Le meilleur pour le Royaume-Uni") a calculé que si 30% d'entre eux acceptaient de voter de manière stratégique, une coalition soutenant un nouveau référendum pourrait se retrouver au pouvoir.

Pour ce faire, Best for Britain a lancé un site (getvoting.org) guidant les électeurs pour un vote efficace en faveur du candidat anti-Brexit le mieux placé pour l'emporter.

"Que les gens le veuillent ou non, cela va être une élection Brexit", a dit le député et ancien chef de file libéral-démocrate Vince Cable, qui veut annuler le processus du Brexit, lors d'une conférence de presse. Même si le vote tactique n'est "pas idéal", "c'est un outil puissant que l'on doit utiliser", a-t-il poursuivi.

Les données du site sont encore incomplètes, dans l'attente de l'enregistrement de tous les candidats et de leurs positions vis-à-vis d'un second référendum.

Mais Best for Britain a "beaucoup, beaucoup d'espoir", selon sa directrice Naomi Smith: si les électeurs suivent "leurs conseils" et votent stratégiquement, ils pourront empêcher la formation d'une majorité conservatrice pro-Brexit au Parlement.

Officiellement, les différents chefs de partis favorables à un nouveau vote, trois ans et demi après le référendum remporté à 52% par le "leave", ont condamné tout pacte électoral.

Le Parti travailliste a notamment démenti avoir promis au parti nationaliste écossais SNP un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse en échange d'une alliance.

"Si les partis +Remain+ (en faveur d'un maintien dans l'UE) ne sont pas capables de pactiser, alors ce doit être aux électeurs de le faire", a jugé Naomi Smith.

Dans certaines circonscriptions, les partis se sont ponctuellement alliés contre les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson.

En août, lors d'une élection partielle au Pays-de-Galles, les Libéraux-démocrates (centre, europhile) ont réussi à prendre deux sièges aux conservateurs après le retrait de plus petits partis pro-UE.

Pour les élections à venir, le Lib-Dem a aussi accepté de ne pas présenter un candidat contre l'indépendant Dominic Grieve, ancien ministre conservateur évincé des Tories favorable à un second référendum.