La Commission européenne d'Ursula von der Leyen a obtenu un large soutien du Parlement européen lors du vote d'investiture. Les nouveaux commissaires entreront en fonction le 1er décembre. Au lendemain de cette confirmation, le Parlement s'adresse également à la présidente élue, lui enjoignant d'inclure tous ses objectifs, nécessaires pour se conformer à l'accord de Paris, dans son Pacte vert européen. "On a mis un niveau d'exigence important. Le Pacte vert doit être la réponse à la hauteur de cette urgence", souligne le président de la commission Environnement du Parlement européen.

"Green Deal" européen

La lutte pour le climat est en effet une des priorités de cette nouvelle équipe. C'est le Néerlandais Frans Timmermans, pointure de la politique européenne et candidat déçu à la présidence de la Commission, qui a la responsabilité de ce dossier. À 58 ans, le premier vice-président de la Commission sortante est plus précisément chargé du "Green Deal européen", l'une des mesures phares du nouvel exécutif. Lors de son discours devant le Parlement européen pour présenter ses commissaires et leurs portefeuilles, Ursula von der Leyen a d'ailleurs mis l'accent sur ses priorités pour les cinq années à venir, dont la lutte contre le changement climatique. Une question qu'elle juge urgente et "existentielle pour l'Europe et le monde", appelant à des investissements massifs, justes et ciblés. Elle a également assuré que le commissaire au Commerce s'assurerait que les futurs accords commerciaux de l'UE contiendront un chapitre sur le développement durable.

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La nouvelle présidente se sait par ailleurs très attendue sur cette thématique. Elle dit souhaiter lancer son "Green Deal" au cours des 100 premiers jours de son mandat. Les objectifs : la neutralité carbone d'ici 2050, la réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 50% à l'horizon 2030 ou encore l'établissement d'une taxe carbone aux frontières du bloc européen. L'un de ses premiers engagements sera sa participation à la COP25 de Madrid. Ces annonces ont été favorablement accueillies par les socialistes et démocrates. Mais certains, comme les Verts, restent sceptiques. Malgré les "nets progrès" sur la neutralité carbone et la taxe carbone, certains regrettent le manque d'égard au sujet de la biodiversité notamment. "Nous ne voulons pas brandir le carton rouge, mais nous ne voulons pas donner carte blanche", a prévenu la coprésidente des Verts Ska Keller.

Urgence climatique

Le Parlement européen a quant à lui décrété l'urgence climatique et environnementale. S'il ne s'agit là que d'un vote symbolique, cette résolution (ré)affirme l'engagement de l'hémicycle pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C et éviter une perte massive de biodiversité. "Le fait que l'Europe soit le premier continent à déclarer l'urgence climatique et environnementale, juste avant la COP25, alors que la nouvelle Commission entre en fonction, et trois semaines après que Donald Trump a confirmé le retrait des États-Unis de l'accord de Paris, est un message fort envoyé aux citoyens et au reste du monde", s'est félicité Pascal Canfin (Renew Europe, centre et libéraux), président de la commission Environnement du Parlement européen.

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Le PPE (droite, principale force politique) ne s'est pas joint à Renew ni aux sociaux-démocrates et aux Verts pour l'élaboration du projet de résolution commune : "Il y a urgence à agir, mais pas un état d'urgence à déclarer", a expliqué Peter Liese au nom du PPE, qui plaidait pour l'utilisation d'un terme qui ne donnait pas l'impression de "panique". Satisfaits du vote, les Verts ont toutefois prévenu qu'il ne s'agissait pas d'en rester aux belles paroles : "Nous pouvons déclarer des urgences climatiques, mais les gens dans la rue ne demandent pas des déclarations, ils nous demandent d'agir", a confirmé l'eurodéputé néerlandais Bas Eickhout.

COP25 à Madrid

Le Parlement, qui a une position plus ambitieuse que les États membres en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), a également voté un second texte en prévision de la COP25 qui commence début décembre à Madrid. Il y exhorte fois les 28 à se mettre d'accord lors d'un sommet en décembre sur l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 au plus tard. Les eurodéputés précisent par ailleurs que la réalisation de cet objectif passe par une "actualisation" des ambitions climatiques à moyen terme, et plaident pour une réduction des émissions de GES de 55% d'ici 2030.