La dirigeante britannique est arrivée mardi matin à La Haye pour rencontrer son homologue néerlandais Mark Rutte. Elle devait ensuite se rendre à Berlin pour échanger avec la chancelière Angela Merkel, avant de rencontrer à Bruxelles le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk.

Mme May souhaite discuter des "préoccupations exprimées par le parlement" britannique, a expliqué un porte-parole de Downing Street.

Lundi, quasiment assurée d'essuyer une humiliante défaite devant la Chambre des Communes sur l'accord, Mme May avait annoncé le report sine die du vote prévu ce mardi, provoquant la colère des députés, dont un travailliste qui dans un geste de rage s'est emparé d'un bâton de cérémonie, entraînant son expulsion.

Une manoeuvre qualifiée de "désespérée" par le quotidien The Guardian tandis que le Times constatait qu'elle n'avait plus d'autre choix que d'aller "supplier les dirigeants européens de sauver son accord de Brexit".

La ministre chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a expliqué mardi que Mme May allait chercher des assurances "légalement contraignantes" que le Royaume-Uni ne sera pas prisonnier de la solution dite de "backstop" ou filet de sécurité après le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Cette solution controversée prévoit de créer un "territoire douanier unique", englobant l'UE et le Royaume-Uni, le temps de trouver une solution à la question de la frontière irlandaise.

Toutefois, les dirigeants des 27 ont répété leur refus de rouvrir les négociations qui avaient abouti fin novembre après 17 mois de discussions âpres entre Londres et Bruxelles.

"Nous sommes prêts à discuter de la manière de faciliter la ratification britannique", a déclaré Donald Tusk. Mais "nous ne renégocierons pas l'accord, y compris le filet de sécurité", a-t-il prévenu.

"Je reste convaincu que l'accord de Brexit que nous avons est le meilleur- et le seul accord possible. Il n'y a pas de place pour une renégociation mais de plus amples clarifications sont possibles", a cependant tweeté mardi matin Jean-Claude Juncker.

Jeudi, un sommet consacré au Brexit sera convoqué à Bruxelles pour répondre aux préoccupations britanniques, au premier jour du conseil européen des 13 et 14 décembre.

Si la marge de manoeuvre de Theresa May semble mince, Andrea Leadsom a affirmé qu'il était toujours possible d'obtenir des concessions de l'UE, citant l'exemple des négociations avec la Grèce, au point fort de la crise de la dette.

"L'UE est toujours dans une position où elle négocie jusqu'au dernier moment possible", a-t-elle estimé mardi matin sur la BBC.

"Formulation cosmétique"

Le report du vote signifie un calendrier encore plus serré pour le parlement britannique: après le sommet européen sur le Brexit, il ne siégera que trois jours avant de suspendre ses activités du 20 décembre au 7 janvier. Selon les analystes, cette courte fenêtre en décembre signifie que le vote devra être renvoyé au mois de janvier.

Si Theresa May espère sans doute ainsi accentuer la pression sur les députés britanniques, faisant planer la menace d'un Brexit sans accord s'ils ne votent pas le texte, la manoeuvre est toutefois risquée.

Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition, est pressé par des députés de son parti et d'autres partis d'opposition de déclencher une motion de défiance, pour renverser le gouvernement, ce qu'il écarte pour le moment.

"Pour l'amour de Dieu, si ce n'est pas le moment maintenant, quand est-ce que ce sera le bon moment?", s'est exaspérée la cheffe du gouvernement écossais Nicola Sturgeon mardi au micro de la BBC. L'Ecosse avait voté pour le maintien dans l'UE lors du référendum de juin 2016 et le SNP de Mme Sturgeon souhaite l'organisation d'un nouveau référendum pour faire marche arrière.

Theresa May est aussi menacée par un vote de défiance au sein de son propre parti, si 48 députés conservateurs en font la demande.

L'ancien secrétaire d'Etat Crispin Blunt a annoncé avoir envoyé une lettre, ajoutant son nom à la liste. Interrogé par le Times, il a encouragé "ceux qui y pensent" à franchir le pas.

AFP

La dirigeante britannique est arrivée mardi matin à La Haye pour rencontrer son homologue néerlandais Mark Rutte. Elle devait ensuite se rendre à Berlin pour échanger avec la chancelière Angela Merkel, avant de rencontrer à Bruxelles le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk.Mme May souhaite discuter des "préoccupations exprimées par le parlement" britannique, a expliqué un porte-parole de Downing Street.Lundi, quasiment assurée d'essuyer une humiliante défaite devant la Chambre des Communes sur l'accord, Mme May avait annoncé le report sine die du vote prévu ce mardi, provoquant la colère des députés, dont un travailliste qui dans un geste de rage s'est emparé d'un bâton de cérémonie, entraînant son expulsion.Une manoeuvre qualifiée de "désespérée" par le quotidien The Guardian tandis que le Times constatait qu'elle n'avait plus d'autre choix que d'aller "supplier les dirigeants européens de sauver son accord de Brexit".La ministre chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a expliqué mardi que Mme May allait chercher des assurances "légalement contraignantes" que le Royaume-Uni ne sera pas prisonnier de la solution dite de "backstop" ou filet de sécurité après le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Cette solution controversée prévoit de créer un "territoire douanier unique", englobant l'UE et le Royaume-Uni, le temps de trouver une solution à la question de la frontière irlandaise.Toutefois, les dirigeants des 27 ont répété leur refus de rouvrir les négociations qui avaient abouti fin novembre après 17 mois de discussions âpres entre Londres et Bruxelles."Nous sommes prêts à discuter de la manière de faciliter la ratification britannique", a déclaré Donald Tusk. Mais "nous ne renégocierons pas l'accord, y compris le filet de sécurité", a-t-il prévenu."Je reste convaincu que l'accord de Brexit que nous avons est le meilleur- et le seul accord possible. Il n'y a pas de place pour une renégociation mais de plus amples clarifications sont possibles", a cependant tweeté mardi matin Jean-Claude Juncker.Jeudi, un sommet consacré au Brexit sera convoqué à Bruxelles pour répondre aux préoccupations britanniques, au premier jour du conseil européen des 13 et 14 décembre. Si la marge de manoeuvre de Theresa May semble mince, Andrea Leadsom a affirmé qu'il était toujours possible d'obtenir des concessions de l'UE, citant l'exemple des négociations avec la Grèce, au point fort de la crise de la dette."L'UE est toujours dans une position où elle négocie jusqu'au dernier moment possible", a-t-elle estimé mardi matin sur la BBC."Formulation cosmétique" Le report du vote signifie un calendrier encore plus serré pour le parlement britannique: après le sommet européen sur le Brexit, il ne siégera que trois jours avant de suspendre ses activités du 20 décembre au 7 janvier. Selon les analystes, cette courte fenêtre en décembre signifie que le vote devra être renvoyé au mois de janvier.Si Theresa May espère sans doute ainsi accentuer la pression sur les députés britanniques, faisant planer la menace d'un Brexit sans accord s'ils ne votent pas le texte, la manoeuvre est toutefois risquée.Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition, est pressé par des députés de son parti et d'autres partis d'opposition de déclencher une motion de défiance, pour renverser le gouvernement, ce qu'il écarte pour le moment."Pour l'amour de Dieu, si ce n'est pas le moment maintenant, quand est-ce que ce sera le bon moment?", s'est exaspérée la cheffe du gouvernement écossais Nicola Sturgeon mardi au micro de la BBC. L'Ecosse avait voté pour le maintien dans l'UE lors du référendum de juin 2016 et le SNP de Mme Sturgeon souhaite l'organisation d'un nouveau référendum pour faire marche arrière.Theresa May est aussi menacée par un vote de défiance au sein de son propre parti, si 48 députés conservateurs en font la demande.L'ancien secrétaire d'Etat Crispin Blunt a annoncé avoir envoyé une lettre, ajoutant son nom à la liste. Interrogé par le Times, il a encouragé "ceux qui y pensent" à franchir le pas.AFP