Si Londres et Bruxelles divorcent sans accord le soir du 31 octobre, au moment précis où nombre de Britanniques joueront à se faire peur lors de Halloween, que se passera- t-il ?

Comme dans un couple marié, le grand avantage d'une séparation négociée, c'est qu'elle permet de poser un cadre et de fixer une procédure. Dans l'hypothèse d'un " no deal ", en revanche, rien n'est réglé : le Royaume-Uni se trouvera à la porte de l'UE et sera soumis aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Du jour au lendemain, des contrôles aux frontières et des droits de douane seront rétablis. C'est ballot : les Britanniques réalisent 55 % de leurs exportations avec les pays membres de l'UE. Selon les instituts de conjoncture, la richesse nationale (PIB) du royaume sera rapidement amputée de l'équivalent d'environ 50 milliards d'euros.

L'automobile sera l'un des secteurs les plus durement touchés, malgré la mise en place d'un système provisoire d'aide gouvernementale. Mais il y a pire. Outre-Manche, les produits alimentaires proviennent à 40 % de l'UE ou de pays ayant conclu des accords commerciaux avec elle. " Personne ne va mourir de faim, mais il y aura des pénuries ", avertit un représentant de la Food and Drink Federation, qui représente 7 000 entreprises. " Il est très probable que les prix des denrées alimentaires et de l'essence augmenteront ", ajoute Mark Carney, patron de la Banque d'Angleterre.

Aucune importance, rétorquent les partisans d'un Brexit dur : Londres conclura un accord avec Washington. Good luck ! Fervent protectionniste, Donald Trump a déjà expliqué que le Royaume-Uni devra autoriser l'importation du boeuf aux hormones et du poulet lavé au chlore, interdite par l'UE. Le plafonnement du prix des médicaments, imposé par le système de santé britannique, devra aussi être levé. Ce n'est qu'un début, sans doute, car les Britanniques seront en mauvaise posture pour négocier quoi que ce soit.