Trois mois après les législatives du 29 septembre remportées par le chancelier sortant, l'Autriche va expérimenter une alliance inédite entre l'ÖVP, poids lourd de la politique nationale, et le parti Die Grünen : les deux formations ont annoncé mercredi soir avoir scellé un accord de coalition, après plusieurs semaines de tractations. Pour les Verts autrichiens, cette entrée au gouvernement est une première. Pour le jeune chef de la droite, âgé de 33 ans, cette nouvelle alliance marque un virage à 180° puisqu'il avait choisi, il y a deux ans, de gouverner avec l'extrême droite (FPÖ). L'expérience a tourné court au bout de 18 mois en raison d'un scandale de corruption impliquant la formation nationaliste.

"Le meilleur des deux mondes"

Lors d'une conférence de presse à Vienne aux côtés de Werner Kogler, chef de file des écologistes, M. Kurz a reconnu que "les négociations (n'avaient) pas été faciles car les deux partis ont des orientations très différentes". Mais "nous sommes parvenus à réunir le meilleur des deux mondes", a déclaré le leader de l'ÖVP, qui défend une ligne dure sur l'immigration et selon lequel, "il est possible de protéger le climat et les frontières".

"La tâche n'a pas été facile", a également insisté M. Kogler, 58 ans, qui va devenir vice-chancelier. Il s'est réjoui que les deux formations aient réussi "à bâtir des ponts" pour "le futur de l'Autriche", s'engageant à plus de "justice sociale" et à d'importantes mesures pour la défense de l'environnement L'Autriche va devenir "pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique", a promis le chef des Verts.

Le pays, peuplé de 8,9 millions d'habitants, figurera avec la Suède, la Finlande, la Lituanie et le Luxembourg parmi les Etats membres de l'UE où des écologistes participent au gouvernement, dans un contexte où les appels à agir contre le changement climatique se font de plus en plus pressants. "Nous avons atteint une entente plus large que nous le pensions en matière de protection du climat", a assuré le chef des Verts. Le contenu du pacte gouvernemental sera dévoilé jeudi.

Les Verts, ancrés à gauche, ont été de virulents opposants à la politique d'immigration, de sécurité et aux choix budgétaires de la coalition sortante droite/extrême dirigée par M. Kunz jusqu'en mai. Les deux nouveaux partenaires prennent ainsi "un pari risqué" en s'alliant malgré des "approches politiques fondamentalement différentes", soulignait cette semaine le quotidien régional Tiroler Zeitung.

"Acrobatie politique"

Pour le chef des conservateurs, c'est "une véritable acrobatie politique" et il "devra marcher sur un fil" pour ne pas perdre la frange de son électorat conquise aux dépens de l'extrême droite, observe le politologue Thomas Hofer. Contraint de saborder sa coalition avec le FPÖ, M. Kurz avait convoqué des élections anticipées que son parti a largement remportées (37,5%). Face à des sociaux-démocrates en perte de vitesse, et une extrême droite devenue peu fréquentable et en baisse de 10 points dans les urnes, le chef de la droite avait le choix de se tourner vers les écologistes (quatrièmes avec 13,9% des suffrages) pour tenter de former une majorité.

"Super ministère" de l'Environnement

La droite dominera largement la nouvelle équipe ministérielle au sein de laquelle les Verts devraient décrocher quatre portefeuilles, dont un "super ministère" de l'Environnement incluant également Transports, Energie et Technologie. La députée écologiste Leonore Gewessler, ancienne dirigeante de l'une des principales organisations autrichiennes de défense de l'environnement, a d'ores et déjà été annoncée à ce poste.

Parmi les autres attributions des Verts devraient figurer la Justice, les Affaires sociales et la Culture, selon la presse. Le parti de Sebastian Kurz gardera la main sur les ministères de l'Intérieur, des Finances et des Affaires étrangères. Les Verts devront encore donner leur accord au pacte de gouvernement lors d'un congrès extraordinaire convoqué samedi. L'investiture de la nouvelle équipe devrait avoir lieu la semaine prochaine.

Trois mois après les législatives du 29 septembre remportées par le chancelier sortant, l'Autriche va expérimenter une alliance inédite entre l'ÖVP, poids lourd de la politique nationale, et le parti Die Grünen : les deux formations ont annoncé mercredi soir avoir scellé un accord de coalition, après plusieurs semaines de tractations. Pour les Verts autrichiens, cette entrée au gouvernement est une première. Pour le jeune chef de la droite, âgé de 33 ans, cette nouvelle alliance marque un virage à 180° puisqu'il avait choisi, il y a deux ans, de gouverner avec l'extrême droite (FPÖ). L'expérience a tourné court au bout de 18 mois en raison d'un scandale de corruption impliquant la formation nationaliste.Lors d'une conférence de presse à Vienne aux côtés de Werner Kogler, chef de file des écologistes, M. Kurz a reconnu que "les négociations (n'avaient) pas été faciles car les deux partis ont des orientations très différentes". Mais "nous sommes parvenus à réunir le meilleur des deux mondes", a déclaré le leader de l'ÖVP, qui défend une ligne dure sur l'immigration et selon lequel, "il est possible de protéger le climat et les frontières". "La tâche n'a pas été facile", a également insisté M. Kogler, 58 ans, qui va devenir vice-chancelier. Il s'est réjoui que les deux formations aient réussi "à bâtir des ponts" pour "le futur de l'Autriche", s'engageant à plus de "justice sociale" et à d'importantes mesures pour la défense de l'environnement L'Autriche va devenir "pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique", a promis le chef des Verts.Le pays, peuplé de 8,9 millions d'habitants, figurera avec la Suède, la Finlande, la Lituanie et le Luxembourg parmi les Etats membres de l'UE où des écologistes participent au gouvernement, dans un contexte où les appels à agir contre le changement climatique se font de plus en plus pressants. "Nous avons atteint une entente plus large que nous le pensions en matière de protection du climat", a assuré le chef des Verts. Le contenu du pacte gouvernemental sera dévoilé jeudi.Les Verts, ancrés à gauche, ont été de virulents opposants à la politique d'immigration, de sécurité et aux choix budgétaires de la coalition sortante droite/extrême dirigée par M. Kunz jusqu'en mai. Les deux nouveaux partenaires prennent ainsi "un pari risqué" en s'alliant malgré des "approches politiques fondamentalement différentes", soulignait cette semaine le quotidien régional Tiroler Zeitung.Pour le chef des conservateurs, c'est "une véritable acrobatie politique" et il "devra marcher sur un fil" pour ne pas perdre la frange de son électorat conquise aux dépens de l'extrême droite, observe le politologue Thomas Hofer. Contraint de saborder sa coalition avec le FPÖ, M. Kurz avait convoqué des élections anticipées que son parti a largement remportées (37,5%). Face à des sociaux-démocrates en perte de vitesse, et une extrême droite devenue peu fréquentable et en baisse de 10 points dans les urnes, le chef de la droite avait le choix de se tourner vers les écologistes (quatrièmes avec 13,9% des suffrages) pour tenter de former une majorité.La droite dominera largement la nouvelle équipe ministérielle au sein de laquelle les Verts devraient décrocher quatre portefeuilles, dont un "super ministère" de l'Environnement incluant également Transports, Energie et Technologie. La députée écologiste Leonore Gewessler, ancienne dirigeante de l'une des principales organisations autrichiennes de défense de l'environnement, a d'ores et déjà été annoncée à ce poste.Parmi les autres attributions des Verts devraient figurer la Justice, les Affaires sociales et la Culture, selon la presse. Le parti de Sebastian Kurz gardera la main sur les ministères de l'Intérieur, des Finances et des Affaires étrangères. Les Verts devront encore donner leur accord au pacte de gouvernement lors d'un congrès extraordinaire convoqué samedi. L'investiture de la nouvelle équipe devrait avoir lieu la semaine prochaine.