Le président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa a confirmé jeudi son intention de dissoudre le Parlement et décidé de la date des élections, qui auraient normalement dû être organisées à l'automne 2023.

Le rejet du budget a "totalement réduit la base de soutien du gouvernement", alors que 2022 sera "une année décisive pour la sortie durable de la pandémie et de la crise sociale qui nous a frappée", a fait valoir le chef de l'Etat dans une allocution télévisée.

Il s'agira du troisième scrutin national que le Portugal organise en l'espace d'un an, après l'élection présidentielle de janvier dernier et les municipales de fin septembre.

Avant même le rejet de loi de finances pour 2022, qui a plongé le Portugal dans l'impasse politique il y a une semaine, M. Rebelo de Sousa avait prévenu que cela aurait pour conséquence de provoquer des législatives anticipées.

Le chef de l'Etat cherchait à forcer le gouvernement et les partis d'extrême gauche à parvenir à un compromis car, selon lui, le budget était "fondamental" pour relancer l'économie grâce aux fonds européens du plan de relance post-Covid-19.

"Moment difficile"

La gauche radicale a tout de même voté contre la loi de finances, aux côtés de l'opposition de droite, scellant la fin de l'alliance qui avait permis à Antonio Costa d'arriver au pouvoir fin 2015.

Cette décision "idéologique" aura "un coût électoral" pour le Bloc de gauche comme pour le Parti communiste, qui "seront pénalisés pour ne pas avoir soutenu un budget qui était modeste, mais qui n'était pas d'austérité", a commenté auprès de l'AFP la politologue Marina Costa Lobo.

Antonio Costa s'est déjà dit prêt à mener campagne pour obtenir "une majorité forte, stable et durable", mais, selon cette analyste de l'Institut des sciences sociales (ICS) de l'Université de Lisbonne, les élections arrivent pour lui à "un moment difficile".

"Il y a un certain désenchantement envers le Parti socialiste", a-t-elle relevé, rappelant que la victoire du PS aux municipales a été largement ternie par une défaite surprise dans la capitale portugaise et la désaffection de nombreux électeurs.

En 2015, l'ensemble de la gauche s'était unie pour la première fois depuis la Révolution des OEillets de 1974, afin de détricoter la politique d'austérité mise en oeuvre par la droite en échange du plan de sauvetage international accordé au Portugal en 2011.

Primaire à droite

Reconduit en 2019 avec 36% des voix, mais resté à huit sièges de la majorité absolue, M. Costa s'était alors dispensé de reconduire les accords assurant la stabilité de son gouvernement minoritaire.

Puis, après avoir profité d'une conjoncture économique favorable pour rétablir le pouvoir d'achat tout en assainissant les finances publiques, M. Costa a refusé de continuer à faire les concessions que lui réclamaient ses anciens alliés, inquiets de l'impact social de la crise sanitaire.

A droite, les deux partis conservateurs sont en proie à des luttes intestines qui pourraient profiter au parti d'extrême droite Chega, entré au Parlement en 2019.

Le chef de l'opposition, Rui Rio, risque même sa place au cours des élections internes prévues pour le 4 décembre, qui feront office de primaire l'opposant à l'eurodéputé Paulo Rangel.

"Le calendrier est très serré" et "la course reste très ouverte" car les électeurs de droite ont tendance à être "très sensibles aux leaders et aux dynamiques de victoire", or "cela est très important pour faire jouer le vote utile" face aux extrêmes, a expliqué la politologue Marina Costa Lobo.

Le président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa a confirmé jeudi son intention de dissoudre le Parlement et décidé de la date des élections, qui auraient normalement dû être organisées à l'automne 2023.Le rejet du budget a "totalement réduit la base de soutien du gouvernement", alors que 2022 sera "une année décisive pour la sortie durable de la pandémie et de la crise sociale qui nous a frappée", a fait valoir le chef de l'Etat dans une allocution télévisée.Il s'agira du troisième scrutin national que le Portugal organise en l'espace d'un an, après l'élection présidentielle de janvier dernier et les municipales de fin septembre.Avant même le rejet de loi de finances pour 2022, qui a plongé le Portugal dans l'impasse politique il y a une semaine, M. Rebelo de Sousa avait prévenu que cela aurait pour conséquence de provoquer des législatives anticipées.Le chef de l'Etat cherchait à forcer le gouvernement et les partis d'extrême gauche à parvenir à un compromis car, selon lui, le budget était "fondamental" pour relancer l'économie grâce aux fonds européens du plan de relance post-Covid-19."Moment difficile" La gauche radicale a tout de même voté contre la loi de finances, aux côtés de l'opposition de droite, scellant la fin de l'alliance qui avait permis à Antonio Costa d'arriver au pouvoir fin 2015.Cette décision "idéologique" aura "un coût électoral" pour le Bloc de gauche comme pour le Parti communiste, qui "seront pénalisés pour ne pas avoir soutenu un budget qui était modeste, mais qui n'était pas d'austérité", a commenté auprès de l'AFP la politologue Marina Costa Lobo.Antonio Costa s'est déjà dit prêt à mener campagne pour obtenir "une majorité forte, stable et durable", mais, selon cette analyste de l'Institut des sciences sociales (ICS) de l'Université de Lisbonne, les élections arrivent pour lui à "un moment difficile"."Il y a un certain désenchantement envers le Parti socialiste", a-t-elle relevé, rappelant que la victoire du PS aux municipales a été largement ternie par une défaite surprise dans la capitale portugaise et la désaffection de nombreux électeurs.En 2015, l'ensemble de la gauche s'était unie pour la première fois depuis la Révolution des OEillets de 1974, afin de détricoter la politique d'austérité mise en oeuvre par la droite en échange du plan de sauvetage international accordé au Portugal en 2011.Primaire à droite Reconduit en 2019 avec 36% des voix, mais resté à huit sièges de la majorité absolue, M. Costa s'était alors dispensé de reconduire les accords assurant la stabilité de son gouvernement minoritaire.Puis, après avoir profité d'une conjoncture économique favorable pour rétablir le pouvoir d'achat tout en assainissant les finances publiques, M. Costa a refusé de continuer à faire les concessions que lui réclamaient ses anciens alliés, inquiets de l'impact social de la crise sanitaire.A droite, les deux partis conservateurs sont en proie à des luttes intestines qui pourraient profiter au parti d'extrême droite Chega, entré au Parlement en 2019.Le chef de l'opposition, Rui Rio, risque même sa place au cours des élections internes prévues pour le 4 décembre, qui feront office de primaire l'opposant à l'eurodéputé Paulo Rangel."Le calendrier est très serré" et "la course reste très ouverte" car les électeurs de droite ont tendance à être "très sensibles aux leaders et aux dynamiques de victoire", or "cela est très important pour faire jouer le vote utile" face aux extrêmes, a expliqué la politologue Marina Costa Lobo.