Un "nouveau" maïs OGM cultivé en Flandre sans appliquer la réglementation OGM

23/07/18 à 08:30 - Mise à jour à 08:30

Source: Belga

L'Institut flamand pour la biotechnologie (VIB) est en train de faire pousser, en Flandre, un champ de maïs résultant de nouvelles techniques d'édition du génome. Il a pu le faire sans appliquer la réglementation européenne ou belge relative aux OGM, rapportent De Morgen et La Libre Belgique lundi.

Un "nouveau" maïs OGM cultivé en Flandre sans appliquer la réglementation OGM

© Getty Images/iStockphoto

Le Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB), qui regroupe des universités, des entreprises telles que Bayer et le gouvernement flamand, procède à cette culture en observant le principe de CRISPR­-Cas9. On fabrique d'abord un OGM en introduisant dans une plante de manière artificielle un gène "étranger", qui produit la protéine CRISPR­-Cas9, explique La Libre Belgique. La protéine va muter un autre gène, qui existe déjà dans la plante. Ensuite, en procédant à des croisements de cette plante, les scientifiques vont éliminer le gène qui produit la protéine CRISPR-­Cas 9 pour uniquement sélectionner une plante portant la "deuxième" mutation "ciblée".

Le gouvernement belge a décidé que la nouvelle plantation de maïs du VIB ne devait pas obéir aux régulations belge et européenne, arguant que ces plantes ne contiennent pas, au final, de matériel génétique étranger.

Or, selon des ONG comme Corporate Europe Observatory, il s'agit bien d'OGM et la Belgique exploite le manque de clarté de la législation européenne sur le statut de ces "nouveaux OGM".

"On se trouve dans une sorte de vide juridique", estime aussi Philippe Baret, agronome de l'UCL et ancien membre du comité de biosécurité. "Je ne comprends pas bien comment l'ISP (Service biosécurité et biotechnologie de Sciensano, ndlr) peut décider que ce n'est pas un OGM. Le processus est piloté par l'homme, ce n'est pas un processus qui arrive naturellement. Pour moi, à titre personnel, comme il y a débat, on ne peut pas donner la dérogation sans qu'il y ait une instance qui intervienne", ajoute-t-il.

La Cour européenne de justice se prononcera sur le statut des "nouveaux OGM" mercredi.

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