En 2020, on peut constater notamment ceci : 430 milliards, le nombre de tonnes de glace perdues par les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique depuis 2002 ou 66, le pourcentage des populations d'animaux sauvages disparues en moins de cinquante ans. En 2050, si rien ne change, on écrira notamment cela : 100 000, le nombre de décès annuels en Europe dus à des températures extrêmes (contre 3 000 en 2020) ou 10 milliards d'euros par an, la facture climatique pour la Belgique.

Les constats anxiogènes mais néanmoins avérés autour du réchauffement climatique sont alignés depuis des années, des dizaines d'années même, par les scientifiques. Si certains expriment encore et toujours un scepticisme latent par rapport à l'impact de l'activité humaine sur le réchauffement de la planète, la prise de conscience de l'urgence climatique devient cependant largement intégrée.

Par les citoyens, par exemple, qui se mobilisent lors de marches pour le climat ou lancent des initiatives locales. Par les entreprises et industries progressivement aussi qui se regroupent pour réfléchir à une manière plus verte de pérenniser leur activité.

Changement de comportement indispensable

Dernière preuve en date : cette lettre ouverte de quelque 150 entreprises et investisseurs mondiaux - parmi lesquels Apple, Microsoft, Ikea, Unilever, EDF ou Google - adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Nous vous écrivons pour vous demander [...] d'éviter les pires effets du climat et assurer une reprise économique durable et compétitive" en convenant notamment "d'un objectif clairement défini de réduction des émissions nationales de gaz à effet de serre d'au moins 55 % d'ici à 2030". Un souhait exprimé à la veille du discours sur l'état de l'Union et lors duquel la présidente devait fixer l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre européen. Prise de conscience et déclarations d'intention ne peuvent évidemment suffire. Car pour le climat, il est déjà minuit cinq. Et parier sur une évolution de la technologie serait audacieux autant qu'hypothétique. Un changement de comportement et la mise en place d'actions concrètes sont donc indispensables. Dans la production industrielle, l'habitat, l'alimentation, la mobilité.

C'est encore possible, souligne Jean-Pascal van Ypersele dans son manifeste Climat : Etat d'urgence rédigé avec le biologiste Dirk Draulans et qui accompagne ce magazine. Des solutions existent, mais elles se heurtent pour le moment au manque de volonté politique. Car, c'est certain, la transition écologique ne se fera pas sans passer à la caisse. Mais ne vaut-il pas mieux investir aujourd'hui dans une économie résiliente accompagnée d'une fiscalité verte efficace que de payer une facture plus lourde encore demain ? La réponse est aussi évidente qu'impopulaire.

En 2020, on peut constater notamment ceci : 430 milliards, le nombre de tonnes de glace perdues par les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique depuis 2002 ou 66, le pourcentage des populations d'animaux sauvages disparues en moins de cinquante ans. En 2050, si rien ne change, on écrira notamment cela : 100 000, le nombre de décès annuels en Europe dus à des températures extrêmes (contre 3 000 en 2020) ou 10 milliards d'euros par an, la facture climatique pour la Belgique. Les constats anxiogènes mais néanmoins avérés autour du réchauffement climatique sont alignés depuis des années, des dizaines d'années même, par les scientifiques. Si certains expriment encore et toujours un scepticisme latent par rapport à l'impact de l'activité humaine sur le réchauffement de la planète, la prise de conscience de l'urgence climatique devient cependant largement intégrée. Par les citoyens, par exemple, qui se mobilisent lors de marches pour le climat ou lancent des initiatives locales. Par les entreprises et industries progressivement aussi qui se regroupent pour réfléchir à une manière plus verte de pérenniser leur activité. Dernière preuve en date : cette lettre ouverte de quelque 150 entreprises et investisseurs mondiaux - parmi lesquels Apple, Microsoft, Ikea, Unilever, EDF ou Google - adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Nous vous écrivons pour vous demander [...] d'éviter les pires effets du climat et assurer une reprise économique durable et compétitive" en convenant notamment "d'un objectif clairement défini de réduction des émissions nationales de gaz à effet de serre d'au moins 55 % d'ici à 2030". Un souhait exprimé à la veille du discours sur l'état de l'Union et lors duquel la présidente devait fixer l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre européen. Prise de conscience et déclarations d'intention ne peuvent évidemment suffire. Car pour le climat, il est déjà minuit cinq. Et parier sur une évolution de la technologie serait audacieux autant qu'hypothétique. Un changement de comportement et la mise en place d'actions concrètes sont donc indispensables. Dans la production industrielle, l'habitat, l'alimentation, la mobilité. C'est encore possible, souligne Jean-Pascal van Ypersele dans son manifeste Climat : Etat d'urgence rédigé avec le biologiste Dirk Draulans et qui accompagne ce magazine. Des solutions existent, mais elles se heurtent pour le moment au manque de volonté politique. Car, c'est certain, la transition écologique ne se fera pas sans passer à la caisse. Mais ne vaut-il pas mieux investir aujourd'hui dans une économie résiliente accompagnée d'une fiscalité verte efficace que de payer une facture plus lourde encore demain ? La réponse est aussi évidente qu'impopulaire.