Selon l'organisation, il faudrait en effet planter au moins 1,6 milliard d'hectares de forêts, soit l'équivalent de cinq fois la superficie de l'Inde, afin d'éliminer les émissions de carbone dans le monde et ainsi atteindre l'objectif "zéro émission nette" d'ici 2050 à partir de la seule utilisation des terres.
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Selon l'organisation, il faudrait en effet planter au moins 1,6 milliard d'hectares de forêts, soit l'équivalent de cinq fois la superficie de l'Inde, afin d'éliminer les émissions de carbone dans le monde et ainsi atteindre l'objectif "zéro émission nette" d'ici 2050 à partir de la seule utilisation des terres.D'après Oxfam, les gouvernements et les entreprises sont nombreux à fuir leurs responsabilités climatiques en s'appuyant sur des méthodes de "captage et de stockage du carbone" peu fiables, non éprouvés et irréalistes pour prétendre atteindre l'objectif "zéro émission nette" en 2050, à travers leurs plans de lutte contre le changement climatique. L'ONG leur reproche de ne pas réduire suffisamment rapidement leurs émissions pour éviter un dérèglement climatique catastrophique. Leurs objectifs zéro émission reposent en effet sur la plantation massive et totalement démesurée d'arbres sur de vastes étendues de terres, essentiellement dans les pays à faible revenu. "Or, il est mathématiquement impossible de planter suffisamment d'arbres pour atteindre ces objectifs, car il n'y a tout simplement pas suffisamment de terres", dénonce l'ONG. En outre, les objectifs climatiques "zéro émission nette", qui reposent sur l'utilisation de vastes étendues de terres dans les pays à faible revenu, pourraient entraîner une hausse de 80 % du prix des denrées alimentaires et une aggravation de la faim dans le monde, tout en permettant aux pays riches et aux entreprises de fuir leurs responsabilités climatiques. Pour limiter le réchauffement à moins de 1,5 °C, l'Europe devrait réduire ses émissions de 65% en 2030 au lieu des -55% actuellement proposés. D'après Oxfam, les plans mis en oeuvre aujourd'hui par les pays ne permettront de réduire les émissions que de 1 % environ à l'échelle mondiale d'ici à 2030."L'objectif 'zéro émission nette' devrait reposer sur un objectif 'zéro émission réelle' qui exige une réduction drastique et tangible des émissions, une élimination progressive des combustibles fossiles et un investissement conséquent dans des sources d'énergie et des chaînes d'approvisionnement propres. Au lieu de cela, trop d'engagements pris sous le prétexte d'aboutir à l'objectif 'zéro émission nette' ne font que masquer l'inaction climatique des acteurs concernés. C'est un jeu dangereux pour l'avenir de notre planète.", affirme Nafkote Dabi, responsable des politiques climatiques à Oxfam International.Plus de 120 pays, dont les trois principaux producteurs d'émissions au monde, les États-Unis, la Chine et l'Union européenne, se sont engagés à atteindre l'objectif "zéro émission nette" d'ici 2050. "Leurs promesses sont pour la plupart imprécises et ne s'appuient pas sur des plans assortis de résultats mesurables", dénonce Oxfam.La Belgique prévoit ainsi de porter la part des biocarburants dans les transports belges à 14% en 2030, alors qu'elle était de 5,5% en 2017. "Ce faisant, elle profite du laxisme des directives européennes qui considèrent qu'elle réduit ainsi ses émissions. Vu que la Belgique produit à peine 3% des agrocarburants qu'elle consomme sur son sol, ce sont les pays à faible et moyen revenu qui en subiront les effets néfastes", observe l'ONG. "Si des objectifs zéro 'émission nette' sont utilisés, ceux-ci doivent être mesurables, transparents et donner la priorité à une coupe franche des émissions d'ici 2030. Les plans de stockage du carbone ne sauraient se substituer à ceux destinés à réduire les émissions, et celles-ci doivent être comptabilisées séparément", conclut Oxfam.