Beaucoup de cétacés sont retrouvés morts à la suite d'une collision avec un navire. Les baleines sont parmi les plus touchées. Des chercheurs américains se sont penchés sur la question: pourquoi ne fuient-elles pas à la vue de ces machines si grosses et bruyantes ?

Des tests en Californie

Pour cela, ils ont étudié de près le comportement de la baleine bleue, une espèce en danger. Sciences et Avenir revient sur une des populations les plus importantes du monde, le long des côtes dans le sud de la Californie. Ce groupe compterait entre 2 000 et 3 000 cétacés. Comme la zone est également très fréquentée par les bateaux, les rencontres sont fréquentes et très souvent fatales. Entre 1998 et 2007, 21 collisions mortelles ont été déclarées entre un cargo et une baleine bleue.

C'est essentiellement dans cette aire que se sont concentrées les recherches. Ils ont équipé neuf des animaux du groupe d'un GPS, d'un accéléromètre (des petits appareils pour mesurer l'accélération linéaire) et de moniteurs acoustiques. Les scientifiques ont ainsi pu suivre les mouvements des baleines durant plusieurs jours. Après avoir récupéré les positions des cargos ainsi que leur vitesse toutes les six à dix secondes, ils ont croisé ces informations avec celles des GPS.

Bilan inquiétant pour l'espèce

Ces tests ont fait ressortir un constat alarmant pour la survie de la baleine bleue et des autres espèces de baleines: elles ne peuvent pas éviter les navires. C'est essentiellement la vitesse des cargos qui est en cause dans ces collisions, mais aussi le manque de réactivité de l'animal. Plutôt que de dévier sa trajectoire à la vue du danger, la baleine plonge vers les profondeurs. Le problème est qu'elle descend à une vitesse moyenne de 2 km/h, ce qui est trop lent pour esquiver le choc avec un cargo proche des 35 km/h.

Un autre élément, plus surprenant, est à prendre en compte. Face au danger, la baleine n'aurait pas conscience de l'urgence et préférerait économiser de l'énergie et du temps pour chercher de la nourriture plutôt que de plonger.

Vu la gravité de la situation, des mesures sont progressivement mises en place. Une première visant à réduire la vitesse des bateaux de presque 10 km/h a montré des résultats positifs. En réduisant la vitesse des paquebots à 19 km/h, le nombre d'accidents dans la zone d'étude était même presque nul.

Par Camille Ledun

Beaucoup de cétacés sont retrouvés morts à la suite d'une collision avec un navire. Les baleines sont parmi les plus touchées. Des chercheurs américains se sont penchés sur la question: pourquoi ne fuient-elles pas à la vue de ces machines si grosses et bruyantes ?Des tests en CaliforniePour cela, ils ont étudié de près le comportement de la baleine bleue, une espèce en danger. Sciences et Avenir revient sur une des populations les plus importantes du monde, le long des côtes dans le sud de la Californie. Ce groupe compterait entre 2 000 et 3 000 cétacés. Comme la zone est également très fréquentée par les bateaux, les rencontres sont fréquentes et très souvent fatales. Entre 1998 et 2007, 21 collisions mortelles ont été déclarées entre un cargo et une baleine bleue. C'est essentiellement dans cette aire que se sont concentrées les recherches. Ils ont équipé neuf des animaux du groupe d'un GPS, d'un accéléromètre (des petits appareils pour mesurer l'accélération linéaire) et de moniteurs acoustiques. Les scientifiques ont ainsi pu suivre les mouvements des baleines durant plusieurs jours. Après avoir récupéré les positions des cargos ainsi que leur vitesse toutes les six à dix secondes, ils ont croisé ces informations avec celles des GPS. Bilan inquiétant pour l'espèceCes tests ont fait ressortir un constat alarmant pour la survie de la baleine bleue et des autres espèces de baleines: elles ne peuvent pas éviter les navires. C'est essentiellement la vitesse des cargos qui est en cause dans ces collisions, mais aussi le manque de réactivité de l'animal. Plutôt que de dévier sa trajectoire à la vue du danger, la baleine plonge vers les profondeurs. Le problème est qu'elle descend à une vitesse moyenne de 2 km/h, ce qui est trop lent pour esquiver le choc avec un cargo proche des 35 km/h. Un autre élément, plus surprenant, est à prendre en compte. Face au danger, la baleine n'aurait pas conscience de l'urgence et préférerait économiser de l'énergie et du temps pour chercher de la nourriture plutôt que de plonger. Vu la gravité de la situation, des mesures sont progressivement mises en place. Une première visant à réduire la vitesse des bateaux de presque 10 km/h a montré des résultats positifs. En réduisant la vitesse des paquebots à 19 km/h, le nombre d'accidents dans la zone d'étude était même presque nul. Par Camille Ledun