Le réchauffement climatique n'a pas que des conséquences sur l'environnement et le climat, mais modifierait également la morphologie de certains animaux. Ce nouveau phénomène - qui prouve une fois de plus la capacité d'adaptation des animaux au réchauffement de leur écosystème - a été mis en lumière dans une récente étude.
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Le réchauffement climatique n'a pas que des conséquences sur l'environnement et le climat, mais modifierait également la morphologie de certains animaux. Ce nouveau phénomène - qui prouve une fois de plus la capacité d'adaptation des animaux au réchauffement de leur écosystème - a été mis en lumière dans une récente étude.Des analyses précédentes avaient déjà montré que le réchauffement climatique rendait les animaux de plus en plus petits. Les chercheurs font aujourd'hui un nouveau constat: des oiseaux aux becs plus longs, des souris aux oreilles plus grandes, des chauves-souris aux ailes de plus grande envergure... Certains animaux voient des zones particulières de leur corps se métamorphoser.Ces appendices jouent un rôle important dans la thermorégulation des animaux. Le bec des oiseaux ou les oreilles des mammifères peuvent par exemple être utilisés pour évacuer l'excès de chaleur corporelle. Une fonction bien pratique dans les pays chauds, surtout quand on sait qu'une mauvaise régulation de la température interne peut être mortelle. "L'incapacité à maintenir la température corporelle dans des limites critiques peut entraîner la perte de fonctions physiologiques et la mort", ont rappelé les chercheurs. Les éléphants d'Afrique, par exemple, sont capables de dissiper une partie de leur chaleur interne par le biais de leurs oreilles. Des changements qui illustrent parfaitement la règle d'Allen, selon laquelle les animaux issus de climats plus froids ont des membres et des appendices plus courts que ceux vivant dans des climats plus chauds. Et si les métamorphoses des appendices sont aujourd'hui relativement petites - augmentation de la taille de moins de 10 % -, sur le long terme, la morphologie des animaux pourrait connaître de plus grands changements. "Nous pourrions aboutir à un Dumbo en version réelle dans un futur pas si lointain" a ainsi déclaré avec humour Sara Ryding, chercheuse à l'université Deakin en Australie et coautrice de l'étude.Dans le cadre de cette enquête, plus de trente espèces différentes ont été examinées. Les résultats obtenus montrent que les oiseaux sont particulièrement concernés par cette tendance, a indiqué Sara Ryding. Chez les oiseaux, le bec et les pattes sont en effet des zones fortement vascularisées et dépourvues de l'isolation conférée par les plumes, essentielles à leur thermorégulation. Depuis 1871, la taille du bec de certains perroquets australiens a ainsi augmenté de 4 à 10% en moyenne. Une évolution similaire a été observée chez le junco aux yeux noirs d'Amérique du Nord. Une croissance positivement corrélée avec l'augmentation des températures estivales. Les changements climatiques ont également eu un impact sur la morphologie des mammifères. La chauve-souris d'Asie Hipposideros armiger aurait ainsi augmenté la taille de ses ailes de 1,64 % depuis 1950. Sur la même période, la queue et les pattes de la musaraigne cendrée se sont significativement allongées. Chez certaines souris, la taille des oreilles est aujourd'hui plus importante qu'il y a quelques années.Difficile néanmoins d'attribuer avec certitude ces changements à un unique facteur. Les animaux évoluent, oui, mais pas nécessairement à cause du réchauffement climatique. Les intempéries peuvent elles aussi influencer la taille du bec des oiseaux. " Nous ne savons pas non plus si ces changements de forme aident réellement à la survie, et sont donc bénéfiques - ou non. Ce phénomène de métamorphose ne doit pas être considéré comme positif, mais plutôt comme alarmant, car le changement climatique pousse les animaux à évoluer de la sorte, dans un laps de temps relativement court", a-t-elle précisé au média américain CNN.D'autant que personne ne peut prédire avec certitude que les animaux seront capables de poursuivre cette métamorphose au fur et à mesure que la crise climatique s'aggrave. Pour la chercheuse, une chose est sûre : certaines espèces s'adapteront, d'autres non.