Dimanche, lors du premier concours de pêche de silures de Flémalle, un spécimen de plus de deux mètres de long a été attrapé. Ce mastodonte n'est pourtant pas une exception. Les silures de cette taille sont de plus en plus nombreux à retourner la vase de nos rivières. "Ils sont très présents dans la Meuse et la Sambre, aux eaux riches et paisibles, mais beaucoup moins dans les cours ardennais plus clairs et frais", confirme Frédéric Dumonceau, directeur de la Maison wallonne de la pêche.

Les plus gros spécimens peuvent atteindre 2,70 mètres de long., Capture d'écran Youtube
Les plus gros spécimens peuvent atteindre 2,70 mètres de long. © Capture d'écran Youtube

Echappé de Tihange

Mais d'où vient cette impressionnante bestiole ? Sa présence est attestée dans les eaux belges avant la dernière période de glaciation européenne, entre 1500 et 1850. Il n'avait alors survécu que dans le Danube. Son retour progressif en Europe de l'Ouest a été facilité par un super-pouvoir peu ragoûtant : le silure est bioaccumulateur, c'est-à-dire qu'il ne craint pas d'absorber les éléments chimiques et métaux lourds présents dans l'eau. "La pollution industrielle a créé une niche écologique. Là où les autres espèces ont disparu les unes après les autres, le silure n'avait plus qu'à se développer." Et à remonter les canaux artificiels établis entre le Danube, le Rhin et la Meuse au cours des derniers siècles.

Sa réapparition massive en Belgique n'a, elle non plus, rien de naturel. Le scénario est même digne d'un film de science-fiction : "On soupçonne que des spécimens étudiés au centre d'aquaculture de Tihange se soient échappés dans les années 80." Le centre avait été installé près de la centrale précisément pour profiter de ses rejets d'eau chaude, dans laquelle s'épanouit le silure.

Un mangeur de pigeons

Le silure n'a pas un physique facile : presque aveugle, il est dépourvu d'écailles et recouvert d'une peau visqueuse grisâtre. Ce poisson est essentiellement détritivore. Pour cette raison, il est plutôt déconseillé de le consommer. Mais le silure reste aussi un carnassier féroce, qui se nourrit d'écrevisses, d'autres poissons voire de rats à l'occasion. Dans le Tarn, des spécimens ont même été filmés en train d'attaquer des pigeons, s'échouant tels des orques sur les rives. Heureusement, leurs petites dents les rendent inoffensifs pour l'homme.

Certains s'inquiètent de la prolifération de l'espèce, accusée de menacer l'équilibre des écosystèmes. En 2013, une alerte avait été lancée sur son apparition près de Wépion, concomitante à la baisse des pêches de carpes. Frédéric Demonceau est plus mesuré : "Aucune étude n'a pour l'instant montré que le silure est une réelle menace. Par contre, il a contribué à réduire la population de brêmes, un autre poisson carnassier, permettant à d'autres espèces de se rétablir." Le silure serait-il finalement victime d'un délit de sale gueule ?

Dimanche, lors du premier concours de pêche de silures de Flémalle, un spécimen de plus de deux mètres de long a été attrapé. Ce mastodonte n'est pourtant pas une exception. Les silures de cette taille sont de plus en plus nombreux à retourner la vase de nos rivières. "Ils sont très présents dans la Meuse et la Sambre, aux eaux riches et paisibles, mais beaucoup moins dans les cours ardennais plus clairs et frais", confirme Frédéric Dumonceau, directeur de la Maison wallonne de la pêche.Mais d'où vient cette impressionnante bestiole ? Sa présence est attestée dans les eaux belges avant la dernière période de glaciation européenne, entre 1500 et 1850. Il n'avait alors survécu que dans le Danube. Son retour progressif en Europe de l'Ouest a été facilité par un super-pouvoir peu ragoûtant : le silure est bioaccumulateur, c'est-à-dire qu'il ne craint pas d'absorber les éléments chimiques et métaux lourds présents dans l'eau. "La pollution industrielle a créé une niche écologique. Là où les autres espèces ont disparu les unes après les autres, le silure n'avait plus qu'à se développer." Et à remonter les canaux artificiels établis entre le Danube, le Rhin et la Meuse au cours des derniers siècles.Sa réapparition massive en Belgique n'a, elle non plus, rien de naturel. Le scénario est même digne d'un film de science-fiction : "On soupçonne que des spécimens étudiés au centre d'aquaculture de Tihange se soient échappés dans les années 80." Le centre avait été installé près de la centrale précisément pour profiter de ses rejets d'eau chaude, dans laquelle s'épanouit le silure.Le silure n'a pas un physique facile : presque aveugle, il est dépourvu d'écailles et recouvert d'une peau visqueuse grisâtre. Ce poisson est essentiellement détritivore. Pour cette raison, il est plutôt déconseillé de le consommer. Mais le silure reste aussi un carnassier féroce, qui se nourrit d'écrevisses, d'autres poissons voire de rats à l'occasion. Dans le Tarn, des spécimens ont même été filmés en train d'attaquer des pigeons, s'échouant tels des orques sur les rives. Heureusement, leurs petites dents les rendent inoffensifs pour l'homme.Certains s'inquiètent de la prolifération de l'espèce, accusée de menacer l'équilibre des écosystèmes. En 2013, une alerte avait été lancée sur son apparition près de Wépion, concomitante à la baisse des pêches de carpes. Frédéric Demonceau est plus mesuré : "Aucune étude n'a pour l'instant montré que le silure est une réelle menace. Par contre, il a contribué à réduire la population de brêmes, un autre poisson carnassier, permettant à d'autres espèces de se rétablir." Le silure serait-il finalement victime d'un délit de sale gueule ?