L'année passée, la Belgique a vu un impressionnant mouvement de la part de sa jeunesse, qui s'est lancée dans des grèves scolaires et des marches pour le climat tous les jeudis. Les principales porte-parole de ce mouvement - Anuna de Wever, Kyra Gantois et Adélaïde Charlier - ont toutefois été l'objet de plusieurs critiques sur la manière de faire : elles auraient dû ne pas rater les cours, être moins incisives dans leurs critiques, etc.

Les données les plus récentes tendent à montrer que les modes d'action du mouvement des jeunes belges pour le climat n'étaient pas si mauvais que ça. Au contraire, même, car il est celui d'Europe qui a sensibilisé le plus largement. L'Union européenne a commandé deux sondages "Eurobaromètre", en septembre 2018 (début du mouvement climat) et en mars 2019 (son apogée). Ces deux sondages interrogeaient la population sur les trois priorités que l'Europe devrait défendre. Les résultats montrent qu'entre les deux sondages, le pourcentage de Belges mentionnant le climat comme priorité est passé de 47 à 57% (+10 points de pourcentage), contre seulement de 40 à 43% (+3) en moyenne en Europe. Le plus frappant est le résultat concernant uniquement les jeunes. En septembre 2018, ils n'étaient que 46% des Belges de 15 à 24 ans à considérer le climat comme un enjeu prioritaire, contre 68% en mars 2019 (+22 points de pourcentage). Sensibiliser près d'un quart d'une génération en seulement 7 mois est une véritable prouesse, unique en Europe.

Ce phénomène n'a pas eu lieu dans les autres pays. En France, en Allemagne, aux Pays-Bas et même en Suède, le pays de Greta Thunberg, le nombre de jeunes considérant le climat comme prioritaire n'a respectivement évolué que de +5, +4, -11 et +2 points de pourcentage. Ces évolutions dans les pays voisins peuvent être expliquées en partie par d'autres enjeux d'actualité (les Gilets jaunes en France, l'immigration aux Pays-Bas) ou par des niveaux de sensibilisation déjà hauts (Suède). Mais, en plus de cela, il semble que la stratégie mise en place en Belgique ait été efficace.

D'une part, les jeunes Belges ont utilisé des modes d'action assez forts, tels que des grèves et des manifestations, tout en veillant à mobiliser au-delà des gens déjà convaincus. D'autre part, leurs messages étaient incisifs, tout en restant suffisamment larges pour être audibles par une large frange de la population. Cet équilibre entre radicalité et élargissement du mouvement a permis à de nombreuses personnes de rejoindre les mobilisations et de se politiser par l'action.

Si, dans les prochains mois, la jeunesse devait redescendre dans la rue pour le climat, ce sont sans doute des ingrédients qui devraient être réutilisés afin - cette fois - d'obtenir des résultats concrets.

L'année passée, la Belgique a vu un impressionnant mouvement de la part de sa jeunesse, qui s'est lancée dans des grèves scolaires et des marches pour le climat tous les jeudis. Les principales porte-parole de ce mouvement - Anuna de Wever, Kyra Gantois et Adélaïde Charlier - ont toutefois été l'objet de plusieurs critiques sur la manière de faire : elles auraient dû ne pas rater les cours, être moins incisives dans leurs critiques, etc. Les données les plus récentes tendent à montrer que les modes d'action du mouvement des jeunes belges pour le climat n'étaient pas si mauvais que ça. Au contraire, même, car il est celui d'Europe qui a sensibilisé le plus largement. L'Union européenne a commandé deux sondages "Eurobaromètre", en septembre 2018 (début du mouvement climat) et en mars 2019 (son apogée). Ces deux sondages interrogeaient la population sur les trois priorités que l'Europe devrait défendre. Les résultats montrent qu'entre les deux sondages, le pourcentage de Belges mentionnant le climat comme priorité est passé de 47 à 57% (+10 points de pourcentage), contre seulement de 40 à 43% (+3) en moyenne en Europe. Le plus frappant est le résultat concernant uniquement les jeunes. En septembre 2018, ils n'étaient que 46% des Belges de 15 à 24 ans à considérer le climat comme un enjeu prioritaire, contre 68% en mars 2019 (+22 points de pourcentage). Sensibiliser près d'un quart d'une génération en seulement 7 mois est une véritable prouesse, unique en Europe.Ce phénomène n'a pas eu lieu dans les autres pays. En France, en Allemagne, aux Pays-Bas et même en Suède, le pays de Greta Thunberg, le nombre de jeunes considérant le climat comme prioritaire n'a respectivement évolué que de +5, +4, -11 et +2 points de pourcentage. Ces évolutions dans les pays voisins peuvent être expliquées en partie par d'autres enjeux d'actualité (les Gilets jaunes en France, l'immigration aux Pays-Bas) ou par des niveaux de sensibilisation déjà hauts (Suède). Mais, en plus de cela, il semble que la stratégie mise en place en Belgique ait été efficace. D'une part, les jeunes Belges ont utilisé des modes d'action assez forts, tels que des grèves et des manifestations, tout en veillant à mobiliser au-delà des gens déjà convaincus. D'autre part, leurs messages étaient incisifs, tout en restant suffisamment larges pour être audibles par une large frange de la population. Cet équilibre entre radicalité et élargissement du mouvement a permis à de nombreuses personnes de rejoindre les mobilisations et de se politiser par l'action.Si, dans les prochains mois, la jeunesse devait redescendre dans la rue pour le climat, ce sont sans doute des ingrédients qui devraient être réutilisés afin - cette fois - d'obtenir des résultats concrets.