L'Arctique est recouvert en grande partie de permafrost - ou pergélisol -, une couche, faite de roche ou de sédiments, gelée en permanence et donc imperméable, au moins pendant deux ans de suite. Ce phénomène naturel est l'une des grandes victimes du réchauffement climatique, au point que la fonte est désormais visible à l'oeil nu.
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L'Arctique est recouvert en grande partie de permafrost - ou pergélisol -, une couche, faite de roche ou de sédiments, gelée en permanence et donc imperméable, au moins pendant deux ans de suite. Ce phénomène naturel est l'une des grandes victimes du réchauffement climatique, au point que la fonte est désormais visible à l'oeil nu. Ces vastes étendues de permafrost retiennent de grandes quantités de CO2 et l'empêchent d'être libéré dans l'atmosphère. Mais de nouvelles recherches publiées dans la revue Nature Climate Change montrent que, sous l'impulsion du réchauffement global, il dégèle si rapidement que la région est désormais aussi source de carbone.Si, en été, la végétation absorbe le dioxyde de carbone, ces efforts sont masqués par la quantité libérée durant l'hiver. Les scientifiques estiment ainsi que 1,7 milliard de tonnes de CO2 sont libérées annuellement entre octobre et avril. Ce chiffre est presque deux fois plus élevé que les estimations précédentes. De plus, il dépasse, et de loin, le milliard de tonnes de carbone absorbé pendant les belles saisons."Cette étude est une étape importante pour comprendre comment la perte de CO2 des sols l'emporte sur l'absorption du dioxyde de carbone de l'atmosphère par la végétation. Nous savons depuis longtemps que les sols dégelés libèrent du CO2 pendant l'été, mais nous ne savions pas vraiment combien de dioxyde de carbone est émis pendant les mois d'hiver", explique le Dr Jennifer Watts, chercheuse au Woods Hole Research Center, une organisation scientifique qui étudie les impacts et les solutions du changement climatique. D'ici 2100, les émissions hivernales de CO2 de l'Arctique pourraient augmenter de 41%, dans le pire scénario, selon le document consulté par The Independent. Actuellement, le permafrost couvre 24% des terres de l'hémisphère Nord et contient plus de carbone que jamais. Les chercheurs ont recueilli des décennies de données et ont ensuite utilisé un modèle pour prédire comment cela changerait à mesure que les températures se réchauffaient. Les scientifiques ont constaté que si les pays pouvaient s'en tenir à l'accord de Paris sur le climat et limiter le réchauffement de la planète à 2°C, l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone serait de 17%."Cette étude souligne la nécessité de réduire considérablement les émissions de combustibles fossiles afin d'empêcher le carbone du permafrost de pénétrer dans l'atmosphère", souligne l'organisation.