Comme chaque année depuis l'investiture du "carbofasciste" Bolsonaro, l'année écoulée est à nouveau présentée comme la pire de la décennie pour les déforestations illégales et les feux de forêts. Les deux phénomènes sont liés : des incendies sont volontairement déclenchés pour détruire des aires boisées afin d'y pratiquer des cultures jugées plus rentables pour ceux qui s'approprient les terres, et en retour les bois coupés jonchant le sol fournissent, une fois secs, un combustible qui alimente les feux. Cela rend les feux hors de contrôle, surtout en cette période de sécheresse aiguë; n'en déplaise à Jair Bolsonaro. Le président brésilien a dépêché 6.000 militaires et pompiers pour éviter des catastrophes, mais refuse toujours de juguler les causes à l'origine de la destruction du poumon de la Planète.

Ainsi, entre l'été 2020 et l'été 2021, la surface déforestée a augmenté de 57 % par rapport à l'année précédente! On estime aussi que depuis la prise de fonction de Bolsonaro en 2018, le taux de déforestation a augmenté de quelque 50 %, chiffre qui est un bon indice de sa politique agressive à l'égard de l'environnement.

La situation qualifiée d'une gravité extrême est désormais celle que les experts du climat et des écosystèmes redoutaient depuis des années: la forêt amazonienne, réputée pour absorber 2 milliards de tonnes de CO2 que nous émettons chaque année, n'est plus en état de remplir cette fonction. Pire, elle commence à relâcher du carbone qu'elle stockait. Tels sont les résultats d'une étude parue sans grand fracas mi-juillet dans le magazine Nature et produite par des experts du ministère brésilien de la technologie, des sciences et de l'innovation.

Malgré cette politique désastreuse, la Commission européenne veut coûte que coûte sauver un accord de commerce avec les quatre pays latino-américains du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Le sort de la forêt amazonienne est une pomme de discorde depuis que des ONG, des universitaires et un rapport produit pour le gouvernement français ont montré que l'accord, en galvanisant la production de soja, de viande bovine, de biocarburants, etc., aurait pour effet d'intensifier les déforestation. S'il venait à être appliqué, il affaiblirait encore un peu plus la résilience climatique de la Planète, tout en augmentant la pression sur une biodiversité mondiale déjà mise à mal. En ce sens, cet accord dont les négociations remontent à 20 ans n'est pas en phase avec les objectifs climatiques et environnementaux de la communauté internationale. Le décalage est encore plus flagrant depuis la diffusion du dernier rapport du GIEC, quelques jours après l'étude publiée dans Nature, qui exige un sursaut mondial.

La Commission européenne et les États membres qui continuent à soutenir l'accord ne peuvent plus fermer les yeux. Ce faisant, ils condamnent les générations futures et ruinent la crédibilité de l'UE, qui entend faire bonne figure à la COP26, ce sommet climatique qui se tiendra à Glasgow du 1er au 12 novembre 2021.

Certes, la Commission annonce pour les prochains mois une législation visant à limiter l'entrée sur les marchés européens de produits qui accélèrent les déforestations. Ce texte est souhaitable dans la mesure où les Européens sont responsables de 10 % des déforestations dans le monde. Mais si l'Europe veut jouer un rôle décisif dans la lutte contre les changements climatiques, elle ne peut en rester là. Elle doit utiliser sa puissance économique pour peser sur l'attitude de ses partenaires commerciaux et surtout, arrêter de conclure des accords commerciaux qui amplifient les problèmes existants au lieu de les régler.

L'UE doit inclure dans tous les accords de commerce une clause de "suprématie environnementale" selon laquelle les mesures prises par les Parties signataires en application d'accords environnementaux l'emportent sur les dispositions en matière d'ouverture des marchés, pour autant que ces mesures ne soient pas une forme de protectionnisme déguisé. Et si, pour changer, on s'inspirait de ce qui se fait outre-Atlantique ? L'accord conclu entre le Canada, le Mexique et les États-Unis (USMCA) et modernisé en 2018 contient une telle disposition, et l'administration Biden ambitionne encore de la renforcer.

Comme chaque année depuis l'investiture du "carbofasciste" Bolsonaro, l'année écoulée est à nouveau présentée comme la pire de la décennie pour les déforestations illégales et les feux de forêts. Les deux phénomènes sont liés : des incendies sont volontairement déclenchés pour détruire des aires boisées afin d'y pratiquer des cultures jugées plus rentables pour ceux qui s'approprient les terres, et en retour les bois coupés jonchant le sol fournissent, une fois secs, un combustible qui alimente les feux. Cela rend les feux hors de contrôle, surtout en cette période de sécheresse aiguë; n'en déplaise à Jair Bolsonaro. Le président brésilien a dépêché 6.000 militaires et pompiers pour éviter des catastrophes, mais refuse toujours de juguler les causes à l'origine de la destruction du poumon de la Planète.Ainsi, entre l'été 2020 et l'été 2021, la surface déforestée a augmenté de 57 % par rapport à l'année précédente! On estime aussi que depuis la prise de fonction de Bolsonaro en 2018, le taux de déforestation a augmenté de quelque 50 %, chiffre qui est un bon indice de sa politique agressive à l'égard de l'environnement.La situation qualifiée d'une gravité extrême est désormais celle que les experts du climat et des écosystèmes redoutaient depuis des années: la forêt amazonienne, réputée pour absorber 2 milliards de tonnes de CO2 que nous émettons chaque année, n'est plus en état de remplir cette fonction. Pire, elle commence à relâcher du carbone qu'elle stockait. Tels sont les résultats d'une étude parue sans grand fracas mi-juillet dans le magazine Nature et produite par des experts du ministère brésilien de la technologie, des sciences et de l'innovation.Malgré cette politique désastreuse, la Commission européenne veut coûte que coûte sauver un accord de commerce avec les quatre pays latino-américains du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Le sort de la forêt amazonienne est une pomme de discorde depuis que des ONG, des universitaires et un rapport produit pour le gouvernement français ont montré que l'accord, en galvanisant la production de soja, de viande bovine, de biocarburants, etc., aurait pour effet d'intensifier les déforestation. S'il venait à être appliqué, il affaiblirait encore un peu plus la résilience climatique de la Planète, tout en augmentant la pression sur une biodiversité mondiale déjà mise à mal. En ce sens, cet accord dont les négociations remontent à 20 ans n'est pas en phase avec les objectifs climatiques et environnementaux de la communauté internationale. Le décalage est encore plus flagrant depuis la diffusion du dernier rapport du GIEC, quelques jours après l'étude publiée dans Nature, qui exige un sursaut mondial.La Commission européenne et les États membres qui continuent à soutenir l'accord ne peuvent plus fermer les yeux. Ce faisant, ils condamnent les générations futures et ruinent la crédibilité de l'UE, qui entend faire bonne figure à la COP26, ce sommet climatique qui se tiendra à Glasgow du 1er au 12 novembre 2021.Certes, la Commission annonce pour les prochains mois une législation visant à limiter l'entrée sur les marchés européens de produits qui accélèrent les déforestations. Ce texte est souhaitable dans la mesure où les Européens sont responsables de 10 % des déforestations dans le monde. Mais si l'Europe veut jouer un rôle décisif dans la lutte contre les changements climatiques, elle ne peut en rester là. Elle doit utiliser sa puissance économique pour peser sur l'attitude de ses partenaires commerciaux et surtout, arrêter de conclure des accords commerciaux qui amplifient les problèmes existants au lieu de les régler.L'UE doit inclure dans tous les accords de commerce une clause de "suprématie environnementale" selon laquelle les mesures prises par les Parties signataires en application d'accords environnementaux l'emportent sur les dispositions en matière d'ouverture des marchés, pour autant que ces mesures ne soient pas une forme de protectionnisme déguisé. Et si, pour changer, on s'inspirait de ce qui se fait outre-Atlantique ? L'accord conclu entre le Canada, le Mexique et les États-Unis (USMCA) et modernisé en 2018 contient une telle disposition, et l'administration Biden ambitionne encore de la renforcer.