Des arbres qui poussent au pôle Sud, un niveau de la mer 20 mètres plus élevé et des températures mondiales 3 à 4°C plus chaudes : c'est ce à quoi les scientifiques sont confrontés lorsqu'ils se penchent sur l'époque où il y avait autant de CO2 dans l'atmosphère qu'aujourd'hui. A l'aide de données sédimentaires et de fossiles de plantes, les chercheurs ont découvert que les températures aux abords du pôle Sud étaient d'environ 20°C plus élevées qu'aujourd'hui à l'époque Pliocène, entre 5,3 et 2,6 millions d'années avant notre ère. Durant le Pliocène, une variété de hêtres et peut-être de conifères poussaient à quelques centaines de km du pôle Sud. Leurs restes ont été mis à jour sous ...

Des arbres qui poussent au pôle Sud, un niveau de la mer 20 mètres plus élevé et des températures mondiales 3 à 4°C plus chaudes : c'est ce à quoi les scientifiques sont confrontés lorsqu'ils se penchent sur l'époque où il y avait autant de CO2 dans l'atmosphère qu'aujourd'hui. A l'aide de données sédimentaires et de fossiles de plantes, les chercheurs ont découvert que les températures aux abords du pôle Sud étaient d'environ 20°C plus élevées qu'aujourd'hui à l'époque Pliocène, entre 5,3 et 2,6 millions d'années avant notre ère. Durant le Pliocène, une variété de hêtres et peut-être de conifères poussaient à quelques centaines de km du pôle Sud. Leurs restes ont été mis à jour sous forme de fossiles. Une comparaison qui laisse penser que le changement climatique causé par l'être humain pourrait rendre l'Antarctique vert à nouveau, à mesure que les nappes glaciaires s'amenuisent. De nombreux scientifiques utilisent des modèles informatiques sophistiqués pour prédire les impacts du changement climatique, mais ils recherchent également des exemples concrets dans le passé, pour aborder la problématique avec d'autres perspectives. Et le Pliocène représenterait une "analogie correcte", selon Martin Siegert (Imperial College de Londres), géophysicien et spécialiste des changements climatiques. Les combustibles fossiles libèrent du CO2 dans l'atmosphère extrêmement rapidement, bien qu'il faille du temps pour que l'atmosphère et les océans réagissent pleinement. Les températures sont peut-être actuellement plus basses que dans le Pliocène, mais ce n'est qu'une question de décalage, "un peu comme préchauffer un four à 200°C", explique-t-il. "C'est une découverte incroyable. Ils ont trouvé des fossiles de feuilles d'arbres typiques de l'hémisphère sud. Je les appelle les dernières forêts de l'Antarctique. Elles poussaient à 400 ppm (parties par million) de CO2, donc c'est peut-être là que nous retournons, avec des calottes glaciaires qui fondent, permettant aux plantes de coloniser à nouveau", confirme Jane Francis, directrice du British Antarctic Survey, citée par The Independent. Le cap des 400 ppm de moyenne a en effet été atteint en 2015, pour la première fois depuis le début des enregistrements, selon des chiffres de l'Organisation météorologique mondiale. La présence de plantes a démontré que la calotte glaciaire de l'Antarctique était beaucoup plus petite à l'époque, et que le niveau de la mer était beaucoup plus élevé. "Une élévation de vingt mètres du niveau de la mer aurait un impact majeur sur toutes nos villes côtières et toutes les zones côtières habitées", craint Francis. Outre l'exemple rétrospectif, les régions polaires sont particulièrement importantes pour comprendre le climat mondial, car c'est là que le changement se produit en premier, est visible et qu'il est le plus révélateur. Il y a 100 millions d'années, durant le Crétacé, un climat encore plus extrême s'était produit. Les niveaux de CO2 avaient atteint 1100 ppm. L'Antarctique se trouvait encore au-dessus du pôle Sud, mais la région était chaude et couverte de grandes forêts, précise The Guardian. "Si nous maintenons les émissions au rythme actuel, nous atteindrons 1000 ppm d'ici la fin du siècle", déclare Siegert. Selon lui, les émissions ont cependant permis d'écarter un retour à l'ère glaciaire, ce qui s'est produit plusieurs fois au cours du dernier million d'années. Le CO2 est aujourd'hui trop important pour que cela puisse arriver.