Tous les enfants rêvent de partir à l'aventure pour apercevoir des animaux sauvages. Et quand voyager à l'autre bout de la planète n'est pas possible, se rendre au zoo reste une des activités favorites des plus petits. Beaucoup envient les soigneurs, qui ont "la chance" de s'approcher des éléphants pour leur faire prendre un bain. Aujourd'hui, le tourisme animalier a la cote. En témoignent les nombreuses photos qui tapissent les réseaux sociaux. Selon l'ONG World Animal Protection (WAP), ce tourisme représente un marché global de quelque 225 millions d'euros. Bref, une source de revenus non négligeable pour les pays en voie de développement.
...

Tous les enfants rêvent de partir à l'aventure pour apercevoir des animaux sauvages. Et quand voyager à l'autre bout de la planète n'est pas possible, se rendre au zoo reste une des activités favorites des plus petits. Beaucoup envient les soigneurs, qui ont "la chance" de s'approcher des éléphants pour leur faire prendre un bain. Aujourd'hui, le tourisme animalier a la cote. En témoignent les nombreuses photos qui tapissent les réseaux sociaux. Selon l'ONG World Animal Protection (WAP), ce tourisme représente un marché global de quelque 225 millions d'euros. Bref, une source de revenus non négligeable pour les pays en voie de développement.Les activités qui impliquent une trop grande proximité, voire un contact direct avec l'animal, sont à la fois source de divertissement pour les privilégiés, mais un véritable enfer pour les animaux en captivité, forcés de se produire sous les yeux émerveillés des nantis trop naïfs. Ce tourisme de masse condamnerait en effet plusieurs milliers d'animaux sauvages à une souffrance invisible, ou dissimulée aux yeux du public.En 2015, dans le cadre d'une étude consacrée au tourisme animalier, l'Université d'Oxford a examiné en détail 24 types d'attractions touristiques impliquant la faune sauvage, dont les parcs à éléphants, les interactions avec les tigres, les rencontres avec les lions, ou les fermes à tortues. " Entre 230 000 et 550 000 animaux sont détenus dans des attractions qui nuisent à leur bien-être. À titre de comparaison, seuls six types d'attractions, impliquant entre 1 500 et 13 000 animaux, ont été jugés susceptibles d'avoir des effets positifs sur le bien-être et la conservation - et tous étaient des sanctuaires pour la faune.", ont conclu les chercheurs.Balades à dos d'éléphantParmi les attractions phares proposées en Asie, on a les célèbres balades à dos d'éléphant. Dans des pays comme la Thaïlande, l'Inde et le Népal, l'animal est très souvent utilisé comme monture. L'éléphant né en captivité est d'ailleurs considéré comme un animal domestique, tant par les touristes que les populations locales. Pourtant, ce mammifère n'a jamais suivi de réel processus de "domestication", un processus sociobiologique. Le terme de "domestication" se réfère toujours à une espèce dans son entièreté. Par définition, une poignée d'individus élevés en captivité ne peut donc pas être considérée comme étant domestiquée. "Comparé à son cousin sauvage, une espèce domestiquée présente des différences significatives en matière d'instinct et d'anatomie", définit l'organisme WAP.Mais si les touristes ont la fausse impression d'avoir affaire à des animaux domestiques, c'est parce qu'ils sont confrontés à des animaux dociles, non dangereux. Mais pour arriver à faire de cet animal sauvage une monture sage et obéissante, les dresseurs emploient des méthodes cruelles, servant à "casser" l'esprit de l'animal. C'est ce qu'on appelle la technique de "Phajaan", basée sur la domination. En général, l'éléphanteau est séparé de sa mère à un très jeune âge pour ensuite être enchaîné à un poteau (certains dresseurs vont jusqu'à mettre un anneau à pointes métalliques qui s'enfoncent dans la patte de l'animal). Il est alors dans l'incapacité de se mouvoir, sauf lorsqu'on lui en donne expressément l'ordre. On force ensuite l'animal à accepter quelqu'un sur sa nuque et à réagir à certains signaux. Dans la plupart des cas, les dresseurs ont recours à la violence pour accélérer l'entraînement, et ce compris l'utilisation d'un crochet pour poignarder l'éléphant. Ils sont aussi parfois privés de nourriture et d'eau, histoire de renforcer la punition. Si le pachyderme ne meurt pas durant le processus, il est employé pour des balades, des spectacles ou des safaris.SelfiesLes stars d'Instagram sont souvent prêtes à tout pour nourrir leur compte des plus beaux clichés. Et quoi de mieux qu'un selfie pris aux côtés d'un félin ou d'un mignon petit singe ? En Thaïlande, la photographie d'animaux sauvages est une activité de divertissement assez courante, surtout avec le tigre. Malheureusement, pour rendre docile et amorphe cet animal et éviter qu'il n'attaque le premier passant venu l'admirer de (trop) près, le tigre est soumis à un dressage punitif. Loin de son habitat naturel, il passera sa vie enfermé dans une cage ou enchaîné à un poteau.Certains dresseurs n'hésitent pas à droguer l'animal ou ôter ses griffes pour permettre aux touristes de faire des selfies en toute sécurité. Les bébés sont aussi souvent enlevés à leur mère pour permettre aux visiteurs de les câliner et les nourrir au biberon.D'autres animaux subissent le même sort dans d'autres pays : ainsi, le paresseux, le singe, le dauphin, le hibou ou le serpent sont capturés à l'état sauvage ou élevés en captivité afin de faire des touristes les stars des réseaux sociaux.Au-delà des attractions touristiques qui ne respectent pas l'animal, il existe des lieux qui parviennent à allier tourisme et bien-être animal. Mais comment faire la différence ? Voici cinq signes, proposés par Geo.fr, qui permettent d'alerter le touriste sur la présence de mauvaises pratiques.Les animaux ont-ils été dressés ?Les spectacles d'animaux, dans des zoos ou dans des cirques, n'ont rien de naturel. Cela ne fait en rien partie des habitudes de l'espèce, et l'animal aura donc suivi un entraînement, brutal ou non, pour le forcer à faire des tours et ainsi amuser la galerie. Évitez donc toute attraction touristique qui met en scène la faune sauvage.Les animaux sont-ils en contact direct avec les touristes ?C'est une des questions les plus importantes à se poser pour éviter les éventuelles dérives du tourisme animalier. Si vous pouvez entrer en contact avec un animal sauvage (le caresser, lui faire un câlin, se rapprocher pour faire une photo, monter sur son dos...), c'est encore le signe d'un dressage qui n'est pas naturel pour l'animal. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'un animal a priori dangereux comme le tigre ou l'ours. Privilégiez les endroits où les interactions avec l'animal sont limitées, voire interdites.Les animaux sont-ils en bonne santé ?Si le touriste est loin d'être un spécialiste en la matière, certains signes peuvent suffire pour évaluer l'état de santé d'un animal. Une blessure non soignée, une maigreur inquiétante, un comportement apathique peuvent être le résultat de mauvaises conditions de vie, voire de maltraitance. Certains animaux présentent même des syndromes post-traumatiques, des tocs, indices de leur fragilité mentale. Les éléphants captifs vont par exemple se balancer de droite à gauche ou agiter leur tête. Certains oiseaux exotiques vont jusqu'à se mutiler, et s'arracher les plumes.Les animaux ont-ils assez d'espace pour vivre ?Un animal enchaîné, ou enfermé dans une cage trop étroite est le premier indicateur de maltraitance. Il doit disposer d'un espace suffisamment grand pour pouvoir se mouvoir, se tenir debout, se baigner ou escalader (pour certaines espèces), et surtout, se cacher des regards s'il le souhaite. Dans l'idéal, l'enclos doit se rapprocher le plus possible de l'habitat naturel de l'espèce. La propreté, la présence de nourriture et d'eau fraîche sont naturellement d'autres facteurs primordiaux.Y-a-t'il des bébés ?Pas facile de distinguer un vrai sanctuaire d'un faux. Généralement, la présence accrue de bébés est révélatrice. Normalement, les sanctuaires ne pratiquent pas la reproduction, même à des fins de conservation. Si le visiteur a la possibilité d'apercevoir un nombre important de bébés ou d'interagir avec eux, cela signifie que la conservation n'est pas l'objectif premier du lieu.