Quatre associations environnementales belges, BRAL, Bond Beter Leefmilieu, Inter-Environnement Wallonie et Greenpeace, encouragent le Gouvernement bruxellois à agir maintenant.

Le défi de la santé est plus urgent en ville

La pole-position des ambitions bruxelloises n'est pas surprenante. Les conséquences du changement climatique se font encore plus sentir en ville. Cet été, la canicule à Bruxelles a été implacable : le mercure dans les quartiers densément peuplés de la ville a grimpé à plusieurs reprises au-dessus de 40°.Conséquence : 700 morts supplémentaires pendant les trois vagues de chaleur dans toute la Belgique, a calculé Sciensano.

Le phénomène urbain des îlots de chaleur n'est pas seul à pousser les autorités bruxelloises à agir. La pollution atmosphérique et sonore nuit également à notre santé d'habitants des villes. Pour ne parler que de notre capitale, selon l'Agence Européenne pour l'Environnement, la pollution de l'air est responsable de plus de 600 décès prématurés chaque année, et Bruxelles Environnement a calculé que la pollution sonore coûte à tous les habitants de Bruxelles plus de 5.000 années de vie en bonne santé.

Bref, un environnement sanitaire déplorable. Il endommage notre qualité de vie et la santé de tous les habitants de notre capitale. Le fait que les autorités bruxelloises prennent aujourd'hui ces défis à coeur est dû en grande partie à sa population, qui se mobilise massivement. "Nous encourageons le Gouvernement bruxellois, comme Paris, Londres, Madrid et Amsterdam, à

former une ligne de front pour plus d'ambition européenne dans le domaine du climat et de la santé."

La place de la voiture

C'est indéniable : une politique axée sur le climat et la santé doit avoir le courage de remettre en cause le règne de l'impératrice Voiture. En voici trois raisons:

? Premièrement, la voiture pèse sur notre santé et notre qualité de vie. Elle pollue, génère des bruits et cause du stress. Cela n'affecte pas les seuls passants, travailleurs et habitants, mais aussi les conducteurs et passagers.

? De plus, la voiture implique un style de vie passif. L'Organisation Mondiale pour la Santé a calculé que des millions de décès peuvent être évités dans le monde si les villes s'engagent à réduire le nombre d'autos. Moins de voitures signifie non seulement moins d'accidents et moins de pollution de l'air, mais aussi plus d'activité physique de la population, si l'accent est mis sur la mobilité douce comme le vélo et la marche.

? Enfin et surtout, la voiture prend beaucoup de place, qu'elle soit en mouvement ou à l'arrêt. Actuellement, l'hégémonie automobile occupe pas moins de 70% de l'espace public bruxellois. Si l'on veut s'attaquer aux îlots de chaleur et faire place aux piétons et aux cyclistes, aux trams, aux petites terrasses et places ensoleillées, au vert, au bleu, ... il faut alors récupérer une bonne part de cet espace. De nombreuses villes se sont déjà engagées avec succès dans cette lutte. L'exemple de Stockholm montre que payer pour entrer parfois en auto... "ça roule", que la mesure bénéficie au final d'un grand soutien de la population, et qu'elle ne nuit pas à l'économie.

Tarification routière

Le Gouvernement bruxellois envisage une forme de tarification routière en réponse à la pression exercée par les voitures. Il s'agit d'un système par lequel une contribution est prélevée sur chaque déplacement auto dans la Région de Bruxelles-Capitale. Le système serait capable de reconnaître les plaques minéralogiques grâce aux caméras ANPR1. Les experts disent depuis longtemps que la tarification routière est le moyen le plus efficace de réduire la pression automobile. Une redevance kilométrique intelligente dans l'ensemble du pays peut y contribuer de manière substantielle. Mais les deux autres Régions ne comptent pas mettre en place un tel système.

1 Automatic Number Plate Recognition: le système de reconnaissance des plaques d'immatriculation déjà en service pour le contrôle la Zone de Basses Emissions bruxelloise (LEZ)

"En tant qu'organisations environnementales, nous demandons que les trois Régions et l'État fédéral - responsable des voitures de société et des taxes sur les carburants - réfléchissent au moins ensemble."

Comment atteindre les objectifs communs en matière de climat et de qualité de l'air ? Par quels efforts, collectifs si possible, individuels si nécessaire ? Il est important de ne pas se torpiller les uns les autres, mais de s'inspirer des politiques des autres Régions. De cette manière, la Flandre et la Wallonie peuvent également réfléchir aux avantages pour la santé de tarifer l'accès de leurs villes pour les protéger elles aussi des effets de la congestion.

Au profit de l'ensemble de la société belge

En tant qu'organisations environnementales des trois Régions du pays, nous soutenons collectivement l'approche du Gouvernement bruxellois visant à introduire une forme zonale de tarification routière. Ne vaudrait-il pas mieux prélever une taxe kilométrique sur l'ensemble du pays ? Probablement. Mais reporter encore plus longtemps une telle mesure serait un pire choix.

Nous exhortons Flandre et Wallonie de ne pas "flinguer" la tarification zonale de la capitale, car elle n'est pas une attaque contre les navetteurs. Dialoguez donc des tarifs et leur modulation. Evaluez si une extension de la zone payante au périphérique, et à d'autres voies d'accès, peut réduire les embouteillages dans la zone métropolitaine. Simulez la réduction de trafic. Et si la congestion diminue, les transports publics eux-mêmes ne seraient-ils pas désenglués ? Prendre l'autobus, le tram et/ou le vélo redevient une option plus facile, saine et accessible pour de nombreux navetteurs.

Dans le même temps, nous appelons le Gouvernement bruxellois à éviter toute crispation sur son territoire. Pensez aux effets positifs de cet instrument sur la circulation à l'extérieur de la ville. Utilisez le produit de la vente non seulement pour améliorer la mobilité de vos propres habitants, mais aussi pour faciliter l'accessibilité des navetteurs qui utiliseront massivement les modes collectifs. Une partie de l'espace viaire est redistribuable pour les infrastructures cyclables rapides (RER vélo) et les couloirs de bus interrégionaux du TEC et De Lijn. De l'investissement libéré pour le déploiement du réseau tram BrabantNet , et une stratégie raisonnée de Park&Ride (P+R) avec les autres régions.

La tarification zonale pourrait être un bénéfice multifacettes pour l'ensemble de la société belge. Si Bruxelles poursuit une politique climatique ambitieuse, les Bruxellois, visiteurs et navetteurs y gagneront une Région saine et vivable.

A l'avenir tous, résidents et navetteurs, accèdent à une mobilité plus fluide dans et autour de notre capitale. Moins d'embouteillages et plus de place pour des déplacements qualitatifs et sains, principalement effectués à pied, à vélo ou en transports publics.

Signé par :

BRAL vzw, Piet Van Meerbeek, coordinateur

Bond Beter Leefmilieu vzw, Mathias Bienstman, beleidscoördinator

Greenpeace, Dave Van Meel, program director

Inter-Environnement Wallonie, Arnaud Collignon, responsable politique

Quatre associations environnementales belges, BRAL, Bond Beter Leefmilieu, Inter-Environnement Wallonie et Greenpeace, encouragent le Gouvernement bruxellois à agir maintenant. Le défi de la santé est plus urgent en ville La pole-position des ambitions bruxelloises n'est pas surprenante. Les conséquences du changement climatique se font encore plus sentir en ville. Cet été, la canicule à Bruxelles a été implacable : le mercure dans les quartiers densément peuplés de la ville a grimpé à plusieurs reprises au-dessus de 40°.Conséquence : 700 morts supplémentaires pendant les trois vagues de chaleur dans toute la Belgique, a calculé Sciensano.Le phénomène urbain des îlots de chaleur n'est pas seul à pousser les autorités bruxelloises à agir. La pollution atmosphérique et sonore nuit également à notre santé d'habitants des villes. Pour ne parler que de notre capitale, selon l'Agence Européenne pour l'Environnement, la pollution de l'air est responsable de plus de 600 décès prématurés chaque année, et Bruxelles Environnement a calculé que la pollution sonore coûte à tous les habitants de Bruxelles plus de 5.000 années de vie en bonne santé. Bref, un environnement sanitaire déplorable. Il endommage notre qualité de vie et la santé de tous les habitants de notre capitale. Le fait que les autorités bruxelloises prennent aujourd'hui ces défis à coeur est dû en grande partie à sa population, qui se mobilise massivement. "Nous encourageons le Gouvernement bruxellois, comme Paris, Londres, Madrid et Amsterdam, à former une ligne de front pour plus d'ambition européenne dans le domaine du climat et de la santé." La place de la voiture C'est indéniable : une politique axée sur le climat et la santé doit avoir le courage de remettre en cause le règne de l'impératrice Voiture. En voici trois raisons: ? Premièrement, la voiture pèse sur notre santé et notre qualité de vie. Elle pollue, génère des bruits et cause du stress. Cela n'affecte pas les seuls passants, travailleurs et habitants, mais aussi les conducteurs et passagers. ? De plus, la voiture implique un style de vie passif. L'Organisation Mondiale pour la Santé a calculé que des millions de décès peuvent être évités dans le monde si les villes s'engagent à réduire le nombre d'autos. Moins de voitures signifie non seulement moins d'accidents et moins de pollution de l'air, mais aussi plus d'activité physique de la population, si l'accent est mis sur la mobilité douce comme le vélo et la marche. ? Enfin et surtout, la voiture prend beaucoup de place, qu'elle soit en mouvement ou à l'arrêt. Actuellement, l'hégémonie automobile occupe pas moins de 70% de l'espace public bruxellois. Si l'on veut s'attaquer aux îlots de chaleur et faire place aux piétons et aux cyclistes, aux trams, aux petites terrasses et places ensoleillées, au vert, au bleu, ... il faut alors récupérer une bonne part de cet espace. De nombreuses villes se sont déjà engagées avec succès dans cette lutte. L'exemple de Stockholm montre que payer pour entrer parfois en auto... "ça roule", que la mesure bénéficie au final d'un grand soutien de la population, et qu'elle ne nuit pas à l'économie. Tarification routière Le Gouvernement bruxellois envisage une forme de tarification routière en réponse à la pression exercée par les voitures. Il s'agit d'un système par lequel une contribution est prélevée sur chaque déplacement auto dans la Région de Bruxelles-Capitale. Le système serait capable de reconnaître les plaques minéralogiques grâce aux caméras ANPR1. Les experts disent depuis longtemps que la tarification routière est le moyen le plus efficace de réduire la pression automobile. Une redevance kilométrique intelligente dans l'ensemble du pays peut y contribuer de manière substantielle. Mais les deux autres Régions ne comptent pas mettre en place un tel système. 1 Automatic Number Plate Recognition: le système de reconnaissance des plaques d'immatriculation déjà en service pour le contrôle la Zone de Basses Emissions bruxelloise (LEZ) "En tant qu'organisations environnementales, nous demandons que les trois Régions et l'État fédéral - responsable des voitures de société et des taxes sur les carburants - réfléchissent au moins ensemble." Comment atteindre les objectifs communs en matière de climat et de qualité de l'air ? Par quels efforts, collectifs si possible, individuels si nécessaire ? Il est important de ne pas se torpiller les uns les autres, mais de s'inspirer des politiques des autres Régions. De cette manière, la Flandre et la Wallonie peuvent également réfléchir aux avantages pour la santé de tarifer l'accès de leurs villes pour les protéger elles aussi des effets de la congestion. Au profit de l'ensemble de la société belge En tant qu'organisations environnementales des trois Régions du pays, nous soutenons collectivement l'approche du Gouvernement bruxellois visant à introduire une forme zonale de tarification routière. Ne vaudrait-il pas mieux prélever une taxe kilométrique sur l'ensemble du pays ? Probablement. Mais reporter encore plus longtemps une telle mesure serait un pire choix. Nous exhortons Flandre et Wallonie de ne pas "flinguer" la tarification zonale de la capitale, car elle n'est pas une attaque contre les navetteurs. Dialoguez donc des tarifs et leur modulation. Evaluez si une extension de la zone payante au périphérique, et à d'autres voies d'accès, peut réduire les embouteillages dans la zone métropolitaine. Simulez la réduction de trafic. Et si la congestion diminue, les transports publics eux-mêmes ne seraient-ils pas désenglués ? Prendre l'autobus, le tram et/ou le vélo redevient une option plus facile, saine et accessible pour de nombreux navetteurs. Dans le même temps, nous appelons le Gouvernement bruxellois à éviter toute crispation sur son territoire. Pensez aux effets positifs de cet instrument sur la circulation à l'extérieur de la ville. Utilisez le produit de la vente non seulement pour améliorer la mobilité de vos propres habitants, mais aussi pour faciliter l'accessibilité des navetteurs qui utiliseront massivement les modes collectifs. Une partie de l'espace viaire est redistribuable pour les infrastructures cyclables rapides (RER vélo) et les couloirs de bus interrégionaux du TEC et De Lijn. De l'investissement libéré pour le déploiement du réseau tram BrabantNet , et une stratégie raisonnée de Park&Ride (P+R) avec les autres régions. La tarification zonale pourrait être un bénéfice multifacettes pour l'ensemble de la société belge. Si Bruxelles poursuit une politique climatique ambitieuse, les Bruxellois, visiteurs et navetteurs y gagneront une Région saine et vivable. A l'avenir tous, résidents et navetteurs, accèdent à une mobilité plus fluide dans et autour de notre capitale. Moins d'embouteillages et plus de place pour des déplacements qualitatifs et sains, principalement effectués à pied, à vélo ou en transports publics.