Si tout le continent africain est touché par le braconnage, le Kenya en souffre particulièrement. Connu pour ses parcs animaliers, le pays abrite une grande faune sauvage qui attire aussi les braconniers. Depuis 2014, le pays a durci sa politique contre cette pratique. Avec la publication d'un premier recensement animalier, les autorités kényanes se félicitent des progrès faits, "Les efforts pour alourdir les peines contre les crimes liés aux espèces menacées semblent porter leurs fruits" estiment-elles.

Pour cause, plusieurs espèces ont vu leur nombre augmenter sur le territoire. A commencer par les éléphants d'Afrique, espèce classée "en danger" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En effet, leur population a augmenté de 21 % depuis 2014. Le Kenya en héberge aujourd'hui 36 280. D'après le rapport, on compte aussi plus de lions, zèbres et hirolas - des antilopes de chasses - sur le territoire. Trois espèces de girafes ont aussi vu leur nombre augmenter, mais le rapport ne donne malheureusement pas de données comparatives avec les années précédentes.

En tout, le rapport a recensé 30 espèces différentes d'animaux habitant sur 59 % du territoire.

Des espèces toujours en danger

Même si le rapport des autorités kényanes est encourageant, la situation de nombreuses espèces reste préoccupante, notamment à cause du braconnage. En plus des éléphants, toujours considérés comme une espèce en danger, le rhinocéros noir d'Afrique est lui aussi classé comme en "danger critique d'extinction" par l'UICN. Tout comme le rhinocéros blanc d'Afrique qui ne compte plus que deux spécimens sur le territoire.

Des espèces gravement en danger, notamment à cause du braconnage. Dans les années 60, on comptait 2360 rhinocéros blancs en Afrique. En 1984, il n'en restait plus que 15. Les éléphants sont eux aussi la proie des braconniers, leur population a baissé de 60 % en 50 ans sur le continent africain. Dernièrement, c'est la seule girafe blanche connue au Kenya qui a été tuée, avec son petit, par des braconniers.

Le rapport souligne aussi qu'une attention particulière doit être portée à certaines espèces d'antilopes, comme les antilopes des sables et les bongos de montagne, qui compte aujourd'hui moins de 100 spécimens pour chacune d'elle. Ces espèces pourraient disparaître si aucune mesure urgente n'est prise.

Un recensement inédit et compliqué

C'est la première fois que le Kenya fait un recensement de sa faune sauvage. L'opération, lancée en mai dernier, a permis aux pilotes de la Kenya Wildlife Service - l'agence de protection de la faune - de survoler une cinquantaine de parcs, réserves nationales et zones sauvages gérées par des privés ou des communautés légales pour identifier et comptabiliser les différentes espèces.

D'habitude, les données sur la faune kényane viennent d'ONG locales ou internationales, mais ces dernières ne donnent pas un aperçu global de la situation. Sans compter que la formation de recenseurs est longue et chère, ainsi beaucoup de scientifiques ne traquent pas les animaux sur le terrain pour en connaître le nombre réel. C'est pourquoi ce premier recensement fait par les autorités kényanes est inédit, "(La faune) est notre patrimoine, c'est l'héritage de nos enfants et il est important pour nous de savoir ce dont nous disposons, afin d'être mieux informés dans notre politique et sur les actions à mener", a déclaré Uhuru Kenyatta, le chef de l'Etat, dans un communiqué.

Marine Andrieu

Si tout le continent africain est touché par le braconnage, le Kenya en souffre particulièrement. Connu pour ses parcs animaliers, le pays abrite une grande faune sauvage qui attire aussi les braconniers. Depuis 2014, le pays a durci sa politique contre cette pratique. Avec la publication d'un premier recensement animalier, les autorités kényanes se félicitent des progrès faits, "Les efforts pour alourdir les peines contre les crimes liés aux espèces menacées semblent porter leurs fruits" estiment-elles.Pour cause, plusieurs espèces ont vu leur nombre augmenter sur le territoire. A commencer par les éléphants d'Afrique, espèce classée "en danger" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En effet, leur population a augmenté de 21 % depuis 2014. Le Kenya en héberge aujourd'hui 36 280. D'après le rapport, on compte aussi plus de lions, zèbres et hirolas - des antilopes de chasses - sur le territoire. Trois espèces de girafes ont aussi vu leur nombre augmenter, mais le rapport ne donne malheureusement pas de données comparatives avec les années précédentes.En tout, le rapport a recensé 30 espèces différentes d'animaux habitant sur 59 % du territoire.Des espèces toujours en dangerMême si le rapport des autorités kényanes est encourageant, la situation de nombreuses espèces reste préoccupante, notamment à cause du braconnage. En plus des éléphants, toujours considérés comme une espèce en danger, le rhinocéros noir d'Afrique est lui aussi classé comme en "danger critique d'extinction" par l'UICN. Tout comme le rhinocéros blanc d'Afrique qui ne compte plus que deux spécimens sur le territoire.Des espèces gravement en danger, notamment à cause du braconnage. Dans les années 60, on comptait 2360 rhinocéros blancs en Afrique. En 1984, il n'en restait plus que 15. Les éléphants sont eux aussi la proie des braconniers, leur population a baissé de 60 % en 50 ans sur le continent africain. Dernièrement, c'est la seule girafe blanche connue au Kenya qui a été tuée, avec son petit, par des braconniers.Le rapport souligne aussi qu'une attention particulière doit être portée à certaines espèces d'antilopes, comme les antilopes des sables et les bongos de montagne, qui compte aujourd'hui moins de 100 spécimens pour chacune d'elle. Ces espèces pourraient disparaître si aucune mesure urgente n'est prise.Un recensement inédit et compliquéC'est la première fois que le Kenya fait un recensement de sa faune sauvage. L'opération, lancée en mai dernier, a permis aux pilotes de la Kenya Wildlife Service - l'agence de protection de la faune - de survoler une cinquantaine de parcs, réserves nationales et zones sauvages gérées par des privés ou des communautés légales pour identifier et comptabiliser les différentes espèces.D'habitude, les données sur la faune kényane viennent d'ONG locales ou internationales, mais ces dernières ne donnent pas un aperçu global de la situation. Sans compter que la formation de recenseurs est longue et chère, ainsi beaucoup de scientifiques ne traquent pas les animaux sur le terrain pour en connaître le nombre réel. C'est pourquoi ce premier recensement fait par les autorités kényanes est inédit, "(La faune) est notre patrimoine, c'est l'héritage de nos enfants et il est important pour nous de savoir ce dont nous disposons, afin d'être mieux informés dans notre politique et sur les actions à mener", a déclaré Uhuru Kenyatta, le chef de l'Etat, dans un communiqué.Marine Andrieu