Le sujet inquiète la communauté scientifique et environnementale depuis des décennies. Pourtant, malgré cette prise de conscience et les engagements internationaux, les émissions de CO2 continuent d'augmenter et les solutions peinent à émerger. Chaque proposition ou idée mise sur la table est rapidement balayée au prétexte que c'est impayable, socialement injuste ou politiquement irréaliste. Et pourtant, il est clair que le coût de l'inaction sera largement supérieur au prix des mesures qui pourraient être prises dès aujourd'hui.

Une explication à cet immobilisme est peut-être à chercher dans la confrontation de points de vue au sein des différentes parties de la société. Les entreprises et les ménages veulent avoir accès à de l'énergie peu onéreuse. Le monde politique peine à sortir d'une vision partisane de la question et pense avant tout à défendre les intérêts de son électorat à court terme. Enfin, le monde environnemental prend parfois des positions de principe qui sous-estiment les réalités sociales et économiques. Et pourtant, il est clair que si nous ne réussissons pas à nous accorder sur les actions à prendre, nous serons au final tous perdants.

Il devient donc urgent de mettre toutes les parties autour de la table pour dégager des mesures de façon ouverte et constructive. Au lieu de regarder le changement climatique comme une menace, nous pouvons le considérer comme une opportunité de revoir des politiques qui n'ont aujourd'hui plus aucun sens. Nous pouvons les rendre bénéfiques pour tous et pour le climat. Voici deux exemples concrets :

Chaque année, la politique fiscale en vigueur en Belgique ajoute près de 15.000 voitures de société sur nos routes. L'objectif initial était de diminuer le coût du travail, ce qui est louable en soi. Mais aujourd'hui, cette mesure a pour conséquence d'augmenter nos émissions de CO2, de congestionner davantage le trafic, de faire perdre aux employés et aux employeurs de précieuses heures sur les routes et de créer des problèmes de santé publique (qualité de l'air, mode de vie sédentaire, etc). Enfin, cette politique fiscale est inéquitable puisqu'elle bénéficie à 13% des ménages seulement. Nous sommes donc dans une situation où la société dans son ensemble est perdante, sur tous les plans... Il y a clairement une opportunité de mettre toutes les parties autour de la table pour dégager des solutions qui soient positives pour le climat, la mobilité, la santé publique, le coût du travail et l'équité fiscale.

La question du logement est tout aussi cruciale. Un des enjeux pour la réduction des émissions de CO2 est l'isolation des bâtiments. Aujourd'hui pourtant, la politique fiscale subventionne largement la consommation de mazout de chauffage à hauteur de plus d'1 milliard d'euros par an. En même temps, le manque de logements entraîne une hausse des prix qui pèse lourdement sur le budget des ménages et rend l'accès au logement dans les grandes villes de plus en plus difficile. Il y a donc ici aussi une réelle opportunité de revoir la fiscalité sur le mazout de chauffage pour les propriétaires comme les locataires, de créer un plan d'investissement dans le logement pour rénover, isoler ou construire, de créer des jobs dans le secteur de la construction et enfin, d'augmenter l'offre de logement pour le rendre plus accessible.

Aujourd'hui, le WWF publie les résultats d'une étude qui montre que la politique fiscale de la Belgique octroie chaque année plus de 2,7 milliards d'euros sous forme d'avantages fiscaux pour la consommation de carburants fossiles, ce qui est un frein majeur à l'atteinte de nos objectifs climatiques. Nous demandons la transparence sur ces "subsides" aux énergies fossiles ainsi que leur suppression progressive. Nous invitons le gouvernement à mettre tous les acteurs concernés autour de la table pour construire ensemble un plan qui dégage des bénéfices pour le climat, la mobilité, l'emploi, les entreprises, l'accès au logement, et l'équité sociale. La révision de cette politique fiscale est inscrite dans l'accord de Paris. La Belgique est signataire mais tarde à respecter ses engagements. Le sujet peut (encore) alimenter la discorde ou représenter une opportunité de démontrer que nous pouvons construire ensemble les solutions pour demain.

Antoine Lebrun, directeur du WWF-Belgique

Le sujet inquiète la communauté scientifique et environnementale depuis des décennies. Pourtant, malgré cette prise de conscience et les engagements internationaux, les émissions de CO2 continuent d'augmenter et les solutions peinent à émerger. Chaque proposition ou idée mise sur la table est rapidement balayée au prétexte que c'est impayable, socialement injuste ou politiquement irréaliste. Et pourtant, il est clair que le coût de l'inaction sera largement supérieur au prix des mesures qui pourraient être prises dès aujourd'hui.Une explication à cet immobilisme est peut-être à chercher dans la confrontation de points de vue au sein des différentes parties de la société. Les entreprises et les ménages veulent avoir accès à de l'énergie peu onéreuse. Le monde politique peine à sortir d'une vision partisane de la question et pense avant tout à défendre les intérêts de son électorat à court terme. Enfin, le monde environnemental prend parfois des positions de principe qui sous-estiment les réalités sociales et économiques. Et pourtant, il est clair que si nous ne réussissons pas à nous accorder sur les actions à prendre, nous serons au final tous perdants.Il devient donc urgent de mettre toutes les parties autour de la table pour dégager des mesures de façon ouverte et constructive. Au lieu de regarder le changement climatique comme une menace, nous pouvons le considérer comme une opportunité de revoir des politiques qui n'ont aujourd'hui plus aucun sens. Nous pouvons les rendre bénéfiques pour tous et pour le climat. Voici deux exemples concrets :Chaque année, la politique fiscale en vigueur en Belgique ajoute près de 15.000 voitures de société sur nos routes. L'objectif initial était de diminuer le coût du travail, ce qui est louable en soi. Mais aujourd'hui, cette mesure a pour conséquence d'augmenter nos émissions de CO2, de congestionner davantage le trafic, de faire perdre aux employés et aux employeurs de précieuses heures sur les routes et de créer des problèmes de santé publique (qualité de l'air, mode de vie sédentaire, etc). Enfin, cette politique fiscale est inéquitable puisqu'elle bénéficie à 13% des ménages seulement. Nous sommes donc dans une situation où la société dans son ensemble est perdante, sur tous les plans... Il y a clairement une opportunité de mettre toutes les parties autour de la table pour dégager des solutions qui soient positives pour le climat, la mobilité, la santé publique, le coût du travail et l'équité fiscale.La question du logement est tout aussi cruciale. Un des enjeux pour la réduction des émissions de CO2 est l'isolation des bâtiments. Aujourd'hui pourtant, la politique fiscale subventionne largement la consommation de mazout de chauffage à hauteur de plus d'1 milliard d'euros par an. En même temps, le manque de logements entraîne une hausse des prix qui pèse lourdement sur le budget des ménages et rend l'accès au logement dans les grandes villes de plus en plus difficile. Il y a donc ici aussi une réelle opportunité de revoir la fiscalité sur le mazout de chauffage pour les propriétaires comme les locataires, de créer un plan d'investissement dans le logement pour rénover, isoler ou construire, de créer des jobs dans le secteur de la construction et enfin, d'augmenter l'offre de logement pour le rendre plus accessible.Aujourd'hui, le WWF publie les résultats d'une étude qui montre que la politique fiscale de la Belgique octroie chaque année plus de 2,7 milliards d'euros sous forme d'avantages fiscaux pour la consommation de carburants fossiles, ce qui est un frein majeur à l'atteinte de nos objectifs climatiques. Nous demandons la transparence sur ces "subsides" aux énergies fossiles ainsi que leur suppression progressive. Nous invitons le gouvernement à mettre tous les acteurs concernés autour de la table pour construire ensemble un plan qui dégage des bénéfices pour le climat, la mobilité, l'emploi, les entreprises, l'accès au logement, et l'équité sociale. La révision de cette politique fiscale est inscrite dans l'accord de Paris. La Belgique est signataire mais tarde à respecter ses engagements. Le sujet peut (encore) alimenter la discorde ou représenter une opportunité de démontrer que nous pouvons construire ensemble les solutions pour demain.Antoine Lebrun, directeur du WWF-Belgique