Retour à la case départ. Ce vendredi, le Sénat a une nouvelle fois rejetté la candidature de Zakia Khattabi, ancienne coprésidente d'Ecolo, à la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays. Le MR avait confirmé qu'il ne voterait pas pour elle, mais pour une autre candidature écologiste, celle de la députée fédérale Cécile Thibaut. Aucun des deux noms n'a finalement obtenu la majorité des deux tiers requise. Consciente de sa défaite, Zakia Khattabi a finalement renoncé à se présenter, via un long message sur Facebook.

Un fameux couac, dont les conséquences politiques pourraient ne pas être négligeables. Même si un nouveau vote pourrait avoir lieu au Sénat le 12 juin, suscitant déjà l'ironie des libéraux sur fond de fortes tensions avec les verts..

Khattabi: "Je ne pleurerai pas sur mon sort"

La précédente candidature de Zakia Khattabi, fin de l'année dernière, avait suscité un tollé, particulièrement en Flandre où la N-VA avait mené une campagne contre son côté "activiste", estimant son profil trop engagé pour une telle fonction. Ladite campagne, remplie d'attaques ad hominem, avait mené à de fortes tensions et à un vote négatif au début janvier. Outré, Ecolo avait décidé ensuite de maintenir sa candidature. Ses adversaires reprochaient aux verts de s'obstiner.

Finalement, Zakia Khattabi a annoncé vendredi qu'elle refusait à siéger, via un long message publié sur Facebook: "Je n'aurai pas l'indécence de pleurer sur mon sort le jour où celui de milliers de travailleurs de Brussels airlines pourrait se jouer, dans une période où des milliers d'acteurs de la culture, de l'horeca, des indépendants... se demandent de quoi demain sera fait. Il y a 9 mois, après 4 ans de présidence, une opportunité rare s'est offerte à moi. La victoire électorale à laquelle j'ai conduit mon parti ayant permis à ma famille politique de garder le siège que quittait JP Snappe à la Cour Constitutionnelle, j'ai choisi de me porter candidate à sa succession. [...] Certains en ont décidé autrement, dont acte. Je poursuis donc mon engagement politique au parlement et j'entends le faire encore plus motivée, portée par ce que nous donne à voir des possibles tous les héros de la crise sanitaire que nous traversons."

Victime de racisme ou de positions clivantes?

"Le poste de juge à la Cour revient à notre famille politique et Ecolo a démocratiquement choisi Zakia Khattabi, avait rappelé ce vendredi matin Barbara Trachte (Ecolo, interrogée par LN24. Elle est clairement victime de ses origines." Les accusations de racisme et de sexisme se sont multipliées suite au rejet initial de sa candidature. Si Ecolo a maintenu sa candidature, c'est aussi pour une question de principe, afin de ne pas céder à ces attaques déplacées. En retour, de nombreuses voix rejettent l'argument jugé facile et rappelle que la candidature de Yasmine Kherbache (SP.A, ancienne chef de cabinet de Johan Vande Lanotte, notamment), n'avait posé aucun problème. Ceux-là mettent surtout en avant ses positions "clivantes et communauraires". Zakia Khattabi avait un franc-parler véritable sur les réseaux sociaux, avant de s'en retirer partiellement, elle s'y est fait beaucoup d'ennemis..

Bouchez: "On vote jusqu'à ce que ça passe?"

Avant le vote, la présidente du Sénat, Sabine Laruelle (MR), avait quant à elle insisté sur le fait que "les juges de la Cour Constitutionnelle doivent être au-dessus de la mêlée". Cela était évidemment de mauvais augure pour le vote. Les libéraux, sur fond de tensions croissantes avec Ecolo, ont pris leurs distances avec cette candidature, ce qui ne laisse guère de doute sur une nouvelle issue négative.

Finalement les libéraux avaient décidé de soutenir une autre candidature écologiste, a précisé son président, Georges-Louis Bouchez, à La Libre: "Le MR va voter en faveur de Cécile Thibaut, l'autre candidate présentée par Ecolo. Le MR veut vraiment s'inscrire dans la tradition politique de notre pays. Le siège de juge doit revenir à Ecolo, il n'y a pas de difficulté avec cela. Mais il y a eu un premier vote en janvier et nous avions soutenu à l'époque Zakia Khattabi. Si elle n'a pas pu être désignée, ce n'était pas le fait du MR." La

Aucune des deux pistes écologistes n'a finalement passé la rampe. A l'issue du vote, alors qu'un nouveau scrutin serait annoncé le 12 juin, Georges-Louis Bouchez a ironisé:" Je lis des commentaires plus saugrenus les uns que les autres mais une question: pourquoi organiser un troisième vote quand les deux premiers ont donné un résultat? Quelle est la logique: on vote jusqu'au jour où ça passe? Pourquoi voter dès lors?"

Un impact politique

Politiquement, l'incident pourrait avoir des conséquences. "Dans la procédure de désignation à la Cour constitutionnelle, il faut se souvenir des rétroactes : la campagne haineuse et ad personam de la NVA contre Zakia Khattabi, a tweeté Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre. L'extrême droite (VB) n'étant pas en reste. C'est cela que conforte l'attitude déplorable et politicienne du MR." La conséquence pourrait être une difficulté à former une coalitionb de type Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et humanistes) au fédéral.

Julien Uyttendaele (PS) surenchérit: "C'est donc officiel, la Cour Constitutionnelle est belle est bien mise en incapacité d'exercer ses missions fondamentales pour notre démocratie. Ces petits jeux politiciens joués par les fascistes, les nationalistes et les libéraux salissent nos institutions."

A l'issue du vote, Ecolo a publié un communiqué très critique, surtout envers le MR: "Les écologistes regrettent que Zakia Khattabi n'ait pas été jugée sur les qualités de sa candidature et ses motivations et que le débat ait été influencé par la caricature qu'en ont faite le Vlaams Belang et la N-VA à travers une campagne diffamante, mensongère et aux relents xénophobes. Ecolo déplore en outre qu'un parti comme le MR, historiquement attaché aux institutions de notre pays et aux usages permettant leur fonctionnement, ait dans un premier temps entretenu le doute et la confusion sur la légitimité de la candidate des écologistes, et finalement, contribué à la mobilisation à son encontre, participant ainsi à créer un grave précédent et à fragiliser le fonctionnement de notre État de droit."

La coalition Vivaldi n'est visiblement pas pour demain.

Retour à la case départ. Ce vendredi, le Sénat a une nouvelle fois rejetté la candidature de Zakia Khattabi, ancienne coprésidente d'Ecolo, à la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays. Le MR avait confirmé qu'il ne voterait pas pour elle, mais pour une autre candidature écologiste, celle de la députée fédérale Cécile Thibaut. Aucun des deux noms n'a finalement obtenu la majorité des deux tiers requise. Consciente de sa défaite, Zakia Khattabi a finalement renoncé à se présenter, via un long message sur Facebook. Un fameux couac, dont les conséquences politiques pourraient ne pas être négligeables. Même si un nouveau vote pourrait avoir lieu au Sénat le 12 juin, suscitant déjà l'ironie des libéraux sur fond de fortes tensions avec les verts..La précédente candidature de Zakia Khattabi, fin de l'année dernière, avait suscité un tollé, particulièrement en Flandre où la N-VA avait mené une campagne contre son côté "activiste", estimant son profil trop engagé pour une telle fonction. Ladite campagne, remplie d'attaques ad hominem, avait mené à de fortes tensions et à un vote négatif au début janvier. Outré, Ecolo avait décidé ensuite de maintenir sa candidature. Ses adversaires reprochaient aux verts de s'obstiner.Finalement, Zakia Khattabi a annoncé vendredi qu'elle refusait à siéger, via un long message publié sur Facebook: "Je n'aurai pas l'indécence de pleurer sur mon sort le jour où celui de milliers de travailleurs de Brussels airlines pourrait se jouer, dans une période où des milliers d'acteurs de la culture, de l'horeca, des indépendants... se demandent de quoi demain sera fait. Il y a 9 mois, après 4 ans de présidence, une opportunité rare s'est offerte à moi. La victoire électorale à laquelle j'ai conduit mon parti ayant permis à ma famille politique de garder le siège que quittait JP Snappe à la Cour Constitutionnelle, j'ai choisi de me porter candidate à sa succession. [...] Certains en ont décidé autrement, dont acte. Je poursuis donc mon engagement politique au parlement et j'entends le faire encore plus motivée, portée par ce que nous donne à voir des possibles tous les héros de la crise sanitaire que nous traversons.""Le poste de juge à la Cour revient à notre famille politique et Ecolo a démocratiquement choisi Zakia Khattabi, avait rappelé ce vendredi matin Barbara Trachte (Ecolo, interrogée par LN24. Elle est clairement victime de ses origines." Les accusations de racisme et de sexisme se sont multipliées suite au rejet initial de sa candidature. Si Ecolo a maintenu sa candidature, c'est aussi pour une question de principe, afin de ne pas céder à ces attaques déplacées. En retour, de nombreuses voix rejettent l'argument jugé facile et rappelle que la candidature de Yasmine Kherbache (SP.A, ancienne chef de cabinet de Johan Vande Lanotte, notamment), n'avait posé aucun problème. Ceux-là mettent surtout en avant ses positions "clivantes et communauraires". Zakia Khattabi avait un franc-parler véritable sur les réseaux sociaux, avant de s'en retirer partiellement, elle s'y est fait beaucoup d'ennemis..Avant le vote, la présidente du Sénat, Sabine Laruelle (MR), avait quant à elle insisté sur le fait que "les juges de la Cour Constitutionnelle doivent être au-dessus de la mêlée". Cela était évidemment de mauvais augure pour le vote. Les libéraux, sur fond de tensions croissantes avec Ecolo, ont pris leurs distances avec cette candidature, ce qui ne laisse guère de doute sur une nouvelle issue négative. Finalement les libéraux avaient décidé de soutenir une autre candidature écologiste, a précisé son président, Georges-Louis Bouchez, à La Libre: "Le MR va voter en faveur de Cécile Thibaut, l'autre candidate présentée par Ecolo. Le MR veut vraiment s'inscrire dans la tradition politique de notre pays. Le siège de juge doit revenir à Ecolo, il n'y a pas de difficulté avec cela. Mais il y a eu un premier vote en janvier et nous avions soutenu à l'époque Zakia Khattabi. Si elle n'a pas pu être désignée, ce n'était pas le fait du MR." La Aucune des deux pistes écologistes n'a finalement passé la rampe. A l'issue du vote, alors qu'un nouveau scrutin serait annoncé le 12 juin, Georges-Louis Bouchez a ironisé:" Je lis des commentaires plus saugrenus les uns que les autres mais une question: pourquoi organiser un troisième vote quand les deux premiers ont donné un résultat? Quelle est la logique: on vote jusqu'au jour où ça passe? Pourquoi voter dès lors?"Politiquement, l'incident pourrait avoir des conséquences. "Dans la procédure de désignation à la Cour constitutionnelle, il faut se souvenir des rétroactes : la campagne haineuse et ad personam de la NVA contre Zakia Khattabi, a tweeté Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre. L'extrême droite (VB) n'étant pas en reste. C'est cela que conforte l'attitude déplorable et politicienne du MR." La conséquence pourrait être une difficulté à former une coalitionb de type Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et humanistes) au fédéral.Julien Uyttendaele (PS) surenchérit: "C'est donc officiel, la Cour Constitutionnelle est belle est bien mise en incapacité d'exercer ses missions fondamentales pour notre démocratie. Ces petits jeux politiciens joués par les fascistes, les nationalistes et les libéraux salissent nos institutions."A l'issue du vote, Ecolo a publié un communiqué très critique, surtout envers le MR: "Les écologistes regrettent que Zakia Khattabi n'ait pas été jugée sur les qualités de sa candidature et ses motivations et que le débat ait été influencé par la caricature qu'en ont faite le Vlaams Belang et la N-VA à travers une campagne diffamante, mensongère et aux relents xénophobes. Ecolo déplore en outre qu'un parti comme le MR, historiquement attaché aux institutions de notre pays et aux usages permettant leur fonctionnement, ait dans un premier temps entretenu le doute et la confusion sur la légitimité de la candidate des écologistes, et finalement, contribué à la mobilisation à son encontre, participant ainsi à créer un grave précédent et à fragiliser le fonctionnement de notre État de droit." La coalition Vivaldi n'est visiblement pas pour demain.