On l'a oublié, mais jusqu'en 1796, Waterloo était un hameau de la commune de Braine-l'Alleud. Durant la Révolution française, les hameaux de Mont-Saint-Jean, Roussart et Waterloo vont alors former une nouvelle commune sous le nom de Waterloo. " C'est là que les problèmes commencent, avec cette guéguerre stupide entre les deux communes ", résume Yves Vander Cruysen, historien et échevin (MR) de la culture de Waterloo. " A l'époque, Waterloo apportait assez bien d'argent à Braine-l'Alleud grâce aux droits de passage sur la chaussée de Bruxelles. Cela a suscité pas mal de polémiques, à tel point qu'il a fallu presque trente ans pour régler le litige entre les deux entités. "
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On l'a oublié, mais jusqu'en 1796, Waterloo était un hameau de la commune de Braine-l'Alleud. Durant la Révolution française, les hameaux de Mont-Saint-Jean, Roussart et Waterloo vont alors former une nouvelle commune sous le nom de Waterloo. " C'est là que les problèmes commencent, avec cette guéguerre stupide entre les deux communes ", résume Yves Vander Cruysen, historien et échevin (MR) de la culture de Waterloo. " A l'époque, Waterloo apportait assez bien d'argent à Braine-l'Alleud grâce aux droits de passage sur la chaussée de Bruxelles. Cela a suscité pas mal de polémiques, à tel point qu'il a fallu presque trente ans pour régler le litige entre les deux entités. " Pour la petite histoire, il existe également une principauté de Waterloo avec un prince héréditaire. " En 1815, au lendemain de la bataille de Waterloo, le roi Guillaume des Pays-Bas a offert au duc de Wellington et à ses descendants une principauté, financée sur des droits de certains terrains, soit un millier d'hectares environ ", rappelle Yves Vander Cruysen. De quoi faire dire à l'historien que si on rassemblait Waterloo, Braine, Lasne ou Genappe, cette principauté serait plus riche que celle de Monaco... Près de deux siècles plus tard, au début des années 1970, la guéguerre entre Braine et Waterloo s'exacerbe au moment de la fusion des communes. Waterloo est proposé comme pilote d'une commune de 44 000 habitants associant Braine-l'Alleud, Lasne, Chapelle-Saint-Lambert, Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, Ohain et Plancenoit. C'est le fameux plan Costard qui sera vite rangé aux oubliettes. En 1975, c'est au tour du ministre de l'Intérieur Joseph Michel d'y aller de ses propositions. Waterloo se trouve pris en tenaille entre la commune d'Ohain, sommée de lui céder le domaine d'Argenteuil et le hameau du Haut-Ransbeck, et la commune de Braine-l'Alleud, menacée dans son hameau du Chenois, qui deviendra waterlootois en 1977, malgré l'opposition des habitants. Aujourd'hui, le débat revient sur le terrain, mais est-il réaliste ? Une fusion de Waterloo et Braine en ferait la sixième commune la plus peuplée de Wallonie avec près de 70 000 habitants, devant Mouscron et Tournai. " Entre Waterloo et Braine-l'Alleud, on se retrouve devant deux pôles distincts, très peuplés, avec des centres très différents, ce qui rend l'idée de fusion difficile ", tempère Julien Charlier, de l'Iweps (Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique). Pour de nombreux élus interrogés, l'idée fait tantôt sourire, tantôt bondir. " Cela ne se fera jamais. Il n'y a pas de raison de fusionner de si grandes communes ", pense Yves Vander Cruysen. " Si Braine-l'Alleud devait fusionner avec Waterloo, quand il s'agira de faire le choix d'un nom, celui de Waterloo s'imposera automatiquement par son rayonnement international. C'est sans conteste le plus gros obstacle à ce rapprochement. Braine-l'Alleud aurait plus à perdre que Waterloo qui verrait arriver Braine, avec son immense territoire, comme une bulle d'oxygène ", souligne Olivier Vanham, conseiller communal CDH à Braine-l'Alleud. Jean-Paul Wahl, président du MR brabançon et député wallon, reste prudent, histoire de ne fâcher personne, mais lui est persuadé de la nécessité d'un tel scénario. " Je suis convaincu que Braine-l'Alleud et Waterloo ont tout intérêt à travailler ensemble et à se rapprocher pour aller jusqu'à la fusion. Mais pour en avoir déjà parlé avec les bourgmestres, les esprits ne sont pas encore mûrs à ce niveau-là... D'autres communes pourraient faire de même comme Ottignies - Louvain-la-Neuve et Wavre... "